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Sept ans après son premier, le jeune cinéaste gabonais Amédée Pacôme Nkoulou a présenté en avant-première, mercredi 12 janvier à Libreville, son second court-métrage «La cour du Roi», une diatribe cinglante sur la préservation de l’héritage culturel gabonais face à l’hypermodernisation.

Le réalisateur et les acteurs au terme de la projection, le 12 janvier 2022, à Libreville. © Gabonreview

 

Le cinéaste gabonais Amédée Pacôme Nkoulou. © Gabonreview

Nouvelle réussite pour Amédée Pacôme Nkoulou. Le jeune cinéaste gabonais, auteur d’un premier court-métrage de fiction «Moane-Mory» sorti en 2014, revient sept ans après avec une nouvelle œuvre du même format projetée mercredi en avant-première à l’Institut français du Gabon (IFG), à Libreville : «La cour du Roi».

Coproduit par l’Institut gabonais de l’image et du on (Igis) et les boîtes privées Pas Comme Les Autres Films et Princess-M Production, le dernier court-métrage d’Amédée Pacôme Nkoulou a été écrit sur près de trois ans dès 2015. Le tournage qui «s’est fait dans des conditions difficiles» est intervenu en 2020, en pleine crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus. 25 minutes durant, le réalisateur (et scénariste) plonge le spectateur dans les déboires de Tara (interprété par Christian Ngouah-Beaud), un vieil homme, artiste et passionné de culture, qui tente de s’opposer à la destruction par le gouvernement de la cour dont il est locataire et qui recèle plusieurs œuvres.

Tara (interprété par Christian Ngouah-Beaud). © Gabonreview

Un coup de gueule ?

À y regarder de près, «La cour du Roi» est en réalité un coup de gueule de son auteur sur la question de la préservation de l’héritage culturel gabonais. À travers le personnage de Tara, le scénariste fait parler sa crainte face à l’absence d’«archivage» constaté dans de nombreux pays africains, dont le sien. «J’avais envie de faire un film qui questionne la nécessité de protéger notre patrimoine culturel, notamment à travers la construction d’un conservatoire», à l’exemple de celui qu’envisage de construire Tara à la place de sa cour présentée par l’auteur comme «un lieu de création et mémoire».

«Il y a un déficit mémoriel dans ce pays, regrette Christian Ngouah-Beaud. Ce film jette un regard fugace sur ce qui existe, qui a existé et qui risque de disparaitre à cause de la trop grande volonté des autorités de détruire les lieux de culture pour finalement proposer la déconstruction à la place de la reconstruction.»

À la suite de cette première projection à Libreville, «La cour du Roi» devrait être présenté lors de certains festivals prévus cette année, aussi bien sur le continent qu’en dehors.

 

 
GR
 

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