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Depuis quelques semaines, la taskforce présidentielle consacrée à la vérification de la dette intérieure a mis en exergue des fraudes se chiffrant à plus de 400 milliards de francs CFA. Si la présidence de la République a expliqué la nécessité de cette démarche, il reste que des questions subsistent concernant cette initiative du palais du bord de mer.

Des questions sont encore en suspens concernant la taskforce présidentielle consacrée à la vérification de la dette intérieure. © D.R.

 

La taskforce mise en place à la présidence de la République pour auditer la dette intérieure de l’Etat a mis à nu une affaire de fausses créances de l’Etat vis-à-vis de plusieurs entreprises. La présidence de la République, dans ses multiples communications, annonce que sur une créance de 700 milliards de francs CFA, plus 400 milliards relèvent de la fausse dette.

Toutefois, l’affaire de fausses créances de l’Etat vis-à-vis de certaines entreprises est loin de s’éclaircir. Car, à ce jour, l’on ignore qui sont les présumés coupables et autres complices. Par ailleurs, «pourquoi une taskforce a-t-elle été mise en place à la présidence de la République ?». «Pourquoi n’a-t-on pas simplement fait travailler la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite (CNLCEI-Ndlr-)?», «Qui sont les personnes ressources de cette taskforce ?», «ces personnes au sein de la taskforce sont-elles payées ? Si oui d’où proviennent les fonds destinés à payer leurs services ?».

Si certaines personnes s’appesantissent principalement sur ces questions relevant de l’initiative et du fonctionnement de la taskforce, d’autres par contre se demandent «pourquoi les chiffres ont été annoncés, mais pas les noms des présumés coupables ?».

Lors d’un échange avec la presse, le 18 novembre dernier, le porte-parole de la présidence de la République, Jessye Ella Ekogha, a réaffirmé l’intention des autorités gabonaises d’engager des poursuites judiciaires contre les hauts cadres de l’administration publique présumés complices de la validation de ces fausses créances de l’État vis-à-vis de certaines entreprises. Mais là encore, plusieurs observateurs notent qu’il n’y a pas de doute sur le fait que les entreprises aient fraudé. «Ce n’est pas ça la bonne question. La bonne question c’est de savoir quelle est la responsabilité de ces services administratifs qui ont validé, parce qu’un certain nombre de services sont chargés de confirmer que les travaux ont été faits», a fait savoir un journaliste.

«Qui a donc confirmé les créances ?», «Qui a confirmé les factures présentées par les entreprises ?», «Jusqu’à présent on parle des entreprises qui ont fraudé, mais que dit-on des agents qui ont validé ces créances ?», «Quels sont ces cadres de l’administration publique impliqués dans ces fraudes ?», telles sont d’autres préoccupations auxquelles la présidence de la République, qui souhaite une transparence totale dans ce dossier, doit apporter des réponses.

Et comme l’a laissé entendre l’ancien Premier ministre, Raymond Ndong Sima, «il ne s’agit pas de jeter en pâture telle ou telle administration, mais ce sont des services entiers qu’il faut nettoyer parce que les opérations frauduleuses ont forcément impliqué un grand nombre de personnes qui ont participé à la préparation de ces dossiers».

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Abdallah dit :

    L’enfant de Marie Madeleine Mbourantso est au coeur de cette dette fictive tout comme l’actuel ministre de l’économie

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