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Le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a récemment évoqué l’impact de la pandémie dans la sous-région. Selon Daniel Ona Ondo, la Cemac a enregistré une récession de 2,1% en 2020 et ses perspectives macroéconomiques sont très incertaines, en dépit de mesures de relance des économies de la sous-région.

Le professeur Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac. © D.R.

 

Alors que le monde se remet petit à petit des contrecoups du Covid-19, le président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) s’est prononcé sur l’impact de la pandémie dans la sous-région. Selon Daniel Ona Ondo, les mesures restrictives prises par les gouvernements d’Afrique centrale pour faire face à la pandémie ont engendré la morosité de l’activité économique et accentué les inégalités et l’extrême pauvreté.

«Sur le plan macroéconomique, malgré les mesures de soutien prises aux niveaux national et régional couplées avec les facilités offertes à l’international, la Cemac a enregistré en 2020 une récession de 2,1% contre une croissance initialement projetée à 3,3%, en lien avec une forte contraction de la demande globale. Pour 2021, les perspectives macroéconomiques sont très incertaines. Elles seraient, une fois encore, profondément impactées par la trajectoire que prendra la pandémie dans les mois à venir ainsi que l’efficacité des mesures de soutien et de relance», a déclaré le président de la Commission dans un récent entretien au magazine Monde-Afrique.

Des mesures à court, moyen et long terme pour relancer l’économie

© D.R.

Daniel Ona Ondo explique qu’en dépit de cette incertitude, l’Afrique centrale a mis en œuvre des mesures de relance de ses économies. Ces mesures sont organisées selon une périodicité de court terme et de moyen terme. Il s’agit notamment de renégocier des nouveaux programmes avec le Fonds monétaire international (FMI) ou proroger les programmes de première génération en cours, tout en tenant compte des nouvelles priorités nées de la propagation de la pandémie du Covid-19 ; veiller à l’application de façon plus vigoureuse, des dispositions prévues par la nouvelle règlementation des changes en matière de rapatriement des recettes d’exportation et de transferts.

Par ailleurs, la restauration de la solidité du cadre macro-économique, parallèlement à la pleine opérationnalisation du nouveau dispositif de convergence régionale est la priorité des États dans l’optique d’une surveillance régionale plus ferme et plus rapprochée. Dans ce cadre, il est notamment recommandé aux États de «réviser toutes les mesures budgétaires extraordinaires prises pour faire face à la crise sanitaire et économique une fois celle-ci estompée, afin de remettre les finances publiques sur une trajectoire viable à moyen terme», a indiqué Daniel Ona Ondo.

Sur le long terme, explique le professeur de sciences économiques, les États de la sous-région envisagent des mesures structurelles, visant l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance ainsi que la diversification de la base productive. Lesdites mesures préconisent, entre autres, l’amélioration des indicateurs en matière «de facilité à faire les affaires» : transfert de titre de propriété, création d’entreprises, obtention du permis de construire, règlement de l’insolvabilité, etc.

Les conflits armés, une plaie dans la sous-région

Au cours de son entretien, Daniel Ondo est également a également été amené à aborder la question sécuritaire, qui demeure un enjeu majeur en Afrique centrale. «La Communauté est encore confrontée aux défis sécuritaires majeurs. Cette situation résulte principalement de la persistance de conflits dans lesquels l’imbrication des enjeux géostratégiques, politiques, économiques et militaires s’affirme comme caractéristique dominante. Les traditionnelles menaces de nature étatique se doublent de danger d’origines variées, provenant d’organisations transnationales du crime, du terrorisme ou tout simplement d’une économie de guerre et de prédation», a-t-il expliqué.

Pour lui, il ne fait aucun doute que «les conflits conduisent à une destruction ou une dévalorisation du capital physique (infrastructures, équipements), du capital humain ainsi que du capital social qui repose sur la confiance, les règles ou les réseaux de relations». De fait, Daniel Ona Ondo a estimé que les États d’Afrique centrale «devraient prendre ce problème à bras le corps et l’inscrire en première ligne de l’Agenda sous-régional».

 
GR
 

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