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Comptant parmi les membres fondateurs du Parti démocratique gabonais (PDG), l’ancien président de l’Assemblée nationale est décédé ce vendredi 27 novembre à l’âge de 87 ans à Libreville des suites de maladie. Peu actif sur le terrain politique ces dernières années, il n’avait toutefois pas perdu son franc-parler, et est resté fidèle à son parti politique en dépit de l’appartenance à l’opposition de son fils, Alexandre Barro Chambrier. Au-delà de sa success story d’entrepreneur gabonais et de père dont la progéniture est résolument une réussite, les avis sur son engagement pour le Gabon sont contradictoires voire controversés.

Marcel Éloi Rahandi Chambrier s’est éteint à l’âge de 87 ans à la polyclinique qui porte son nom. © Gabonreview

 

«Grande gueule». C’est ainsi qu’il était connu. Jusqu’à la fin de ses jours à la polyclinique qui porte son nom à Libreville, l’ancien président de l’Assemblée nationale est resté fidèle à son franc-parler, mais surtout à son parti, le PDG, dont il a été un des membres fondateurs en 1968. Médecin spécialisée en hématologie, Marcel Éloi Rahandi Chambrier n’était plus actif ces dernières années sur la scène politique en raison de ses problèmes de santé. Il n’avait pourtant pas manqué d’intervenir sur les questions d’actualité.

Interrogé sur ce qu’il retient du père Chambrier, un ancien journaliste du quotien L’union a laissé entendre : «On retient de lui qu’il a laissé une des grandes infrastructures construites par un Gabonais, infrastructure qui a résisté et traversé des années malgré les aléas et qui aujourd’hui est un élément essentiel du dispositif sanitaire au Gabon. Très peu de gabonais ont construit de telles infrastructures de leurs mains et qui ont pu résister autant d’années. 50 ans plus tard, ça n’existe pas. Ce que les Bongo font s’écroulent au bout de 2-3 ans malgré tout l’argent qu’ils ont. La clinique Chambrier a tenu 50 ans et c’est une structure sanitaire de référence. Ce n’est pas rien

Mais on retiendra également de Marcel Éloi Rahandi Chambrier qu’il a construit une des rares dynasties au Gabon et à laquelle il faut reconnaître  un certain mérite au regard de la réussite de sa progéniture : Barro Chambrier est professeur agrégé d’économie, et parmi ses enfants on compte deux pharmaciens et un médecin comme lui-même. «Ses enfants n’accèdent pas aux postes en étant des tonneaux vides parce qu’ils sont simplement ses enfants», note Laure Patricia Manevy, journaliste du mensuel La Nouvelle République.

Sur le plan politique, l’opinion n’oubliera pas le raté monumental de 2009 lorsque Rahandi Chambrier et ses compères notables politiques du pays n’ont pas été capables d’aller au-delà de petits intérêts personnels. «Leur soutien à Ali Bongo en 2009 est un raté monumental qui entache totalement sa carrière politique. Au regard de cette soumission aux Bongo et de ce soutien aveugle à un homme qui va plonger le pays dans la faillite comme on le voit aujourd’hui, on peut dire que ces gens qui l’ont soutenu n’avaient aucune lecture de la situation, n’avaient aucune vision pour le pays. Comment en sont-ils arrivés là puisqu’Ali Bongo n’était pas quelqu’un d’inconnu eux», regrette la même journaliste.

Avec d’autres anciens dignitaires de la République, au sein du Collectif des anciens cadres, notables et dignitaires de la République (CACNDR), le défunt s’était notamment positionné en faveur de l’apaisement des tensions entre le pouvoir et l’opposition quelque temps après la présidentielle de 2016. Avec le même collectif, il avait également pris fait et cause pour la déclaration de la vacance du pouvoir en mai 2019, plusieurs mois après le début des ennuis de santé d’Ali Bongo. Mais, Arnaud Tchombo, ancien chroniqueur du journal Le Progressiste, aujourd’hui militant de L’Union nationale, estime que cet engagement tardif n’était pas désintéressé : «On l’a vu au sein de ce collectif de Elders à la gabonaise parce que Barro Chambrier n’était plus avec Ali Bongo. Si Ali Bongo avait laissé Barro Chambrier devenir maire de Libreville en 2013 – ce qu’il méritait au demeurant, et pas Ossouka, puisque démocratiquement Barro Chambrier avait gagné – il n’aurait jamais quitté le PDG et son père n’aurait jamais fait partie de ce collectif. Il aurait continué à insulter l’opposition

Il reste que Marcel Éloi Rahandi Chambrier est né le 1er décembre 1933, à Libreville. Il a fait ses études primaires à l’école catholique Montfort. C’est en France, au lycée Michelet de Vanves en région parisienne, qu’il a fait son cursus secondaire jusqu’à l’obtention de son baccalauréat qui lui permet de s’inscrire en faculté de médecine. Son diplôme en poche et quelques années d’expérience dans le métier, le jeune médecin fait son retour au Gabon en 1967, où l’attend une carrière politique à côté de sa carrière professionnelle. Le défunt a été plusieurs fois ministre sous Omar Bongo.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Monsieur reposez en paix ! Amen.

  2. gabon d'abord dit :

    Pour quoi la bibliographie d’un homme si important du Gabon est légère ?

    Il est médecin et il a occupé quels postes ministériels et de quand à quand?

    La clinique qu’il a laissé à Barro est en ruine et n’accepte pas la CNAMGS…

  3. Julien N'goua dit :

    Des intellectuels qui côtoient des analphabètes, ça laisse souvent des séquelles irréversibles malheureusement. Comprenne qui voudra bien.

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