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Outrée par le lynchage, en janvier dernier, de deux compatriotes accusés de kidnapping, et méfiante devant la masse d’informations et de versions diffusées sur les réseaux sociaux après ce malheureux évènement, Lucie Milebou-Mboussou, la présidente du Sénat a exhorté le gouvernement à mettre en place un dispositif permettant d’alerter en temps réel sur les cas d’enlèvement.

Pour une meilleure réaction du gouvernement face au phénomène d’enlèvements, le Sénat préconise la mise en place d’un dispositif d’alerte officielle. © Gabonreview

 

Plus d’un mois après le lynchage à Libreville de deux Gabonais accusés de kidnapping d’enfant, le Sénat a exprimé récemment son souhait de voir changer les choses, notamment dans la réaction du gouvernement en cas d’enlèvement. À la faveur de l’ouverture, lundi 2 mars, de la 1ère session ordinaire de l’année courante, Lucie Milebou-Mboussou a exhorté le gouvernement à mettre en place «une véritable communication d’alerte en temps réel».

L’idée de la présidente du Sénat est de fournir aux populations l’information juste et officielle «chaque fois qu’il y a des disparitions de personnes». L’objectif étant, selon elle, de se mettre à l’abri des rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux, souvent source de psychose au sein de l’opinion. «Les différentes sources d’information, souvent contradictoires, ne permettent pas toujours, de se faire une idée objective», déplore-t-elle, non sans inviter les autorités à veiller à ce que «les enquêtes aboutissent afin de rassurer nos populations ; et si coupables il y a, que force reste à la loi».

La solution envisagée par Lucie Milebou-Mboussou pourrait s’apparenter au dispositif «Alerte-Enlèvement» mis en place par la France en février 2006, lui-même copié sur le modèle de l’alerte Amber en cours aux États-Unis et au Canada. Il s’agit d’une alerte officielle diffusée sur plusieurs canaux (télévision, radio, panneaux d’affichage, etc.) en cas d’enlèvement supposé de mineur. Ce dispositif changerait des alertes plus ou moins justifiées diffusées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines.

 
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1 Commentaire

  1. bill ngana dit :

    A mon humble avis, c’est une bonne suggestion. Mais les réalités du terrain permettent-elles d’envisager la prospérité d’une telle idée dans notre pays, dont certaines régions sont des zones d’ombre téléphoniques ? Il faut dire aussi que, là à Nkembo par exemple, tout près du Sénat, les citoyens se font agresser au su et au vu des agents de police, qui préfèrent tourner leur regard ailleurs. Il s’agit d’un phénomène que tout le quartier connait et dénonce ouvertement. Dispositif d’alerte ? Pour quoi faire ? Quand on alerte la police ou la gendarmerie d’un méfait au quartier, au téléphone, la réponse est habituellement : « pas de carburant ». Cette réplique usuelle ne risque-t-elle pas de devenir la même dans des situations d’enlèvements et expliquerait en grande partie la justice expéditives des habitants ? Un dispositif d’alerte suppose par ailleurs des moyens idoines et conséquents. Si le gouvernement les met en place comme tout le monde peut s’y attendre, ne risquent-ils pas d’être utilisés à d’autres fins ?

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