Reconduite à la tête du ministère de l’Éducation nationale, le 1er janvier 2026, Camélia Ntoutoume-Leclercq a affiché, le 2 janvier, sur sa page Facebook, ses ambitions pour son magistère. Entre réformes pédagogiques et gestion des tensions sociales, la ministre d’État a placé la valorisation de l’enseignant et l’excellence académique au sommet de ses priorités.

La ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq. © D.R.

 

Dans une déclaration datée du 2 janvier 2026 sur sa page Facebook, la ministre d’État a traduit sa reconnaissance envers le chef de l’État pour la confiance renouvelée en sa personne. Loin de toute autosatisfaction, elle a immédiatement souligné la complexité de sa mission dans un secteur déjà marqué par une impatience sociale grandissante. «Je reviens à la tête de ce ministère à un moment où persistent des revendications légitimes. Consciente que l’éducation est un investissement à la fois exigeant et stratégique, je m’engage à ne ménager aucun effort, sous votre impulsion, en collaborant étroitement avec les ministères concernés par les dossiers transversaux qui touchent à la carrière des enseignants», a-t-elle fait savoir avec solennité.

Pour Camélia Ntoutoume-Leclercq, la réussite du système éducatif repose sur un postulat moral hérité de l’histoire politique du pays. Citant l’ancien président Omar Bongo Ondimba, elle a rappelé que la valorisation des enseignants est indispensable pour protéger l’avenir des apprenants. «Dans cette perspective, j’ai fait le choix résolu de ne jamais sacrifier la jeunesse gabonaise, car, comme le répétait feu Omar Bongo Ondimba, « la jeunesse est sacrée »», a-t-elle insisté.

Cette vision se traduit déjà, selon elle, par des réformes structurelles d’envergure. La ministère poursuit activement la mise en œuvre du Cadre d’orientation curriculaire et l’introduction historique des premiers manuels gabonais au secondaire. Une première depuis 1960. Parallèlement, un vaste programme de réhabilitation des établissements scolaires, dotés d’équipements modernes, est en cours pour offrir un environnement de travail digne à la communauté éducative.

Répondre à la crise par le dialogue et l’action

L’urgence est d’autant plus grande que ce lundi 5 janvier, le secteur éducatif traverse une zone de fortes turbulences. Pour rappel, le collectif SOS Éducation, la Conasysed et le Sena maintiennent la pression sur la question de la reprise des cours et des conditions de travail.

Face à cette fronde syndicale, la ministre a annoncé des mesures immédiates. Un Comité sera spécifiquement mis en place pour assurer le suivi et la prise en charge urgente des enseignants en attente d’affectation, tout en accélérant la régularisation des situations administratives. En matière de sécurité, elle mise sur une lutte déterminée contre les violences en milieu scolaire, appuyée par le déploiement de la Police scolaire.

En réaffirmant sa volonté de bâtir un cadre d’apprentissage sûr, inclusif et performant, la ministre d’État a achevé son propos en liant étroitement son action à la vision globale du sommet de l’État pour cette nouvelle année. «Je suis résolue à répondre pleinement à vos très hautes instructions et à contribuer efficacement à la réalisation de votre vision pour l’année 2026», a-t-elle conclu, marquant ainsi sa détermination à faire bouger les lignes d’un secteur éducatif en quête de stabilité.

Toutefois, après ces mots empreints d’espoir et d’engagement, l’heure est désormais à l’épreuve des faits. Car en ce lundi 5 janvier, premier jour de reprise des cours après les festivités de fin d’année, le contraste est saisissant ; malgré les ambitions affichées, le système éducatif semble déjà en mode «stand-by». Entre les velléités de réforme et la paralysie observée sur le terrain, le fossé reste à combler. Le passage de la parole à l’acte est désormais attendu avec impatience par l’ensemble de la communauté éducative.

Thécia Nyomba

 
GR
 

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