Le corps d’Ulda Mbadinga, policier de l’Unité spéciale d’intervention (Usi), a été retrouvé sans vie le 20 mars 2021 aux abords d’une rivière dans l’arrière-quartier du PK9 à Libreville. Les versions et spéculations vont bon train sur cette mort, d’abord présentée comme une noyade en état d’ivresse.  

Le brigadier de police Ulda Mbadinga a été retrouvé mort, samedi dernier, dans la broussaille des arrières-rues du PK9. © Gabon Matin

 

Comme devenu de coutume, tout le monde ayant un smartphone, les réseaux sociaux ont essaimé, dès le samedi 20 mars dernier en matinée, des photos d’un policier mort gisant dans la broussaille, sur la berge d’une rivière située au PK9, à Libreville. À ses côtés, sur les lieux du drame, quelques effets personnels : jaquette de service, badge d’immatriculation, casquette, béret, chargeur de talkiewalkie Motorola, etc. Agent en service à l’Unité spéciale d’intervention (Usi), l’infortuné se nomme Ulda Mbadinga.

Un message audio ayant également largement circulé donne la version d’une policière, du moins de quelqu’un se présentant comme tel. Pour celle-ci, le policier revenait d’une visite chez sa mère et était en état d’ébriété fort avancé. La forte pluie de la veille ayant rendu les pistes glissantes, Ulda Mbadinga aurait patiné, serait tombé dans la rivière et se serait noyé. « On ne l’a pas agressé », soutient la policière anonyme. Sa version ne tombe pourtant pas sous le sens du fait que le courant de la rivière aurait dû entrainer et fait disparaitre tous les effets trouvés à ses côtés. L’hypothèse devrait être balayée par les agents de la Police judiciaire (PJ) arrivés sur les lieux pour enquête. Selon l’hebdomadaire Gabon Matin, « le policier portait des traces de violence à divers endroits, notamment au visage ». Ceci laisse « penser qu’Ulda Mbadinga aurait été tué puis jeté par son ou ses agresseurs dans la broussaille où son corps a été retrouvé inerte», estime l’Agence gabonaise de presse (AGP).

Pour sa part, focusgroupemedia va plus loin livrant une version plus anecdotique : selon la concubine du policier mort, celui-ci aurait reçu un appel téléphonique d’urgence annonçant que « sa mère venait de faire une attaque ». Du fait de l’heure -19h-, il aurait endossé son uniforme pour circuler librement sous le couvre-feu. La mère n’ayant en réalité eu aucun malaise, « les autres membres de la famille ont commencé à acculer les frères du défunt sur la raison de ce coup de fil mystérieux ». La fratrie a été conduite à la police pour interrogatoire lié à l’enquête avant d’être relâchée.

Selon focusgroupemedia, Ulda Mbadinga venait d’accéder à un crédit bancaire en vue de la construction d’une maison. Il faisait pourtant la fête avec cet argent. « Généreux, il était devenu le ’’papa dollar’’ pour ceux qui avaient la chance de croiser son chemin », notent nos confrères. Voulait-on le délester d’une somme qu’il aurait retiré à la banque dans la matinée du jour de sa mort ?  Ulda Mbadinga se serait-il véritablement noyé et remonté de la rivière par des sauveteurs préférant l’anonymat pour s’éviter des problèmes ? les marques de violence sur son visage serait-elles consécutives à sa chute dans la rivière ? S’agirait-il d’un braquage ayant mal tourné ou d’un règlement de comptes ? Seule l’enquête ouverte par la PJ pourrait y répondre. Mais, la police communique-t-elle jamais sur une enquête à caractère interne ? En tout cas, la famille du mort et l’opinion publique aimeraient comprendre.

 
GR
 

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