HABANA

Ils sont trois à Mékambo, chef-lieu du département de Zadié, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, à s’illustrer grâce à leurs activités génératrices de revenu (AGR) : la fabrication du pain, la vente du miel naturel et du «Ngoss», le vin de maïs. Des activités leur permettant de subvenir à leurs besoins et de s’éloigner du chômage endémique dans cette zone rurale.

Georges Mboumé, le boulanger devant son four artisanal à Mékambo. © Gabonreview

 

Un détour dans la ville de Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, en cette période de saison sèche et de vacances, fait découvrir une cité où les activités commencent au petit matin, à 5 heures et 30 minutes environs. Les habitants se bougent pour vaquer à leurs occupations et surtout pour gagner leur pitance. Parmi ces lève-tôt, trois artisans se démarquent. Georges Mboumé, le boulanger artisanal, Aurélie Mbouambou, la vendeuse de miel et une autre, Marie Mwanzokou Atabi, la commerçante du «Ngoss», le vin de maïs local. Leur particularité : ils essaient tant bien que mal d’entreprendre et de créer de la richesse dans un univers où la chasse, la pêche et l’exploitation forestières sont encore dominantes.

«Point carré», artisan-boulanger

A Ngolamayong (Vie chère), quartier le plus animé de la ville situé non loin du marché, Georges Mboumé, plus connu sous le pseudonyme de «Point carré» est artisan-boulanger. A la fermeture de l’unique boulangerie moderne de la cité, il a jugé utile de lancer l’initiative afin de proposer une alternative à la communauté. Il produit donc du pain local.

Tous les jours, il s’attèle à la fabrication de cette denrée rare dans la localité. «Je travaille ici à Mékambo depuis presque neuf ans. C’est un Rwandais, aujourd’hui taximan à Libreville, qui nous a montré ce système de fabrication de pains avec ce type de four», a-t-il dit. «On essaye de faire comme la boulangerie moderne. Mais avec ce type de four, il y a du travail, mais il fournit du bon pain», a ajouté Georges Mboumé.

L’artisan-boulanger explique que le montage du four se fait avec des briques de terre cuite et des fûts introduits à l’intérieur. «On n’a pas besoin de courant, juste le feu de bois. Et un dispositif de tôles lourdes qui sert de grill, au-dessus des fûts, pour évacuer la vapeur du feu, afin de faire cuire le pain», fait savoir Georges Mboumé qui précise que «c’est pratiquement le même procédé qu’une cheminée pour la cuisson d’autres aliments».

L’équipe de Georges Mboumé est constituée de trois personnes. Ce qui lui permettre de produire une grande quantité de pains et de ravitailler la population locale et les routiers. «On travaille à trois. Car, il y a un travail préalable de préparation de la pâte, la veille, vers 20 heures». «A partir de 4 heures, le pain doit être prêt, particulièrement pour les routiers, les voyageurs», précise-t-il.

L’artisan et son équipe produisent trois volumes de pains vendus à 200, 100 et 50 francs CFA l’unité. Il indique que le métier nourrit son homme. «On gagne quand même 10 000 francs CFA, en moyenne par jour, dans la mesure où la boulangerie moderne de la ville est fermée, à cause des excès de taxes, d’après son promoteur».

Aurélie et son miel naturel pur

Aurélie Mbouambou, la commerçante du miel nature, pur. © Gabonreview

Au carrefour principal du même quartier, se trouve Aurélie Mbouambou. Elle s’investit également dans un petit commerce. La dame, la quarantaine révolue, tient un petit entrepôt de livraison de pâte de manioc destinée aux femmes commerçantes. De la pâte qu’elle ramène d’Ekata, village-frontalière au Congo, situé à 90 kilomètres de Mékambo. Mais, ce qui attire l’attention, c’est la présence des bidons en plastique, de 20 litres chacun, disposés dans un compartiment de cet entrepôt. Elle révèle qu’il s’agit du miel naturel et pur.

«Le mois d’août est la période propice à la récolte du miel naturel pur. Au village Ekata où je suis basée, c’est l’activité des pygmées, peuples autochtones. Ils ont construit des camps en forêt pour cette activité, entre autres. J’achète la bouteille d’un litre à 2000 francs CFA. Par la suite, je filtre avant de remplir les bidons, en fonction des commandes», explique-t-elle.

Dame Mbouambou laisse entendre qu’actuellement, elle a 10 bidons de 20 Litres de commandes et qu’il n’y a pas longtemps, elle a livré en deux phases 13 et 8 bidons de la même contenance. Sachant qu’un litre de miel naturel pur, loin des trafics de tout genre, provenant du village Ekata est vendu à 15 000 francs CFA à Libreville, cette gabonaise, veuve et mère de jumeaux, benjamine de sa famille, demande un soutien pour mieux organiser son activité. Elle souhaite une amélioration dans le circuit de distribution, l’emballage et le conditionnement afin de mieux rentabiliser ce produit recherché pour ses multiples vertus et usages.

«Ngoss» ou «Mwana mboka»

Marie Mwanzokou Atabi, productrice et vendeuse du vin de maïs (Ngoss). © Gabonreview

Dans le même registre, mais cette fois au quartier Paris-Bouyon, Maman Marie Mwanzokou Atabi affiche le même enthousiasme pour son activité. Elle produit et commercialise le vin de maïs. Le très célèbre «Ngoss» ou «Mwana mboka». Alcool obtenu à base de la pâte de de manioc mélangée au maïs pilé, puis laissé 5 à 6 jours à la fermentation. Ce vin de maïs est très prisé par les populations, dans la plupart des contrées de l’Ogooué-Ivindo.

«Il y’a du vin de maïs de bonne qualité et de mauvaise qualité aussi. Mais tout dépend de la préparation à la base. Quand je prépare, je recueille par exemple 5 litres lorsque le vin est fort. Si c’est moins fort, c’est 3 litres», a expliqué Marie Mwanzokou.

Vendu à 2500 francs CFA le litre et à 300 francs CFA la dose, dans la commune de Mékambo, ce produit permet à plusieurs familles de subvenir à leurs besoins.

A travers leurs trajectoires, ces trois artisans ont besoin d’un soutien en termes d’accompagnement afin de rentabiliser davantage leurs activités et sortir enfin du système D.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. SERGE MAKAYA dit :

    Félicitations !!! Nous devons vous encourager.

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