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Dans une lettre à leur juge d’instruction, les détenus Kelly Ondo, Ballack Obame et le gendarme Gilles Yoka se plaignent des maltraitances que leur fait subir un gardien. En détention préventive depuis plus d’un an et huit mois pour être liés de près ou de plus loin au putsch manqué du 7 janvier 2019, les trois prévenus sont par exemple privés de téléphone et ont été placés en isolement sans motifs apparents, sinon ethniques. Ils demandent à la magistrate d’intervenir – demande qui a été entendue.

Parce qu’il est du Haut-Ogooué, le gardien de prison se sentirait le «le droit de tuer», et semblerait animé d’une haine envers les Fangs – ethnie à laquelle appartiennent les trois prévenus. © Gabonreview/Shutterstock

 

Ce gardien de prison « a presque décidé de faire de notre affaire son problème personnel en s’animant de ce fait d’un esprit de vengeance », ont écrit, depuis la prison de Libreville, Kelly Ondo, Ballack Obame et Gilles Yoka, dans une lettre manuscrite datée du 20 octobre. Le texte décrivant des actes malveillants et injustes de ce surveillant est adressé à la juge d’instruction du 4e cabinet du tribunal de première instance de Libreville. Ayant pour initiales H.M., ce gardien est en poste à l’annexe 2, où sont enfermés depuis le 7 février 2019 les trois prévenus en attente d’un jugement pour atteinte ou complicité d’atteinte à la sûreté de l’État.

Mises en isolement jusqu’à cinq mois

Citant quelques exemples d’actes d’injustice de la part dudit gardien, les trois prisonniers parlent de mises en isolement sans raison apparente. « Ballack Obame fut sa première victime lorsqu’un jour il décida de le mettre en cellule sans motif », est-il écrit dans la lettre. Du 7 au 19 février 2020, le civil Ballack Obame avait donc été placé à l’isolement, avant d’en sortir grâce à l’intervention de la juge d’instruction. « Puis Kelly Ondo et Yoka Gilles : il les mit en cellule (d’isolement) toujours sans motifs, sinon sous motifs fallacieux. (…) Ils y passèrent cinq mois encore certainement sans que vous ne le sachiez », écrivent les auteurs de la lettre.

Interdiction de téléphoner depuis leur entrée en prison

« Non content ni satisfait de tout le mal qu’il nous afflige physiquement et moralement, le voilà qui nous prive toujours jusqu’alors du droit d’appeler nos parents comme tous les autres détenus », relatent les trois prisonniers.

Le confinement a aggravé leur souffrance car ils sont, comme tous les détenus, privés des visites de leurs proches depuis plus de sept mois. « Il dit que la raison de notre interdiction d’appeler viendrait de vous. Selon lui, il reçoit les ordres et les exécute. Nous doutons de ses allégations (…) Nous savons qu’il utilise votre nom pour mieux nous faire du mal». En effet, les sept autres prévenus arrêtés suite à la tentative de soulèvement du 7 janvier 2019, mais situés dans des annexes où H.M. n’opère pas, ne subissent pas les mêmes maltraitances. De plus, « vous nous avez déjà dit à nous personnellement et à nos avocats que vous avez envoyé un document au directeur pour nous autoriser à joindre nos familles. Nous savons donc que ce qu’il fait sur nous est une supercherie ». Les trois prisonniers le soupçonnent d’avoir détruit des courriers qui passent par lui.

Relents tribalistes et surprise du juge

Le surveillant pénitentiaire tiendrait par ailleurs des propos tribalistes, à en croire Kelly Ondo, Ballack Obame et Gilles Yoka. Parce qu’il est du Haut-Ogooué il se sentirait le « le droit de tuer », et semblerait animé d’une haine envers les Fangs – ethnie à laquelle appartiennent les trois prévenus.

H.M. dit agir au nom de la juge d’instruction, ou de la ministre de la Justice – ce que les trois prisonniers ne croient pas. Dans leur lettre, ils demandent donc à la magistrate d’intervenir « avant qu’il ne soit trop tard ». Après réception dudit courrier, la juge a convoqué Ballack Obame mardi au tribunal, a appris Gabonreview. Elle s’est montrée surprise de ses révélations… d’autant plus surprise qu’elle avait déjà demandé il y a plusieurs mois la levée de l’interdiction de téléphoner à la direction de la prison. La juge a relancé les procédures pour faire cesser ces injustices.

