Pour son avenir socioéconomique, le Gabon a officiellement lancé, ce vendredi 3 juillet, soit 20 ans après le dernier, le Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2026, consacré au thème «Jeunesse, employabilité, entrepreneuriat et développement humain». La cérémonie, présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a réuni les plus hautes autorités gouvernementales, dont le vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, la ministre de la Planification, Louise Pierrette Mvono, ainsi que la représentante résidente du PNUD, Rokya Ye-Dieng. Le rapport, «porteur d’un message d’espoir», «rappelle que la jeunesse n’est pas seulement un défi à gérer, mais une formidable opportunité à soutenir».

Présidée par le vice-président de la République Alexandre Barro Chambrier, la cérémonie, a réuni les plus hautes autorités gouvernementales, dont le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, la ministre de la Planification Louise Pierrette Mvono, ainsi que la représentante résidente du PNUD, Rokya Ye-Dieng. © GabonReview

 

Vingt ans après la dernière édition en 2006, le Gabon, via le ministère de la Planification et de la Prospective et l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a lancé, ce vendredi 3 juillet, un nouveau Rapport national sur le développement humain (RNDH). Articulé autour du thème «Jeunesse, employabilité, entrepreneuriat et développement humain»,  ce rapport, dont la cérémonie de présentation a été présidée par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, en présence du vice-président de la République, Alexandre Barro Chambrier, marque le retour stratégique d’un outil d’aide à la décision destiné à orienter les politiques publiques dans un contexte de mutation économique, démographique et sociale. Il ambitionne également de faire de la jeunesse le principal moteur de la transformation économique, sociale et territoriale du pays, tout en orientant les futures politiques publiques vers un développement plus inclusif, durable et équitable.

Revenu national brut par habitant a reculé de 31 % entre 1990 et 2022

En ouvrant les travaux, Hermann Immongault a rappelé que cette réflexion s’inscrivait pleinement dans la Vision Gabon 2050, sur le Plan national de croissance et de développement (PNCD 2026-2030), sur les Objectifs de développement durable (ODD) et l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA). Face à une jeunesse qui représente plus de la moitié de la population gabonaise, il a insisté sur la nécessité de rapprocher les formations des besoins réels du marché du travail et de faire de l’entrepreneuriat un puissant levier de création de richesse. «La jeunesse gabonaise est notre force vive, notre potentiel créatif et notre moteur de croissance. Nous devons briser l’inadéquation entre les formations et les besoins du tissu productif local et faciliter l’accès aux opportunités entrepreneuriales», a-t-il fait savoir.

Clichés du lancement du RNDH 2026, 20 ans après. © GabonReview

Il a rappelé la tenue prochaine des grandes assises de «l’École des compétences» destinées à proposer des solutions concrètes et chiffrées pour améliorer l’employabilité des jeunes.

Le rapport dresse cependant un constat contrasté. Si le Gabon affiche un Indice de développement humain (IDH) de 0,733, le classant au 108e rang sur 193 pays et au premier rang en Afrique centrale, avec une progression de 46 % de son IDH entre 1990 et 2023, il met également en évidence des fragilités persistantes. Le chômage des jeunes demeure élevé malgré une population relativement instruite, tandis que le revenu national brut par habitant a reculé de 31 % entre 1990 et 2022. L’étude souligne également les fortes disparités entre les territoires et entre les sexes. Les jeunes femmes et les populations, vivant hors de l’Estuaire, rencontrant davantage de difficultés d’accès à l’emploi.

Parmi les principales recommandations figurent la réforme de la formation professionnelle, le renforcement du tissu productif hors secteur extractif, la territorialisation des politiques de l’emploi, le soutien aux très petites entreprises et une meilleure implication des collectivités locales dans le développement économique.

«Investir dans les jeunes est le meilleur investissement qu’une nation puisse faire»

Pour la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, ce rapport constitue avant tout un outil d’aide à la décision destiné à améliorer l’efficacité de l’action publique. «Vingt ans après le dernier rapport national sur le développement humain, cette nouvelle édition traduit la détermination du gouvernement à mieux comprendre les dynamiques sociales, économiques et humaines afin d’apporter des réponses plus adaptées aux attentes des populations», a-t-elle indiqué. Elle a souligné que le développement humain ne pouvait plus être évalué uniquement à travers les performances économiques, mais devait également prendre en compte la qualité de vie, l’inclusion sociale, les perspectives offertes aux jeunes et la valorisation du capital humain. Selon elle, les enseignements du rapport permettront d’alimenter la mise en œuvre du PNCD et d’orienter des politiques publiques davantage fondées sur des données fiables et des analyses objectives.

Même optimisme du côté du PNUD. Sa représentante résidente, Rokya Ye-Dieng, a qualifié ce rapport de véritable «outil de dialogue, de plaidoyer et d’aide à la décision». Elle a insisté sur le fait que la jeunesse ne devait plus être perçue comme un problème à gérer, mais comme la principale opportunité de développement du Gabon. «Le Gabon dispose d’une jeunesse ambitieuse et créative. Pourtant, elle rencontre encore de grandes difficultés pour accéder à des emplois et créer des entreprises viables. Investir dans les jeunes est le meilleur investissement qu’une nation puisse faire», a-t-elle fait savoir. Elle a plaidé pour un meilleur accès au financement, une gouvernance plus favorable à l’initiative privée et à un environnement propice à l’entrepreneuriat.

Outre le diagnostic, le Rapport national sur le développement humain 2026 propose ainsi une véritable feuille de route fondée sur cinq axes majeurs : réformer la formation, améliorer l’insertion professionnelle, transformer l’entrepreneuriat de nécessité en entrepreneuriat de valeur, diversifier l’économie à partir des territoires et renforcer la gouvernance locale, avec l’ambition de faire du capital humain le socle de la prospérité du Gabon.

 
GR
 

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