HABANA

 

Au Gabon où le climat socio-politique reste marqué par un malaise profond, Me Jean-Paul Moumbembé, avocat au barreau du Gabon, estime que pour rétablir le vivre ensemble, à défaut de juger publiquement ceux qui ont gouverné le pays depuis Omar Bongo, il faudrait organiser des états généraux dirigés par ceux qui n’ont jamais gouverné, puis prôner le pardon en donnant à ces nouveaux dirigeants, 2 ans de travail comme obligation de résultats. Cette idée, il l’a expliqué dans une interview accordée à Gabonclic info.

Me Jean-Paul Moumbembé, avocat au barreau du Gabon. © D.R.

 

La société gabonaise est-elle désormais en état de stress ? Pour beaucoup, la qualité des relations entre gabonais s’est dégradée à plusieurs niveaux. De l’appel à la Réconciliation nationale de Louis Gaston Mayila à l’appel à la Paix des braves de Guy-Christian Mavioga, le constat est presqu’identique. L’harmonie qui caractérisait les rapports entre individus, s’effrite chaque jour un peu plus. Plusieurs Gabonais évoluant dans les mêmes cercles socio-politiques se regardent en chien de faïence. Dans la vie quotidienne, le vivre ensemble qui se désagrège progressivement, crée une méfiance généralisée envers les gouvernants tenus pour responsables de cette insidieuse dégradation générale.

Dans une interview accordée à Gabonclic info, Me Jean-Paul Moumbembé, avocat au barreau du Gabon, qui est certain que les Gabonais s’aiment a estimé que c’est le politique qui, en gouvernant, détruit l’unité nationale, la concorde et la paix sociale qui doivent régner. «J’exhorte au jugement public de tous les hommes et femmes qui ont gouverné cette République, depuis l’avènement au pouvoir de mon père, le défunt Omar Bongo Ondimba», a déclaré l’avocat. «Je dis bien tous», a insisté l’avocat qui estime que si cela n’est pas faisable, une autre option est l’organisation des états généraux dirigés par ceux qui n’ont jamais gouverné le pays. «Nous, qui n’avons jamais été gouvernants à n’importe quel niveau administratif républicain», a-t-il dit. Et, ensuite, a-t-il poursuivi, «pardonnons en nous donnant 2 ans de travail comme obligation de résultats positifs».

Pour Jean-Paul Moumbembé, ces Gabonais qui n’ont jamais dirigé le Gabon, y compris lui, sont capables de bâtir ce pays qui, souligne-t-il, renferme d’immenses ressources minières, manuelles et intellectuelles. «Notre peuple est riche concrètement. Mais hélas, ce sont des minorités sociologiques et familiales, depuis toujours, qui en profitent au détriment du plus grand nombre», a-t-il affirmé. L’avocat appelle les Gabonais à mettre un terme à ces privilèges car pour lui, «savoir dire non à cet état de choses, c’est savoir opter pour la révolution mentale et comportementale au quotidien». «Le Gabon est un beau garçon, mais maltraité par le politique de tous bords», croit savoir l’avocat. «Le Gabonais, là où il est, n’aime pas le Gabon, car il est son tyrannosaure ! Je pleure», s’est-il lamenté.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. NGOM'NDONG dit :

    Moi je dirais plus ,des principautés  »sociologiques » ou  »familiales » de façade.

  2. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Morceau choisit : »Notre peuple est riche concrètement. Mais hélas, ce sont des minorités sociologiques et familiales, depuis toujours, qui en profitent au détriment du plus grand nombre». Avocat émérite ce sont des gros mots(minorités sociologiques et familiales)ce sont des noms que nous voulons sinon à quoi bon faire des états généraux sans coupables. Il ne faut pas vouloir une chose et son contraire. Amen.

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