Gabon : l’appel des confessions religieuses à une justice rigoureuse, à une fiscalité protectrice des plus fragiles
Lors de la présentation des vœux de Nouvel An, le 8 janvier, des confessions religieuses au couple présidentiel, en réaffirmant le soutien des communautés religieuses, Monseigneur Jean-Patrick Iba-Ba, Archevêque métropolitain de Libreville, a appelé à une gestion plus vertueuse et inclusive des affaires publiques, tout en émettant des critiques sur certains choix actuels, notamment en matière de réforme économique et de lutte contre les dérives du pouvoir.

Monseigneur Jean-Patrick Iba-Ba, Archevêque métropolitain de Libreville, s’adressant, le 8 janvier 2026, au président de la République. © Communication présidentielle
Comme d’autres responsables d’institutions et organisations, le représentant des confessions religieuses, Monseigneur Jean-Patrick Iba-Ba, Archevêque métropolitain de Libreville, a présenté, le 8 janvier, leurs vœux de Nouvel An au couple présidentiel, Brice Clotaire et Zita Oligui Nguema. Au nom de sa communauté, il a abordé ce qui aurait pu être la véritable rupture avec l’ordre ancien, la politique fiscale qui impacte les compatriotes les plus fragiles, les crimes de sang «associé à tort ou à raison aux acteurs politiques en proie à l’accès à de hautes fonctions ou privilèges», la mise en place des mécanismes de contrôle plus efficients et plus coercitifs contre les détournements de deniers publics.
Renouveau moral et éthique dans l’action publique
Sur le plan politique et institutionnel, l’Archevêque a rappelé que l’année 2025 a été marquée par la fin de la Transition et le renouvellement des institutions. Il a souligné l’importance, pour le pays, d’un renouveau moral et éthique dans l’action publique, fondé sur l’intégrité, le respect du bien commun et la transparence. En même temps, il a émis des réserves quant à la teneur de certaines orientations récentes, laissant entendre que des ruptures véritables avec l’ordre ancien restent à consolider. «Si nous saluons les efforts significatifs que vous consentez pour que le dialogue reste permanent avec toutes les forces vives de la nation, certaines orientations prises aujourd’hui nous laissent encore perplexes quant à la véritable rupture avec l’ordre ancien», a-t-il fait remarquer.
L’importance accordée à la justice et à la sécurité juridique a été d’autant plus manifeste lorsque l’Archevêque a évoqué les «crimes de sang associés à tort ou à raison à certains acteurs politiques». Il a insisté sur la nécessité des lois fermes et d’une justice indépendante et transparente, afin que les responsables, y compris les commanditaires, répondent de leurs actes. Il y a donc une aspiration à une tolérance zéro pour les atteintes à la vie humaine et à une responsabilisation accrue des élites, afin de restaurer la confiance du peuple gabonais dans son cadre démocratique et républicain.
Une justice rigoureuse et une politique fiscale qui protège les plus fragiles
Sur le plan économique et social, les critiques de Monseigneur Iba-Ba ont notamment porté sur la politique fiscale et ses effets sur les ménages les plus vulnérables. Il a donc invité à défendre le pouvoir d’achat des plus fragiles et encadrer les mesures destinées à stimuler l’entrepreneuriat et l’extension de la base fiscale. «Nous vous prions de tenir compte, dans l’élaboration de votre politique fiscale, de nos compatriotes les plus fragiles qui peinent déjà à satisfaire leurs besoins les plus essentiels en raison d’un pouvoir d’achat très faible», a préconisé le prélat.
Les confessions religieuses ont par ailleurs invité à une optimisation des charges de fonctionnement et à une meilleure collecte des ressources, tout en demandant une approche plus inclusive qui ne pénalise pas les plus modestes.
Globalement, ce discours a plaidé pour une continuité du dialogue entre l’État et les confessions religieuses comme pilier du vivre-ensemble et de l’édification d’un «Gabon nouveau» fondé sur des valeurs de tolérance, de fraternité et d’inclusion. Il appelle à une année 2026 marquée par la paix et la cohésion sociale, tout en restant clair sur les conditions d’un véritable changement, à savoir : des mécanismes de contrôle plus efficaces, une justice rigoureuse et une politique fiscale qui protège les plus fragiles, afin que la promesse de ce «Gabon nouveau» ne reste pas lettre morte, mais devienne réalité quotidienne pour chaque citoyen.
















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