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Réclamant 5 ans de salaires impayés pour certains et 10 ans pour d’autres, les enseignants de l’Institut de technologie d’Owendo (ITO) ont lancé un mouvement de grève le 27 juillet avec à la clé, la mise sous scellé du portail et certaines salles de classe. A coup de machettes, les responsables administratifs ont brisé ces scellés jugeant la grève inopportune.

Ce 28 juillet la grève s’est poursuivie à l’ITO. © D.R.

 

Après un préavis de grève sans succès, les enseignants pré salariés et non-salariés de l’Institut de technologie d’Owendo (ITO), situé en plein cœur du Lycée technique national Omar Bongo (LTNOB), ont décidé le 27 juillet d’employer la manière forte pour se faire entendre : une grève générale.

Les banderoles érigées par les enseignants à l’ITO. © Gabonreview

Accumulant 5 ans de salaires impayés pour certains et 10 ans pour d’autres, ils réclament la régularisation de leurs situations administratives. Lassés, ils ont érigé des barricades devant le portail de l’établissement avec à la clé, des scellés à l’entrée des salles de classe. «Nous avons déposé un préavis de grève où nous avons clairement listé les griefs. Mais malheureusement, on ne nous a pas appelés pour qu’on s’asseye et qu’on entame ensemble une démarche collective en vue de résoudre cette situation», a expliqué Dieu Merci Mvett Obiang, l’un des grévistes.

«Il faut rappeler que cette situation dure déjà depuis 10 ans pour certains et 5 ans pour d’autres. Donc nous travaillons sans être salariés alors que nous savons que le secteur de l’Education est prioritaire en matière de recrutement», a-t-il ajouté. «Nous, nous travaillons comme ça et on nous demande de faire preuve de patriotisme. On l’a fait et on a prouvé qu’on est capable d’enseigner des années durant sans être rémunérés. Mais à un moment donné, la corde fini par lâcher», a-t-il ajouté. Face à lui et ses collègues, l’administration ont jugé le mouvement d’humeur inopportun. Ils ont brisé les scellés placés par les enseignants en colère. «Le problème c’est la lenteur administrative», a déclaré le directeur général de l’ITO

Les banderoles érigées par les enseignants à l’ITO. © Gabonreview

«Et aujourd’hui, tout le monde sait que le gouvernement est dans les négociations avec les partenaires sociaux et donc nous comprenons ces enseignants et on a eu une réunion personnellement avec eux pour leur faire part de notre démarche et une réunion est attendue très rapidement», a fait savoir Christian Mouity. Selon lui, les mouvements intervenus au niveau du gouvernement impliquent la mise en place des équipes qui devraient se pencher sur cette question. «Le directeur général de l’Enseignant supérieur nous a dit d’attendre. Donc cette grève, est une grève inopportune» a-t-il soutenu, indiquant que l’heure est à la mise en œuvre du programme du gouvernement en cette période de crise sanitaire due au Covid-19. «Nous disons aux jeunes enseignants d’être patients», a-t-il dit à l’endroit des enseignants qui assurent que leur mouvement n’est pas un caprice mais l’expression de leur mal-être.

Créé par décret N°01499/PR/METFP du 20 décembre 2011, l’ITO est un établissement d’enseignement supérieur public à caractère professionnel placé à l’époque sous la double tutelle des ministères de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle et celui de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Il prépare en deux ans aux diplômes de Brevet de technicien supérieur (BTS) et aujourd’hui, sa tutelle pose également problème.

 
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3 Commentaires

  1. moundounga dit :

    Bjr. Quel merdier bon Dieu. Amen.

  2. Afrika Obota dit :

    Mais comment peut-on accepter de rester cinq ou dix ans sans salaire? Toujours cette mentalité d’esclave que je dénonce; l’argent en question est sorti du Trésor Public, un ministre l’a mis dans sa poche. Sachez que vous n’aurez rien du tout sauf si vous adhérez à la révolution. Engagez l’épreuve de force sinon tant pis pour vous.

  3. Mexx dit :

    Comment dire quon fasse 10 ans sans salaries alors que linstitut a été crée qu en 2011?

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