HABANA

Soutien indéfectible de l’opposant Jean Ping, Pascal Oyougou, ancien Secrétaire général adjoint du Rassemblement Héritage et Modernité (RHM), qui a passé près de quatre années en détention préventive à la prison centrale de Libreville s’est exprimé, ce 7 juin, alors que son procès s’ouvre le 15 juin prochain. Une première puisque depuis sa libération, le 11 février 2021, il n’avait plus pris la parole en public.

Pascal Oyougou, le 7 juin 2021. © Gabonreview/Capture d’écran

 

«Libéré depuis le 11 février 2021, je n’ai pas pris la parole jusqu’à ce jour parce que j’ai pris mon temps à observer, à écouter, à regarder. Le constat est amer. Il y a décadence dans tous les secteurs de la Nation. Le pays est en totale régression». C’est par ces mots que l’un des hommes du premier cercle autour de Jean Ping a justifié sa sortie publique, ce 7 juin.

Alors que son procès s’ouvre le 15 juin prochain, l’ancien Secrétaire général adjoint du RHM, en liberté provisoire depuis février 2021, a tenu à s’exprimer sur la situation du pays. Relevant qu’il est «un Altogovéen libre», il fait savoir qu’il n’a pas choisi de naitre dans cette province. «Personne ne choisit le lieu de sa naissance, à ma connaissance. Je suis libre, libre de prendre part au jeu de la démocratie multipartite, système politique que les Gabonais ont unanimement adopté à la Conférence nationale de 1990», a-t-il indiqué, ajoutant que «la démocratie multipartite instituée en 1990 concerne tous les Gabonais ressortissants des 9 provinces. J’étais présent à la conférence nationale de 1990. J’ai pris part à avec les autres compatriotes au choix de l’abolition du régime de parti unique et l’instauration de la démocratie multipartite».

Estimant être un prisonnier politique, M. Oyougou reste fidèle à ses convictions et à son positionnement politique. Il note d’ailleurs que les mobiles ayant justifié «le vote massif en faveur de Jean Ping sont toujours présents». «Le peuple aspire plus que jamais au changement qu’il a exprimé par les urnes, le 27 août 2016». «A la lumière de ce constat, je prends position comme j’ai pris position en 2016, pour le changement qui est la principale aspiration du peuple. Je reste fidèle au peuple et à son choix exprimé, en 2016, en faveur de Jean Ping pour présider aux destinées de notre cher pays, le Gabon», a-t-il fait savoir non sans préciser qu’il n’en veut à personne malgré tout ce qu’il a subi «physiquement et moralement en prison».

Revenant sur son dossier en instance, il assure croire en la justice qui devrait se prononcer selon le droit et en toute impartialité. «Je refuse de croire que la justice soit instrumentalisée au Gabon. Je refuse de croire que la justice soit au service d’un clan au Gabon. Je refuse de croire que la justice soit devenue synonyme de règlement de compte au Gabon (…) je veux croire qu’au Gabon, il existe des hommes de loi capable de dire le droit en vérité. Je veux croire en une justice juste au Gabon», a-t-il déclaré.

Pascal Oyougou a passé 41 mois en détention préventive à la prison centrale de Libreville pour avoir été parmi les hommes de tête d’une marche ayant suivi un meeting du challenger d’Ali Bongo à la présidentielle de 2016. Il avait été accusé de «complot contre l’autorité de l’Etat, instigation aux actes ou manœuvres de nature à provoquer des troubles contre l’autorité de l’Etat et attroupement non-armé sur la voie publique ayant troublé la tranquillité publique». Il sera au tribunal le 15 juin prochain.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. diogene dit :

    Je refuse de croire que la justice soit au service d’un clan au Gabon. Je refuse de croire que la justice soit devenue synonyme de règlement de compte au Gabon (…) je veux croire qu’au Gabon, il existe des hommes de loi capable de dire le droit en vérité. Je veux croire en une justice juste au Gabon»,

    On lui a tapé trop fort sur la tête !

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