Déjà maltraités par le passé

Le gendarme Gilles Yoka, le civil Ballack Obame et le militaire de la Garde républicaine (GR) Kelly Ondo sont entrés à la prison centrale le 7 février 2019. Ils étaient avec l’Adjudant de la GR Dimitri Wilfried Nze Minko, l’Adjudant de la GR Estimé Bidima Manongo, le Sergent-chef de gendarmerie Alain Abdel Ango, l’Adjudant de gendarmerie Paul Sadibi Ibinga, le Maréchal de logis de la gendarmerie chef major Armelle Ulrich Afana Ango, le Maréchal de logis de la gendarmerie chef Bell Mfoumbi Wora et le Maréchal de logis de la gendarmerie chef Guy Roger Mintsa.

Dès leur arrivée en prison, les dix détenus avaient déjà subi des actes contraires aux droits de l’homme. Ils avaient en effet été isolés pendant six mois dans des cellules insalubres de 9 mètres carrés et privés de visites – sauf de celles de leurs avocats. Avant cette épreuve, en garde à vue au service de contre-ingérence du B2, les trois membres de la Garde républicaine avaient été torturés, brûlés à l’eau chaude.

Détention illégale

Les trois militaires de la GR, les six gendarmes et le civil Ballack sont écroués depuis plus d’un an et huit mois à la prison de Libreville, sans avoir été jugés et encore moins condamnés. La loi prévoit pourtant un placement sous mandat de dépôt d’un an maximum, renouvelable six mois sur demande du procureur. Après un an et demi de détention préventive, un dernier renouvellement de six mois peut se faire, si le juge d’instruction saisit la chambre d’accusation, qui doit donner son accord. Toutes choses qui n’ont pas été respectées, selon leur avocat Me Jean Paul Moumbembe, qui avait introduit une requête le 19 août, demandant leur libération.

La défense de Ballack Obame affirme même depuis avril que ce dernier devrait être mis en « liberté d’office », du fait de deux vices de procédures dans le traitement de son dossier au tribunal.

 
GR
 

8 Commentaires

  1. Gayo dit :

    Le contraire aurait surpris dans un pays dirigé par un animal sans scrupule et de la pire espece. Puisse Dieu nous délivrer de l’oppression des Bongo.

  2. Gayo dit :

    Je suis sur que ce sont les premiers les altogoveens zélés qui sont a la manoeuvre pour faire souffrir des innocents qui agissent par souci de justice et de liberté.

    • Gayo dit :

      J’ai écrit que les maltraitance venait des altogoveens apres seulement avoir lu le titre. En effet, la violence les plus abjecte et incomprehensible dans les regimes illégitimes et dictatoriales sont souvent principalements menées par des animaux sans cervelle et sans moralité et qui souvent agisse sur le seul réflexe identitaire. Le réflexe identitaire sert tous les regimes contestés, on le voit aujourd’hui en Cote d’Ivoire. Et il est souvent d’une telle sauvagerie que les episodes du Rwanda et autres peuvent nous rappeler jusqu’où ca peut aller.

  3. Gayo dit :

    Je ne suis pas sur que si la juge n’est pas du Haut-Ogooué qu’elle ait le pouvoir de faire cesser ces attrocités. Au Gabon les responsables administratifs n’ont pas les pouvoirs de leurs titres devant certains altogoveens proches du regime. Nous savons tous que face a de tels agissement, cet homme altogoveen n’a plus sa place parmis nos gardiens de prison. A quand des forces de l’ordre républicains, servant la patrie et non un parti ou un individu? Cela n’existera jamais aussi longtemps qu’Ali Bongo et sa famille permettront tout a leurs supporters surtout altogovens: crimes, fraude, corruption et toutes sortes de violations parce qu’ils n’aiment que l’argent de ce pays sans ses habitants.

  4. Je tais avec monsieur yoka Gilles à la prison centrale de Libreville et je jamais vue de souffrance en vais Luis donc tous ces bêtises arrête mais y a celemant un problème ce que il nais pas encore juge donc tous que je demande ce de le juge et il n’était pas en isolement il était à la 2 bloc numéro 7 chefs de brigade lieutenant Mansourah.

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