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Quelques semaines après la modification du Code pénal ayant permis d’entériner la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, le Collectif des Anciens, Cadres, Notables et dignitaires de la République s’est exprimé, le 25 juillet dernier, sur cette question, invitant au stricte «respect des valeurs héritées de nos aïeux à l’esprit et à la lettre de la loi fondamentale».

Les Dignitaires de la République ont appelé, le 25 juillet 2020, au respect de valeurs héritées de nos aïeux. Ils rejettent certaines dispositions du nouveau Code pénal, notamment celle dépénalisant l’homosexualité.  © D.R.

 

Visiblement, certaines dispositions du nouveau Code pénal, à l’exemple de la dépénalisation de l’homosexualité ou la condamnation à de lourdes peines d’amende et d’emprisonnement pour toute personne contestant la filiation d’autrui, passent mal au sein de l’opinion. Le Collectif des Anciens, Cadres, Notables et dignitaires de la République s’est exprimé, le 25 juillet dernier, sur ces modifications du Code pénal.

Conscients de leur mission, celle d’être «la mémoire et la conscience de la nation gabonaise, en leur qualité de dépositaire des valeurs éthiques et morales des communautés nationales», Eloi Rahandi Chambrier, ancien président de l’Assemblée nationale, Emile Kassa Mapsi, ancien Vice-président du Sénat, Essima Ossé, ancien Vice-président de l’Assemblée nationale, Henri Jobé, pionnier de la diplomate gabonaise, Jean Eugène Kakou Mayaza, ancien ministre, Jean Ernest Olivera, ancien directeur de l’administration centrale, Paul Malékou, ancien membre de la Cour constitutionnelle, ont décidé de prendre position dans ce débat qui clive la société gabonaise.

S’appuyant sur l’article 1er de la Constitution qui stipule que chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger la Constitution, ce collectif fait remarquer que «les déviances et autres vices inhérents à la faiblesse individuelle de chaque être humain ne sauraient être érigés en principes juridiques qui leur soient contraires». Ces personnalités ont lancé un appel solennel au président de la République, au Premier ministre et aux membres de son gouvernement pour les inviter instamment «à revenir au strict respect des valeurs héritées de nos aïeux, à l’esprit et à la lettre de la loi fondamentale». Ceci, non sans s’adresser également aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale à qui il a été demandé de «revenir sur cette délibération». Le président et les juges de la Cour constitutionnelle, le président et les membres du Conseil national de la Démocratie (CND) ont également été interpellés par ce collectif. Les Dignitaires de la République les invitent à «apposer une fin de non-recevoir sans équivoque à toute action qui serait ouverte devant leurs instances en se fondant sur lesdits textes querellés». 

Si les membres du collectif ont salué la position prise par les autorités morales et religieuses, traditionnelles, chrétiennes ou musulmanes, en condamnant tout azimut les articles querellés, les sages ont averti ceux qui ont voté pour : «le crime de haute trahison sanctionné par la Constitution est également justiciable devant le tribunal des hommes et de l’histoire».

 
GR
 

6 Commentaires

  1. Elvis Eya dit :

    Je comprend pas pourquoi ce débat sur la dépénalisation de l’homosexualité persiste. C’est pas comme si on avait introduit dans notre code civil, des dispositions favorables aux mariage entre individus de meme sexe. Parceque, c’est quand les maires commenceront à celebrer ce genre d’union qu’on devrait réellement commencer à gronder sur nos parlementaires. En outre , l’homosexualité est une identité, le resultat des influences socio-culturelles découlant du contact avec le reste du monde, par consequent, un article du code pénal ne suffirait pas pour stopper cela.

  2. Lavue dit :

    Mon cher Elvis Eya,
    comme beaucoup d’autres, vous semblez n’avoir pas compris le fond du débat. Je vous reprends simplement ci-après ce passage de l’article, si vous parvenez à le comprendre, vous aurez tout compris dans ce débat: «les déviances et autres vices inhérents à la faiblesse individuelle de chaque être humain ne sauraient être érigés en principes juridiques qui leur soient contraires».
    Il ne s’agit pas d’arrêter l’homosexualité, mais plutôt d’introduire dans la loi fondamentale des comportements contraires à nos valeurs ancestrales et à la normalité universelle. Depuis quand deux êtres de même sexe (même chez les animaux) s’accouplent? L’homosexualité doit être reconnue comme une déviance, un dysfonctionnement comportemental et restée marginale.Il s’agit de protéger nos enfants et la société de modèles contraires aux valeurs éthiques, morales et culturelles qui sont les nôtres. Par conséquent il faut punir ceux qui pratiquent ouvertement l’homosexualité. Au Gabon ce phénomène existe fortement dans les cercles du pouvoir, sans que les auteurs en soient pour le moins du monde inquiétés, et maintenant on voudrait qu’il pénètre le reste de la société, pour faire comme les « frères lumières » occidentaux. C’est ça le dessein des initiateurs de cette loi. Eh bien non! Il faut s’y opposer. C’est pas dur à comprendre ça.
    Et qu’est-ce que vous entendez par l’homosexualité est une identité?
    Quand des sujets sont haute portée il vaudrait mieux prendre le temps de bien comprendre ce qui est en jeu avant de s’exprimer avec légèreté. Rassurez-vous, je peux également comprendre que tout le monde ne perçoive pas la profondeur d’une telle question.

