Gabon : confrontés à des promesses non-tenues, les enseignants de l’Éducation nationale toujours en grève
Le mouvement de grève, dans le secteur de l’Éducation nationale, déclenché avant les fêtes de fin d’année, s’est poursuivi ce lundi 5 janvier, jour de rentrée scolaire pour le deuxième trimestre, sur l’ensemble du territoire national. Il se présente comme l’un des enjeux de l’année 2026, ce, d’autant plus que le collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Sena continuent de maintenir une pression soutenue sur le gouvernement en réclamant des avancées concrètes sur le front administratif et salarial.

Vue d’une salle de classe, dans la ville de Lébamba, désertée par les enseignants. © D.R.
Comme l’année 2025 s’est achevée avec une grève dans le secteur de l’Éducation nationale, l’année 2026 lui emboite le pas, avec la poursuite, ce lundi 5 janvier de ce mouvement d’humeur déclenché, il y a quelques semaines. Le point central de la revendication, portée par le collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Sena, demeure la régularisation des situations administratives des enseignants, avec des demandes de recrutements, d’intégrations, de titularisations, de reclassements et d’avancements accompagnés d’effets financiers.
Des salles de classe vides et des établissements en proie à une organisation perturbée
En cette rentrée scolaire pour le deuxième trimestre, malgré la reconduction, le 1er janvier 2026, de la ministre d’Etat, Camélia Ntoutoume-Leclercq, à la tête du département en charge de l’Éducation nationale, la tension continue de grimper dans ce secteur. Les enseignants ont poursuivi leur débrayage, sur l’ensemble du pays, au regard des vidéos relayées sur les réseaux sociaux. Dans certaines villes, les apprenants ont même été renvoyés à la maison. «Le paiement des vacations oui, mais nous attendons la régularisation des situations administratives par la mise en place d’une Commission interministérielle, c’est-à-dire le Guichet unique pour accélérer le processus de régularisation des situations administratives», a déclaré le Secrétaire Général du Sena, Magloire Memiaga.
Depuis le début du mouvement déclenché le 10 décembre 2025, le Gabon observe des salles de classe vides et des établissements en proie à une organisation perturbée. A l’intérieur du pays, les enseignants restent absents des salles, tandis que les parents s’inquiètent des retards accumulés dans le programme scolaire. «Nos enfants perdent des semaines précieuses et nous ne savons pas quand les cours reprendront normalement», a déploré un parent, résumant l’impact sur le quotidien des familles.
La grève est aussi une dénonciation des failles structurelles de gestion administrative qui, selon les syndicats, freinent la mise en œuvre des promesses gouvernementales et précarisent leurs situations et les conditions de travail.
Appel à l’établissement d’un cadre de dialogue transparent et durable
Au-delà des questions financières, les revendications englobent une revalorisation des primes de logement et de transport non suffisantes face à l’inflation et au coût de la vie, ainsi que le paiement intégral des rappels de salaires et des vacations. Le collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Sena appellent à l’établissement d’un cadre de dialogue transparent et durable, capable de transformer les promesses en actes. «Investir dans les enseignants, c’est investir dans le capital humain, dans la paix sociale et dans l’avenir du Gabon», a rappelé l’un des intervenants, indiquant que le respect et l’écoute des enseignants renforceront l’ensemble du système éducatif.
Pour les enseignants, la mise en place du Guichet unique interinstitutionnel, réunissant l’Éducation nationale, la Fonction publique et le Budget, et la Commission interministérielle devraient permettra d’accélérer le traitement des dossiers et de sécuriser les avancées administratives nécessaires à la stabilisation de la rentrée scolaire. Dans ce contexte, les autorités sont invitées à sortir du silence et à engager «un dialogue sincère» avec les partenaires sociaux pour déboucher sur des mesures concrètes et rapides.
Éviter une poursuite prolongée de la grève et assurer une rentrée scolaire plus sereine
Quoi qu’il en soit, la reprise annoncée n’a pas été suivie d’effets réels sur le terrain, sur la quasi-totalité du territoire national, en ce qui concerne l’école publique. Les enseignants y poursuivent leur mouvement, dénonçant des conditions de travail précaires et un manque de considération pour leur mission fondamentale. Si le gouvernement répond favorablement à ces demandes et met en place des mécanismes efficaces de régularisation et de compensation, le Gabon pourrait éviter une poursuite prolongée de la grève et assurer une rentrée scolaire plus sereine pour les élèves et leurs familles.
















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