Enthousiaste et confiant pour le redressement du pays après la prise du pouvoir par l’armée en fin août dernier, le peuple gabonais aspire désormais à une gestion et une gouvernance rationnelle, rigoureuse et parcimonieuse des ressources de la part des autorités de la Transition. Ce, d’autant plus qu’elles ont promis de rompre avec les anciennes pratiques qui, pendant longtemps, ont freiné le développement du Gabon.

«On ne peut pas commencer par dépenser 800 millions comme ça». C’est pour cela que le CTR doit planifier et prioriser les dépenses. © Gabonreview/Shutterstock

 

Le Gabon dorénavant délivré de ses «pilleurs» par les hommes en treillis depuis le 30 aout dernier, le peuple aspire enfin à un vent nouveau pour véritablement connaitre son essor vers la félicité. À cet effet, les nouvelles autorités en place, en l’occurrence le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) envisage de rompre définitivement avec les pratiques anciennes ayant conduit le pays vers une décadence totale à la suite de la «mauvaise gouvernance» et des détournements en tous genres. Aujourd’hui, il faut assainir la gestion des finances publiques, prioriser les dépenses et surtout escompter des résultats probants. 

À leur prise de pouvoir, les autorités de la Transition ont promis d’assainir la gouvernance du pays. Or, relèvent déjà des observateurs, en plus de s’entourer des personnes de l’exécutif déchu, elles semblent emprunter les sentiers des vieilles pratiques et habitudes ayant longtemps causé du tort au développement du pays. 

«Des dépenses faramineuses qui n’auraient pas pu servir à autre chose»

Ils font observer que «les nouveaux arrivants au gouvernement sont déjà embrigadés par une administration sclérosée qu’ils ont trouvée et verrouillée par de vieilles pratiques». Et les vieilles pratiques à proscrire définitivement se remettent petit à petit en place. Toute chose qui fait grincer les dents.

«Si le CTRI ne fait pas gaffe, on va repartir de très nombreuses années derrière», a fait remarquer un ancien cadre du ministère des Sports. Sa crainte trouve sa légitimité notamment sur ce qui se passe dans le milieu du sport où la nouvelle tutelle aurait décaissé environ 800 millions de francs CFA. Cette somme devrait, selon certaines sources, permettre à la délégation gabonaise de participer à la Coupe du monde des sourds et muets qui se déroulera dans les jours à venir en Malaisie, mais aussi pour la sélection nationale féminine de football engagée dans les éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can).

«On a, dans un pays, des sports porte-étendards. Les sports les plus populaires. Là, le ministère va sortir ou a déjà sorti entre 700 et 800 millions pour envoyer les sourds et muets à la Coupe du monde et pour la sélection féminine engagée dans les éliminatoires de la Can 2024. Ces sports-là, sont-ils des sports qui permettent le rayonnement du Gabon dans le domaine du sport ?», s’est interrogé l’ancien haut commis.  

«Des choses qui marchent mal»

Alors que le football gabonais n’engrange pas les résultats escomptés, l’on s’interroge alors sur ces «dépenses faramineuses qui auraient pas pu servir à autre chose», notamment dans des secteurs prioritaires. Des sommes d’argent qui auraient pu impacter positivement le quotidien des populations. 

Pour un autre ancien sportif, «on a un football qui marche mal. Des choses qui marchent mal. On a des sports emblématiques. On ne peut pas commencer par dépenser 800 millions comme ça», a-t-il regretté, tandis que des spectateurs du match opposant les Gabonaises aux Botswanaises à Franceville (1-4) estiment quant à eux qu’«on doit arrêter toute activité liée au football pendant toute la période de la Transition». Pour cet Internaute, «on gaspille le pognon pour rien» au regard des résultats.

Bien qu’étant considéré comme le sport roi, le football au Gabon connait des difficultés avec notamment un championnat peinant à se dérouler normalement. Et là, «le nouveau ministre va s’embarquer aussi comme faisaient ses prédécesseurs avec une délégation composée de dizaines de personnes. Ça deviendra des voyages de loisir et on est reparti comme à l’époque d’Ali et d’Omar Bongo Ondimba», a fustigé l’observateur.

Il y a donc nécessité pour le CTRI de s’interroger sur la nécessité d’éjecter autant d’argent dans «ces sports qui ne rapportent rien au pays», sachant que le «rayonnement» du Gabon, au niveau sportif, vient souvent des disciplines peu valorisées.

Van Malongo (Stagiaire)

 
GR
 

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