    Merci.

    • Nzuinguiri dit :

      Lavue, bien parlé et bien dit. Nous comprenons, par certaines positions défendues en faveur de leur nouvelle loi, qu’ils sont nombreux. Et le pire, c’est qu’ils voudront, demain, adopter nos enfants. Alors question: Pourquoi, tant qu’ils y sont, n’arrivent-ils pas à procréer entre homosexuels?

      • Elvis Eya dit :

        On se comprend pas#Lavue. Je questionne l’efficacité d’une loi pénale dans la lutte contre l’homosexualité au Gabon et non la profondeur de la question homosexuelle. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul à comprendre ce sujet( d’ailleurs je vous informe qu’on ne retrouve pas les homos que dans les cercles du pouvoir et rien ne prouve qu’au Gabon tout est parti des ces cercles du pouvoir comme vous êtes entrain de le soutenir. Quand vous comprendrez cela, vous comprendrez en quoi, l’homosexualité est une identité. Quoi, Il a fallu qu’on pénalise et qu’on dépénalise tout suite pour commencer à voir la solution dans là pénalisation ? Non mon chère, pour bien combattre un mal il faut d’abord en connaître les causes, d’où je parle d’identité et d’influence socio-culturelle avec le reste du monde. Question: Vous pensez que la télévision par exemple joue quel rôle dans la perversion de nos enfants? Une loi pénale changera quoi à ce risque de perversion de notre enfant si malgré ladite loi, l’enfant s’expose toujours à des programmes TV montrant en abondance des hommes qui se caressent et s’embrassent entre eux? Quoi,c’est vraiment la pénalisation qui changera nos mentalités? Que je sache, il est aussi question d’intimité,alors on fera comment pour attraper les délinquants homosexuels?

  3. beka dit :

    Apparemment, ce débat que nous souhaiterions tous voir se clore par un prompt revirement de nos élus, semble disposé à se prolonger par un interminable échange totalement inutile. Notre ami Lavue a tout dit à ce sujet, lui qui justifie entre autres, le sens de cette inutilité du débat à l’heure actuelle.
    Je suis d’accord avec lui en effet, pour dire que « ce phénomène existe fortement dans les cercles du pouvoir ». Ce qui signifie que ceux qui décident aujourd’hui, par rapport à cet aspect de la question, ne peuvent plus et ne voudront plus se prononcer contre leurs propres intérêts, en dépit de tous les appels lancés vers eux par des hommes et des femmes de bonne volonté et de toutes les obédiences religieuses et culturelles du Gabon. On s’aperçoit et on peut dire, à travers cette espèce de fanatisme inexplicable, qu’il s’agirait d’une décision dont ils caressaient l’envi depuis des lustres.
    Je me dis qu’il s’agit aussi, finalement, d’une procédure qui suit son cours normal, pour finir très prochainement par la légalisation du mariage homosexuel au Gabon. Qui pouvait nous dire, il y a quelques mois seulement, qu’après sa condamnation par des textes juridiques, l’homosexualité serait autorisée moins d’un an plus tard au Gabon? Ces parlementaires qui ont levé leur doigt dans ce sens, savent-ils à quoi ils exposaient notre pays ? Le Gabon semble avoir signé à cette occasion, son éradication de la surface du globe.
    En effet, avec une démographie rampante au départ, comment le futur Gabon entend-il promouvoir les naissances sur son territoire peuplé d’hommes mariés entre eux et de femmes mariées entre elles ? On ne peut, dès lors, s’empêcher de suspecter un agenda caché dans cette espèce de scénario conduisant à la désertification démographique du territoire gabonais. C’est sur cette question-là que devraient commencer à cogiter sérieusement les Sages aujourd’hui.
    Quant à leur déclaration, j’aurais souhaité réellement qu’elle aborde tous des sujets de ce type, qui constituent une sérieuse menace pour l’existence future du Gabon. Je pense par exemple à la dépénalisation de l’adultère. Une question sérieuse également, pour la stabilité des foyers à travers le territoire national, pour l’unité et la sérénité des couples. Ce texte de loi traduit-il pour ses auteurs, l’amour de notre Nation ou son implosion à travers celle de tous les couples ? Une chose est certaine, de la dépénalisation de l’homosexualité à celle de l’adultère, selon les autres Africains, les Gabonais ont fait la démonstration du peu de cas qu’ils font de leurs traditions et de leur culture.

  4. Serge Makaya dit :

    Sylvia Bongo-Valentin a une sœur transexuelle. Tout vient de là. C’est à nous de dire à Sylvia Bongo que le Gabon n’est pas et ne sera jamais la France. L’Europe est peut-être en déclin, mais pas l’Afrique.

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