TATIE

Retraité de la vie politique depuis quelques années, le père Paul Mba Abessole, fondateur du Rassemblement du peuple gabonais (RPG), plusieurs fois ministre, ancien vice-Premier ministre et maire de Libreville, se consacre désormais à l’une de ses nombreuses passions : l’écriture. A l’occasion de la présentation de son dernier ouvrage, «Domaine commun pour la transition : l’éducation et la santé» le 12 janvier à Libreville, il s’est entretenu avec les journalistes sur l’horizon projeté par cet ouvrage.

Paul Mba Abessole, le 12 janvier 2020, lors de la présentation de son dernier ouvrage, «Domaine commun pour la transition : l’éducation et la santé». © Gabonreview

 

A 82 ans bien sonnés, l’ancien vice-Premier ministre, Paul Mba Abessole, a bon pied, bon œil. Loin des salons feutrés de la capitale gabonaise, il a choisi le siège du journal Le Mbandja et de l’Organisation patronale des médias (Opam) du Gabon pour présenter ses idées dans son nouvel ouvrage au titre évocateur : «Domaine commun pour la transition : l’éducation et la santé».

Au cours de cette rencontre avec la presse, ce 12 janvier, il a expliqué le bien-fondé de cet ouvrage destiné à l’amélioration  du système éducatif et sanitaire du Gabon. Il part du fait que «l’éducation occidentale n’est pas bonne» et qu’ «on a confié les enfants aux gens qui travaillent pour qu’on disparaisse».

© Gabonreview

Paul Mba Abessole estime qu’instruire tous les enfants d’une Nation reviendrait à les armer pour développer efficacement leur pays. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui. «Nous n’avons pas le droit de laisser les jeunes se perdre», a-t-il fait savoir, invitant les femmes et les hommes de lettres à participer au débat, même sur les réseaux sociaux. «Nous sommes à la recherche d’un système éducatif. Celui que nous avons actuellement n’en n’est pas un. Il n’est rattaché à rien», a indiqué l’ancien maire de Libreville pour qui le manque de repères est criard. «Au bout du compte, nous ne sommes plus rien. Je suis devant vous, mais nous nous exprimons dans une langue étrangère», a-t-il déclaré, se référant à l’histoire et aux siècles passés pour démontrer comment l’Africain et le Gabonais, en particulier, ont été aliénés et acculturés. Il assure que «nous avons été dépossédés de nous-mêmes» et que «le système éducatif doit s’efforcer de restaurer ce qu’on a perdu». A ce propos, il parle des traditions qui conçoivent que l’intelligence humaine a sept niveaux d’activité autour desquels s’articule tout système éducatif.

Ces sept niveaux d’activité sont l’opinion, la réflexion, la connaissance raisonnée, la sagesse, l’intuition ou la connaissance immédiate, la ruse-l’art-l’harmonie et la parole-la communication. «Nous avons été aliénés dans une autre langue. Voilà pourquoi, il nous faut notre propre système éducatif», a-t-il dit, laissant entendre que «nous devons nous réapproprier ce que nous sommes».

Dans ce livre d’une trentaine de pages, il brosse le tableau de l’éducation au Gabon, le portrait du citoyen, avant d’expliquer ce qu’est une Nation, tout en invitant à un changement de paradigme. Il revient également sur les congrès africains de 1974 et de 1977, la voie de Cheik Anta Diop, les langues négro-africaines : dialectes du Kemite, ainsi que sur des obstacles à franchir. Pour lui, «pour avoir un système éducatif utile pour notre pays, il faut retourner à notre système traditionnel».

En ce qui concerne le système sanitaire, Paul Mba Abessole explique la problématique et définit la santé, à travers des croquis sur la santé dans la tradition gabonaise, en s’appuyant sur des éléments tels que  l’air, l’eau, le feu,  la terre. L’auteur appelle à un mouvement de renouveau dans la recherche pour mettre en place ce système éducatif. «Il nous faut l’initiation à la vie», a-t-il conclu.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Mba Bess, mon petit frère, associe toi à Jean Ping pour assurer ENSEMBLE (tous les deux) une véritable transition démocratique de trois ans MAXIMUM. Vas trouver ton frère Jean Ping et réfléchissez ENSEMBLE à cette transition démocratique de notre pays. Vous serez tous deux à gérer notre pays. Et pendant ce temps, tous les acteurs politiques du Gabon se retrouveront pour réfléchir dur le devenir de notre pays. Après ces 3 ans, on observera enfin la toute première élection présidentielle CRÉDIBLE du Gabon.

    • Serge Makaya dit :

      Je réitère ma requête mon petit frère Paul Mba, toi et Jean Ping, laissez de côté votre EGO SURDIMENSIONNÉ, retrouvez-vous pour réfléchir à une SORTIE DE CRISE de notre riche pays tant convoité par les forces du MAL font fait partie la nébuleuse appelée Quai d’Orsay qui manipule TOUT.

      Gérez notre pays pendant une période de transition démocratique. Durée maximale: 3 ans. Le temps pour tous les gabonais de tous bords politiques de se retrouver pour faire un véritable toilettage de nos Institutions.

      Merci d’avance à vous deux. Vous méritez vraiment de gérer cette transition démocratique, vu qu’aussi les Bongo vous ont volés vos victoires à la présidence gabonaise.

      LE PEUPLE GABONAIS EST AVEC VOUS POUR CETTE GESTION DU PAYS PENDANT 3 ANS. D’AVANCE, FÉLICITATIONS POUR VOTRE ACCORD.

  2. diogene dit :

    Lorsque l’on s’exprime mieux en français qu’en fang peut-on dire que le français est une langue étrangère ?
    Si le passé doit être connu, ceux qui le vénère sont justes des réactions perdus dans ce monde qu’ils ne comprennent plus alors que pour certains -et c’est le cas du défroqué-ils ont occupés des postes politiques de première importance.

    Les jeunes fachos font des vieux fachos

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