HABANA

Un collectif d’une centaine d’enseignants réclame le paiement de trois mois de salaires suspendus après une violente grève en 2017. S’ils avaient entrevu un lueur d’espoir avec l’arrivée de Mouguiama-Daouda à la tête du département de l’Éducation nationale en 2020, les enseignants attendent toujours un geste du ministère du Budget.

Un collectif d’une centaine d’enseignants attend que la Solde verse leurs trois mois de salaires suspendus après grève en 2017. © Gabonreview

 

Près de quatre ans après la suspension de leurs salaires de janvier, février et mars 2017, plusieurs enseignants ne sont toujours entrés en possession de leurs émoluments. Regroupés en collectif, une centaine d’enseignants des lycées Nelson Mandela, Paul Indjedjet Ngondjout et Léon Mba, interpelle le gouvernement et plus précisément le ministère du Budget. Les salaires de ces enseignants avaient été coupés suite à une grève qu’ils avaient lancé en janvier 2017 pour réclamer le paiement de la PIP 2015, ainsi que de meilleures conditions de travail. Exaspéré par cette grève qu’il jugeait inopportune, le gouvernement avait alors décidé de couper les salaires des grévistes pendant trois mois.

«En 2018, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Nadine Patricia Anguile, avait pris la décision de restituer les salaires coupés. Ce qui fût fait entre janvier et mai de cette année-là. Mais pas pour les 817 enseignants concernés par la suspension de salaires, dont 17 avaient entre-temps été radiés des effectifs de la Fonction publique. Certains ont reçu un mois de salaires, tandis que d’autres en ont perçu deux. Aucun enseignant n’a reçu la totalité et une minorité d’enseignants n’a rien reçu du tout. Depuis, plus aucun paiement n’a été effectué à ce jour», a indiqué un membre du collectif des enseignants ayant requis l’anonymat. Cette situation a donc abouti à la création de ce collectif qui s’organise pour entrer en possession de son dû.

Une interminable attente

«Nous avons créé le collectif pour nous battre, car certains collègues sont décédés sans avoir vu la couleur de leur argent. D’autres se sont simplement rendus à l’évidence qu’ils n’auront plus jamais leurs salaires.  Mais le collectif a décidé de se battre pour rentrer en possession de son dû, car c’est notre argent», a insisté le membre du collectif. Depuis février-mars 2020, le collectif a entrepris des démarches pour interpeller la tutelle sur le sort de ses membres. Les enseignants ont dû attendre l’arrivée de Patrick Mouguiama-Daouda à la tête de ce département pour entrevoir le bout du tunnel. «Nous avons été reçu par le directeur de cabinet de l’actuel ministre de l’Éducation nationale. Après un travail minutieux de son équipe visant corroborer nos affirmations, le ministre a écrit à son collègue de l’Economie pour que notre situation soit régularisée. Ce dernier a transmis le dossier au ministre du Budget qui lui, a saisi la direction de la Solde», a expliqué l’enseignant.

Pris d’impatience, le collectif a lui-même pris le soin de rencontrer le directeur de la Solde en juillet 2020. Ce dernier a clairement signifié aux enseignants qu’ «il n’y a pas de ligne budgétaire pour le paiement des salaires suspendus. Il va falloir être patients». Depuis, plus rien et le collectif désespère. Les enseignants se sont par ailleurs fixés une deadline avant d’initier d’éventuelles actions s’ils n’obtiennent pas gain de cause. «Nous avons l’impression que sans pression, notre situation ne connaitra aucune issue favorable», a conclu l’enseignant.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Serge Makaya dit :

    Depuis 2017 !! A Ntare Nzame !! Vous voyez comment est traité le ministère de l’éducation nationale ? Pitié !! Pauvre Gabon !! Après, on en veut à nos petits enfants qui font des danses obscènes. Pauvres petits-enfants. Ce n’est pas de votre faute. On dépense de l’argent dans des projets pharaoniques, et on oublie l’essentiel: la formation de nos petits enfants qui représentent l’avenir du Gabon. A Ntare Nzame !!

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