Gabon : déclenchement d’une grève illimitée à l’Autorité de régulation des transports ferroviaires
Face aux promesses non-tenues, des salaires impayés et une gestion jugée défaillante, les agents de l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF) ont entamé, ce lundi 5 janvier 2026, à Libreville, une grève illimitée. Le mouvement fait suite à deux préavis de grève restés sans réponses.

Les agents de l’ARTF au cours de leur déclaration, le 5 janvier 2026, à Libreville. © Gabonactu
À Libreville, le climat social s’est brusquement tendu à l’Autorité de régulation des transports ferroviaires (ARTF). Réunis en assemblée générale, les agents ont décidé d’observer une grève illimitée pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «mépris institutionnel» et de «dévalorisation systématique» de leur statut.
«Nous étions assis à la table des négociations avec le Secrétaire exécutif, mais force est de constater que ces discussions ont accouché d’une souris. Aujourd’hui, l’agent de l’ARTEF est dévalorisé, spolié et relégué à un niveau exécrable», a dénoncé le Secrétaire général du SNAARF/ARTF, Romaric Mbama.
Selon le syndicaliste, les engagements pris par le Secrétariat exécutif n’ont jamais été respectés. «Un protocole d’accord a été signé et un Comité de suivi mis en place. Mais ce Comité n’a jamais siégé. Résultat : nous avons passé les fêtes de Noël sans salaire, sans primes», a-t-il regretté. À ces manquements s’ajoutent des cotisations sociales non-reversées. «Les situations de la CNSS, de la CNAMGS et de l’assurance maladie Ascoma ne sont toujours pas réglées», a poursuivi Romaric Mbama, pointant une crise sociale profonde au sein de l’institution.
Les agents revendiquent également l’arrimage des salaires à travers l’instauration d’une grille salariale claire et d’un véritable plan de carrière. «À l’ARTF, il n’existe aucun plan de carrière. Nous avons pourtant fait des propositions concrètes au patronat», a-t-il souligné. Parmi les autres revendications figurent le paiement du 13ᵉ mois et le règlement de deux mois de salaires impayés pour certains agents. Une situation qui, selon les grévistes, compromet gravement le fonctionnement optimal de l’Autorité.
Un appel aux plus hautes autorités
Face à cette crise, les partenaires sociaux lancent un appel pressant aux plus hautes autorités. «Nous demandons que la situation de l’ARTEF soit examinée avec la plus grande attention. Les dirigeants qui nous sont imposés ne maîtrisent pas les réalités du secteur ferroviaire», ont-ils déploré, évoquant la nécessité de rendre l’institution plus compétitive, notamment face aux opérateurs du secteur comme le groupe Eramet.
Les grévistes réclament enfin une gouvernance plus solide. «Nous voulons des managers forts. Nous avons en interne des compétences capables de diriger cette maison. Nous ne voulons plus des dirigeants actuels», ont-ils martelé. Déterminés, les agents préviennent que le mouvement de grève sera maintenu «jusqu’à nouvel ordre», tant que l’ensemble de leurs revendications ne trouvera pas de réponses satisfaisantes.















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