Jeunesse à la dérive : le projet d’Oligui Nguema de «former le citoyen modèle» est-il voué à l’échec ?
Violences en milieu scolaire, vente et consommation de stupéfiants dans l’enceinte et aux abords des établissements, comportements déviants sur les réseaux sociaux pour le buzz… la jeunesse gabonaise semble aller à la dérive. Pourtant, beaucoup, y compris au sommet de l’État, croient pouvoir rattraper ces jeunes compatriotes pour en faire des citoyens exemplaires, au moment où se construit «la République nouvelle». Le ministère de l’Éducation nationale et celui de la Culture, à travers leurs entités spécialisées, ont reçu instruction de redresser la barque.

La ministre d’Etat à l’Education nationale, Camelia Ntoutoume Leclercq, au contact des élèves du lycée Georges Mabignath, le 10 novembre 2025. © D.R.
La montée en puissance des violences en milieu scolaire et d’autres dérives, dont certaines relayées sur les réseaux sociaux depuis des semaines, l’avaient contraint à réagir en fin octobre dernier par un message prônant la tolérance zéro face aux actes d’incivisme enregistrés au sein et aux abords des établissements, particulièrement à Libreville. Brice Clotaire Oligui Nguema avait alors enjoint les autorités gouvernementales concernées, ainsi que la justice, à assumer pleinement leurs responsabilités avec fermeté. Depuis, l’incarcération de plusieurs jeunes compatriotes ces derniers jours témoigne de la mise en œuvre effective des instructions présidentielles. Cela, malgré quelques résistances, comme en témoigne l’affaire Warren, marquée par une gestion controversée du dossier par la juge des mineurs, aujourd’hui suspendue.
Au gouvernement, les choses bougent également. Ce lundi 10 novembre 2025, Camelia Ntoutoume Leclercq a présidé la cérémonie de levée des couleurs au lycée Georges Mabignath. Dans cet établissement, théâtre récent d’un incident impliquant des élèves, la ministre d’Etat à l’Éducation nationale a sensibilisé sur les violences en milieu scolaire. «J’ai saisi cette occasion pour rappeler aux élèves l’importance de la responsabilité individuelle et collective face aux actes de violence en milieu scolaire, et pour les encourager à privilégier le respect, la discipline et la paix au sein de leurs établissements», précise-t-elle.
Appel à un «sursaut civique collectif»
La seule présence de la ministre de l’Éducation nationale sur le terrain ne suffira malheureusement pas à endiguer le phénomène, même si beaucoup estiment que son initiative est louable. Le chef de l’État attend du gouvernement d’autres actions. Il attend notamment «un effort soutenu d’éducation et de formation civique», révèle le communiqué du Conseil des ministres du 23 octobre dernier. Brice Clotaire Oligui Nguema a en effet «appelé à un sursaut civique collectif».
Pour ce faire, le président a annoncé le renforcement de la Direction générale de l’Éducation populaire au ministère de la Culture, ainsi que de la structure chargée de l’instruction civique au ministère de l’Éducation nationale. L’objectif : «former le citoyen modèle de la République nouvelle, conscient de ses droits et de ses devoirs».
Sur les réseaux sociaux, certains se sont déjà engagés à soutenir la vision du président de la République, affirmant qu’il est encore possible de redresser la barque, pour empêcher la jeunesse gabonaise de chavirer.
Au Palais, on rappelle que l’ambition du «patron» est de «bâtir un Gabon exemplaire, discipliné et prospère, où la vertu civique et l’exemplarité publique guideront l’action nationale, pour une République digne, forte et respectée».
















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