HABANA

A l’issue d’un accord tripartite (Gabon-Congo-HCR), le gouvernement gabonais a mis fin, le 31 décembre 2011, au statut de réfugiés et demandeurs d’asile ressortissant du Congo Brazzaville et établis au Gabon depuis la guerre civile de 1997 et 1999. Pour ceux en attente de réinstallation au Congo un délai de quatre vingt (80) jours leur avait été accordé pour rejoindre leur destination après avoir bénéficié d’un premier délai expiré depuis juillet dernier.

Face à ce délai l’expiration dont l’expiration approche, les réfugies congolais établis au Gabon ne savent plus à quel autorité se vouer. Une situation qui suscite des incompréhensions entre ces derniers et le Haut commissariat pour les réfugies (HCR).

«Le gouvernement gabonais avait donné un délai assorti au HCR de 80 jours, afin que les réfugies demandeurs d’asile restent à leur disposition. Nous venons au siège de l’HCR parce que l’expiration du délai s’approche. Nous demandons alors au HCR ce qu’il faut faire, puisque nous sommes encore sur le territoire gabonais», a confié un réfugié congolais rencontré au siège du HCR à Libreville.

Le gouvernement gabonais a ensuite mis en garde l’ensemble des personnes concernées par cette décision qui, passé ce délai, doivent présenter un titre de séjour ou un document justifiant de leur présence en terre gabonaise.

«Nous souhaitons que le HCR prennent des dispositions pour nous déplacer du Gabon pour éviter certains dérapages qui viendront après l’expiration du délai», a lancé le même réfugié en guise d’exhortation à l’endroit de l’organisme onusien, chargé de leur protection.

Plusieurs options avaient été présentées par la commission tripartite chargée du dossier en vue de permettre et de favoriser un retour volontaire vers le Congo, ou le changement de statut vers celui d’immigrant à travers l’acquisition de la carte de séjour pour ceux désireux de s’installer au Gabon. Au-delà des délais accordés par les autorités gabonaises pour l’application de ces options, tout réfugié est considéré en situation illégale.

«Il y avait l’option de retour volontaire et 708 personnes ont pu être assistés pour rentrer au Congo où un programme de réinsertion a été mis en place par le gouvernement congolais en partenariat avec le HCR au Congo. Et il y avait une autre option, mise en place par le gouvernement gabonais, celle du changement de statut de réfugié par celui de migrant par la concession de la carte de séjour, et 1566 personnes ont pu acquérir des cartes de séjour, donc ont eu le statut de résidant», a déclaré Saoudatou Bah Mamsare, chargée protection HCR.

«Il y avait également l’option de solliciter l’exemption (demander l’exception de l’application de la close de cessation) parce qu’on estime que nous avons encore besoin de la réalisation d’un certain nombre de besoins, de la protection internationale continue. Ceci concerne ceux qui veulent encore conserver leur statut. Ce processus a été également suivi et il y a au moins dans le groupe 12% qui ont vu leur statut reconduit, donc il y a encore quelque réfugiés congolais dont le statut a été reconduit et en même temps il se trouvait qu’il y avait un groupe qui était dans une procédure de réinstallation dans un pays tiers», poursuit-elle.

Selon la ministre congolaise des Affaires sociales, Émilienne Raou, «le gouvernement congolais et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont préparé un plan de contingence pour l’accueil et la réintégration des réfugiés congolais en provenance du Gabon. Le coût de ce plan est estimé à 11,5 millions de dollars américains».

 
GR
 

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