À la suite de la réplique d’Ali Bongo après l’interview de Brice Clotaire Oligui Nguema sur France24, le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a dit s’étonner de la forme et du ton de sa prise de parole. Il appelle l’ancien chef de l’État à plus de retenue dans le débat politique.

Pour le RPM, Ali Bongo (photo) devrait faire preuve de retenue. © D.R.

 

Le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) a réagi, dans un communiqué publié le 4 juin, à la réplique d’Ali Bongo, après l’interview de Brice Clotaire Oligui Nguema sur France24. Le parti affirme avoir pris connaissance « avec étonnement » du communiqué diffusé le 3 juin 2026 au nom d’Ali Bongo Ondimba par l’intermédiaire d’un mandataire et porte-parole. Dans sa déclaration, le RPM dit s’interroger sur la forme de cette prise de parole. Le parti, dont l’intérim de la présidence est assuré par Jean-Robert Goulongana, estime surprenant « de ce que l’ancien président de la République, qui jouirait de toutes ses facultés mentales, éprouve le besoin de recourir à un intermédiaire pour répondre aux propos du chef de l’État ».

Une démarche qui, selon le RPM, soulève des interrogations sur sa portée et sa signification, « alors même que l’intéressé prétend disposer de toutes ses facultés pour s’exprimer personnellement ». Le parti exprime son étonnement face au «ton particulièrement agressif » employé par l’ancien chef de l’État à l’égard de Brice Clotaire Oligui Nguema, rappelant que ce dernier « au lendemain des événements du 30 août 2023, a pourtant veillé à garantir sa sécurité, dans un contexte particulièrement sensible ». Le RPM souligne qu’Ali Bongo Ondimba et sa famille ont officiellement quitté le Gabon « pour des raisons essentiellement humanitaires », tout en conservant la possibilité de revenir librement dans le pays.

Le parti porte néanmoins un jugement sévère sur son bilan politique, estimant qu’il s’agit d’une gouvernance « largement perçue par de nombreux Gabonais comme ayant conduit le pays dans une impasse politique, économique et sociale, qui a finalement précipité sa chute », et considérant qu’il semble aujourd’hui « davantage préoccupé par la réécriture de son bilan que par l’exercice d’une indispensable introspection ». Rappelant les déclarations de l’ancien président selon lesquelles il ne souhaiterait plus solliciter les suffrages des Gabonais, le parti estime qu’il devrait, en conséquence, adopter une posture de réserve.

« Plutôt que de chercher à se présenter à l’opinion nationale et internationale sous les traits d’une victime ou d’un homme exempt de toute responsabilité dans les difficultés qui ont caractérisé ses deux septennats », dit le parti. Le parti va plus loin, appelant à une attitude plus mesurée de l’ancien chef de l’État. « Ali Bongo Ondimba devrait faire preuve de modestie face au jugement de l’histoire et de reconnaissance à l’égard des autorités qui ont assuré sa protection, préservé sa dignité et facilité son installation à l’étranger dans des conditions empreintes d’humanité et de responsabilité », conclut le RPM.

 
GR
 

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