À Port-Gentil, la grève déclenchée au sein de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) suscite une vive préoccupation. À travers un communiqué, la direction générale a tenu à rétablir sa lecture des faits, tout en réaffirmant son attachement au droit de grève, lequel doit, selon elle, s’exercer dans le strict respect de la loi.

La direction générale de la CNNII dénonce un mouvement hors cadre légal. © D.R.

 

La grève en cours à la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII), à Port-Gentil, a franchi un seuil jugé préoccupant par la direction générale. Tout en réaffirmant son attachement au droit de grève, pilier des libertés syndicales, la direction rappelle que son exercice ne peut se faire en dehors des dispositions prévues par la loi gabonaise.

Sur le plan juridique, la CNNII rappelle qu’aucun préavis de grève de huit jours francs, comme prévu par la législation gabonaise et devant être notifié à l’employeur ainsi qu’à l’Inspection spéciale du travail, n’a été reçu. Cette absence de procédure régulière place, selon la Direction, le mouvement en dehors du cadre légal et l’assimile à un abandon collectif de poste, privant les agents concernés de la protection juridique liée à l’exercice légal du droit de grève.

La direction générale déplore également la remise en cause d’engagements déjà formalisés. Les revendications aujourd’hui mises en avant auraient fait l’objet d’un procès-verbal de conciliation signé en présence de l’autorité de tutelle, de l’Inspection spéciale du travail et des représentants du personnel. Revenir sur ces accords est perçu comme une atteinte à la paix sociale et un affaiblissement du dialogue social.

La question de la représentativité syndicale est également soulevée. La confédération CGT-FL, présentée comme initiatrice du mouvement, ne compterait que cinq affiliés sur un effectif total de soixante-cinq agents à Port-Gentil. En l’absence de mandat clair, la direction estime que l’appel à la grève ne repose pas sur une base légale suffisante.

La dette salariale est de 18 mois et non 19

S’agissant des arriérés de salaires, la CNNII réfute les chiffres avancés publiquement. La dette salariale réelle s’élèverait à dix-sept mois, avec un seul mois de retard actuellement. L’entreprise dénonce la diffusion d’informations qu’elle juge inexactes et de nature à attiser les tensions.

Enfin, la direction s’inquiète des entraves à la liberté de travail observées sur le site, notamment l’absence de service minimum et les pressions exercées sur les agents non grévistes, mettant en péril la continuité d’un service public essentiel. Face à la gravité de la situation, le directeur général, Alexis Mpiga, est attendu à Port-Gentil dans les prochains jours pour rencontrer les cinq grévistes et engager un dialogue franc, dans l’intérêt de l’entreprise et des usagers.

 
GR
 

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