HABANA

 

C’est le samedi 25 septembre denier que l’ancien Directeur général de la RTG1 et ancien Directeur de l’Information de la Radio panafricaine a été mis en terre à Lambaréné. La veille, à Libreville, un vibrant hommage lui a été rendu par ses anciens collègues et collaborateurs. Ci-après, l’intégralité de cette oraison funèbre lue par Jean-Claude Franck Mendome, en présence notamment d’Augustin Létamba, ancien directeur des programmes, de Gislène Moussouami, Flavienne Issembé, Ghislain Etoughet, Eugène Ellang Mba, Patrick Bibang et Théophile Ndong Eda.

© Gabonreview

 

M. Mbourou,

C’est ainsi que nous t’appelions avec respect et considération. Prononcer un hommage devant ta sépulture ne saura nous abstreindre de te rappeler, avant tout développement, que le livre de la vie est une œuvre que personne ne peut refermer ou ouvrir à son choix,  on voudrait revenir à la page que l’on aime, et la page du chagrin est déjà sous nos doigts.

De là où tu te trouves, nous observant, j’assume que me reviennent l’honneur mêlé à une réelle émotion, l’exaltante contrainte et le devoir de mémoire de m’adresser à toi en ces cauchemardesques et sombres heures, au nom de tes anciens collègues et collaborateurs.

En effet, depuis l’annonce de ton décès le 4 septembre 2021, il semble que le temps s’est arrêté.   »Les larmes que nous versons sont le langage muet de la douleur », nous rappelait déjà, à son époque, Voltaire. Ton départ, à l’âge de 77 ans, le grelot à la bouche,  alors que tu avais encore tant de choses et d’enseignements à nous partager, est un scandale, au sens ontologique. Notre douleur est immense, et il pleut des torrents de larmes dans nos cœurs.

John Joseph Mbourou qui nous quitte était un homme respecté de ses collaborateurs et collègues, parce que absolument exemplaire et professionnel, d’une humilité sans pareil, d’une fraternité vigilante et d’un courage insoupçonné. Il avait solidement chevillé, en lui, la passion de l’effort. A preuve, ce fils des feus John Joachim Aywuégo Mutongo et Marcelle Ogouma, né le 1er juin 1944 à Lambaréné, va,  après ses études primaires à l’Ecole Saint-Louis de Port-Gentil et Montfort de Libreville, accéder pour le cursus secondaire au Collège Bessieux. Au terme du 1er cycle, il est dévoré par le virus de la Radio. Il s’admet au concours d’entrée à Radio-Gabon et devient journaliste. Se greffent à son parcours professionnel des stages à l’ORTF, des études à l’école de journalisme de Dakar, ainsi qu’à l’Université de Bordeaux où il obtiendra un Diplôme d’études approfondies (DEA) en Communication. Il servira son pays à diverses fonctions, entre autres Directeur Général de la RTG1, Directeur de l’Information à la prestigieuse Radio panafricaine Africa 1, Député de la commune de Lambaréné, Chargé de Mission du président de la République, Conseiller d’Etat. Bref, un parcours étincelant qui lui permettait de rappeler à nous ses collaborateurs qu’ici bas, faîtes tout qu’ici bas,  »faîtes toujours reculer les limites de l’impossible, et appliquez cette devise de l’olympisme de Pierre de Coubertin :  »Ciltius, Altius, Fortius » (plus vite, plus haut, plus fort) ». Nous l’avons assimilé, tout comme cette pensée de Marcel Proust :  »si vous passez près d’une école, tâchez d’ôter le chapeau, parce que c’est là que se trouve le savoir ».

Mbourou,

Tu nous quittes après nous avoir légué des enseignements d’une rare intensité et richesse. Nous nous inclinons devant la mémoire  d’un haut fonctionnaire, d’un grand commis de l’État. Oui, M. Mbourou fut un Républicain, un grand patriote, au service de notre État, de notre pays, de tous sans nuance, sans sectarisme.

Avec la disparition de John Joseph Mbourou, nous invitons tous les membres de la corporation dont il était si fier, à saluer avec respect et reconnaissance ce qu’il fit pour le rayonnement de cette corporation au Gabon et hors de nos frontières. Avec la disparition de cette voix de stentor qui s’est désespérément  éteinte, nous laissant sans voix. Nous allons poursuivre la voie qu’il a tracée.

Oui, cet homme fut pour nous, tour à tour et sans détour, un patron, un père, un frère aîné, un confident. Que de souvenirs communs, mais maintenant quel vide difficile à combler ! Entourons sa famille de toute notre profonde affection et disons-lui que nous sommes tous avec elle dans cette douloureuse épreuve partagée.

Avec Louis-Barthélémy Mapangou, Augustin Létamba, Raphaël Kosbady, Pierre-Brice Ndoumba et Joseph Loembé entre autres, vous avez été nos Maîtres, et, comme le dit Victor Hugo, les maîtres sont les jardiniers en intelligence.

Mbourou, nous vous disons merci.

 
GR
 

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