GR

Le directeur de recherche de la Station d’études des gorilles des chimpanzés (SEGC) du parc national de la Lopé s’est exprimé au sujet du pangolin, principal suspect dans l’enquête pour identifier l’animal par qui le Covid-19 est apparu chez l’Homme. Pour David Lehmann, «on n’est pas encore sûr que ce soit le pangolin qui a transmis cette souche de coronavirus à l’Homme».

David Lehmann, le directeur de recherche de la Station d’études des gorilles des chimpanzés (SEGC) du parc national de la Lopé, le 2 mars 2020 à Libreville. © Gabonreview

 

Depuis début février, le pangolin a émergé comme le principal suspect dans l’enquête pour identifier l’animal par qui le Covid-19 est apparu chez l’homme. Si plusieurs articles scientifiques ont remis en cause cette hypothèse, l’inquiétude demeure au Gabon qui abrite trois espèces du mammifère à écaille. Une question sur laquelle s’est exprimée la Station d’études des gorilles des chimpanzés (SEGC) du parc national de la Lopé, rattachée à l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN).

«On n’est pas encore sûr que ce soit le pangolin qui a transmis cette souche de coronavirus à l’Homme», a confié le directeur de recherche du SEGC, le 2 mars à Libreville. «Selon nos informations, trois études ont montré qu’il y a une correspondance jusqu’à 90% de la souche de coronavirus qu’on a retrouvé sur le pangolin asiatique et celle retrouvée sur les premières personnes infectées en Chine. Parallèlement, une seule étude a montré une correspondance de 96% avec des chauves-souris dans ce même milieu-là. Vu qu’il y a énormément de recherches internationales qui travaillent sur cette question, on aura des réponses beaucoup plus claires dans les prochaines semaines ou les prochains mois», a affirmé David Lehmann.

Le pangolin avait tout du suspect idéal. Il est l’un des animaux les plus braconnés au monde, essentiellement pour satisfaire l’appétit des Chinois qui prêtent des vertus aphrodisiaques à sa chair et l’utilisent aussi en médecine traditionnelle. Un spécimen, porteur du virus, aurait très bien pu se retrouver sur le marché de Wuhan, d’où semble être partie l’épidémie, fin décembre. Rapidement, des articles sur «la revanche du pangolin» ont commencé à fleurir sur la toile. Traqué et décimé, il était maintenant à l’origine de l’une des plus importantes crises sanitaires de la décennie.

Peu après, les mêmes chercheurs (université agricole de Chine du Sud) à l’origine de l’hypothèse «pangoline» se sont de nouveau manifestés pour assurer que la présentation de leurs conclusions était «le résultat d’une embarrassante mauvaise communication entre les laboratoires». Ils n’étaient plus du tout certains qu’il faille blâmer le petit mammifère pour ce qui ressemble de plus en plus à une pandémie.

David Lehmann assure par ailleurs que le pangolin asiatique est différent de son cousin du Gabon. «Le pangolin asiatique est complètement différent des trois espèces que nous avons ici au Gabon : le pangolin à ventre blanc, le pangolin à ventre noir et le pangolin géant. Ce sont des espèces qui ont une convergence évolutive avec celles qu’on peut trouver en Afrique, mais qui ce sont adaptés à des environnements complètement différents. Les habitats ne sont pas les mêmes, la pluviométrie, la température, l’humidité… tout ceci peut aussi favoriser l’émergence de nouvelles maladies», a confié le scientifique.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Ikobey dit :

    On s’en fout des pangolins !
    Il est payé combien, pour faire ce travail ?
    Arrêtons de faire venir ce genre de guignols de l’étranger, nous avons les nôtres!

Poster un commentaire