HABANA

Commémorée chaque année le 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle a été célébrée à Libreville le 20 février. Organisée par l’ONG Omanda, en collaboration avec l’association Osons léguer notre héritage, cette année l’idée était de repenser la promotion des langues maternelles en prônant leur apprentissage dès la petite enfance.

Au centre de cette édition, les enfants ont fait des scènes en langues vernaculaires. © Gabonreview

 

« Vive nos langues maternelles ». C’est sous cette thématique nationale que l’ONG Omanda et l’association Osons léguer notre héritage ont célébré la Journée internationale de la langue maternelle ce 20 février, au musée national. Soutenus par le ministère de la Culture, l’Unesco et le groupe Bolloré comme sponsor officiel, les organisateurs de cette journée ont réaffirmé leur engagement en faveur de la valorisation et la préservation de la diversité culturelle tout en invitant les décideurs politiques, les éducateurs, les enseignants et les parents à prendre part à cette entreprise.

Le directeur du musée national (au centre), le coordonnateur de l’ONG Omanda (gauche) et la représentante du ministère de la culture (droite). © Gabonreview

«Aujourd’hui nous prenons de plus en plus conscience que les langues jouent un rôle déterminant dans le développement d’une société», a déclaré le coordonnateur de l’ONG Omanda. Cette journée a mis un accent particulier sur les enfants et les jeunes comme maillon de sauvegarde du patrimoine, apprentissage des langues y compris leur transmission. Si le Bureau de l’Unesco de Libreville salue l’initiative, les organisateurs de cette journée estiment qu’il est nécessaire voire impératif pour le Gabon de redoubler des efforts, afin de faire vivre les langues maternelles. «Nous sommes conscients des difficultés de promouvoir toutes les langues maternelles du pays mais au même rythme qu’elles sont marginalisées se sont les cultures qui meurent», a dit le coordonnateur de l’ONG Omanda. Selon Rodriguez, c’est tout l’enjeu de la promotion de ces langues.

Pour leur sauvegarde, a-t-il indiqué, l’une des stratégies consisterait à introduire l’apprentissage et l’usage des langues vernaculaires chez les jeunes, notamment à l’école. «Le meilleur moyen de faire vivre nos langues, est de les parler au quotidien d’où l’introduction dans le système éducatif», a-t-il dit. «Nous proposons également d’accorder un statut à nos langues», a fait savoir Rodriguez dont l’ONG songe à l’imposition d’une amende lors de l’utilisation de la langue officielle (français) pendant la célébration des mariages coutumiers.

«Le multilinguisme est au cœur des communautés autochtones et des ethnies minoritaires du Gabon. La langue est un vecteur de valeurs et d’affirmation des identités primordiales car chaque langue est le reflet d’une culture. Il est plus qu’urgent de repenser l’apprentissage et l’usage des langues maternelles pour préserver le patrimoine culturel immatériel, la diversité linguistique. Renforçons l’introduction des langues maternelles dans le programme scolaire pour que vive nos langues», a-t-il conclu.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Le Patriote dit :

    Pauvres mouanas, ils ont déjà du mal à assimiler la langue de Molière dont dépend tout leur avenir dans ce monde dominé par le colon blanc. S’il faut encore les perturber avec ces dialectes, ils ne vont plus s’en sortir. Commencer d’abord par vous émanciper vous-mêmes de la françafrique, ensuite vos patois deviendront importants.
    Conseil : dans une république, il faut toujours élargir la concertation avant de prendre une décision.

    • Maïga dit :

      Je ne suis pas du tout d’accord avec votre pensée @Le Patriote car le fait de parler la langue maternelle n’exclut pas l’apprentissage du français. Je vais vous prendre l’exemple des jeunes Ghanéens qui, dès le plus jeune âge (dès qu’ils sont en âge de parler), s’expriment d’abord dans leur langue maternelle. A Acrra, par exemple, c’est le TWI. L’Anglais ne leur est enseigné qu’à l’école à partir de 3 ou 4 ans. Mais à la maison, et dans les interactions sociales avec les autres Ghanéens, c’est uniquement le TWI. Si tu entends un Ghanéen parler l’Anglais, c’est qu’il s’adresse à un étranger. Et pourtant, malgré ça, tous les Ghanéens que j’ai pu côtoyer à ACRA lors de mon séjour là bas s’expriment très bien en Anglais. Alors je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas appliquer ces mêmes principes ici.

    • NGOMAH dit :

      Le Patriote est apatriote.

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