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Selon une enquête d’Afrobarometer, rendue publique ce 30 juillet par visioconférence, plutôt que l’érection des parcs nationaux, les activités forestières et minières constitue le facteur principal du conflit homme/faune au Gabon. L’enquête révèle aussi que plus de la moitié des Gabonais n’ont pas entendu parler du conflit homme/faune. Ceux qui en ont connaissance, l’associent pour la plupart  à la destruction des plantations par les éléphants.

Au Gabon, selon une enquête, le conflit homme/faune est due aux activités économiques. © D.R.

 

S’intéressant à la question du conflit homme/faune en République gabonaise, Afrobarometer, réseau panafricain de recherche par sondage produisant des données jugées fiables sur les expériences et appréciations des africains relatives à la qualité de vie, à la gouvernance, et à la démocratie et conduite au Gabon, a réalisé une enquête, via par le Centre d’études et de recherche en géosciences politiques et prospective (Cergep), montrant la perception des citoyens sur la gestion et la protection de la faune.

Réalisée en février 2020, avant l’arrivée du Covid-19 au Gabon sur un échantillon de 1.200 adultes gabonais après les enquêtes de 2015 et 2017, l’enquête a révélé que 55% des Gabonais, donc plus de la moitié, n’ont jamais entendu parler du conflit homme/faune. Ce, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Parmi les 45% des Gabonais ayant connaissance de ce conflit, plus de neuf sur 10, soit 94%, l’associent à la destruction des plantations par les éléphants. D’aucuns, représentant environ 57% de ceux qui en ont attendu parler, l’associent au fait que les populations sont attaquées par les animaux tandis que d’autres, 47%, y voient le fait que la population sur-chasse les animaux.

80% des Gabonais incriminent les activités économiques

Interrogés les déterminismes de ce conflit,  8 sur 10, soit 80% des personnes qui connaissent le conflit homme/faune, estiment que la déstabilisation des forêts par l’activité économique, notamment forestière et minière en est l’origine. Pour eux, l’exploitation forestière et minière sont les facteurs principaux qui aggravent le conflit homme/faune. À côté d’eux, près de la moitié, soit 49%, estiment que ce sont les villageois, du fait de leurs activités dans les aires (forêts) de ces espèces animales. 36% accusent la présence des parcs nationaux et 35% la prolifération de certaines espèces incriminées.

Pour rappel, en 2002, le président Omar Bongo Ondimba décidait de la sanctuarisation de 11% du territoire national par la création de 13 parcs nationaux. La gestion de ces espaces a conduit à la création de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN). CELLE-CI a pour mission, entre autres, de préserver la faune et la flore non seulement à l’intérieur des parcs nationaux mais aussi à la périphérie de ceux-ci. Mais depuis quelques années, à tort ou à raison, note l’Afrobarometer, «l’ANPN est accusé de favoriser la protection des animaux au détriment de la population». Dans ce contexte, son enquête entendait apporter plus de perspectives dans le débat national sur le conflit homme/faune en montrant la perception des citoyens sur la gestion et la protection de la faune.

 
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