Langues nationales : un virage stratégique pour l’école gabonaise
La ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, a présidé, le 14 novembre dernier, une réunion du Comité technique chargé du déploiement conjoint du programme Ifadem-Elan (Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres – Ecole en langue nationale) (Precilang). Il est question de valoriser le patrimoine linguistique national tout en renforçant les compétences pédagogiques.

L’ex-ministre de l’Education nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, et les membres du Secrétariat exécutif du Precilang, le 14 novembre 2025. © D.R.
Le Comité national de déploiement conjoint du programme Ifadem-Elan (Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres – École en langue nationale) (Precilang) était à pied d’œuvre, le 14 novembre dernier, à Libreville. Présidée par la ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclercq, qui a par la suite démissionné conformément à la loi, à la suite de son élection à la députation, cette rencontre a été l’occasion d’installer dans ses fonctions, le Secrétaire exécutif du Precilang.
Valoriser les langues locales et améliorer les performances scolaires
Cette structure, qui sera dirigée par Joachim Ondjila, va mettre en œuvre ce projet dont l’ambition est de renforcer les compétences pédagogiques, valoriser les langues locales et améliorer les performances scolaires. Et ce, dans le but de promouvoir une éducation de qualité, inclusive et multilingue, adaptée aux réalités locales.
Fruit d’une collaboration entre l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), ce programme comprend deux volets complémentaires : l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (Ifadem), pour la formation à distance des enseignants, et l’Ecole en langue nationale (Elan) dédié à l’enseignement des langues nationales, en soutien au français. Ce dernier entend promouvoir l’usage conjoint des langues africaines et de la langue française afin d’améliorer la qualité et l’efficacité de l’enseignement primaire.
Consolider la cohésion nationale par la valorisation de nos langues
Camélia Ntoutoume-Leclercq a insisté sur la portée symbolique et stratégique de cette opération : «Cette initiative consacre l’engagement inébranlable du gouvernement à consolider la cohésion nationale par la valorisation de nos langues, pilier de notre identité. C’est le moteur de notre vision stratégique pour un système éducatif inclusif et un rayonnement culturel accru».
Le plan d’action 2025-2026 prévoit la mise en œuvre d’un chronogramme d’activités dans tous les bassins pédagogiques. Ce qui représente une phase d’importance vers l’intégration progressive des langues nationales dans les programmes officiels.
Standards de qualité, approche pluridisciplinaire et interculturelle
Secrétaire exécutif du projet, Joachim Ondjila a, pour sa part, souligné l’importance de l’engagement des autorités gabonaises pour ce projet. «L’engagement du Gabon, formalisé par la lettre de manifestation d’intérêt, traduit notre volonté d’aligner notre système éducatif sur des standards de qualité, en intégrant une approche pluridisciplinaire et interculturelle», a-t-il expliqué. La démarche rejoint les efforts d’autres pays africains ayant adopté l’intégration progressive des langues nationales dans les écoles pour renforcer la cohésion sociale et préserver les identités culturelles.
Le Dr Sabrina Kaba, experte de l’OIF, a rappelé les défis restants malgré un taux d’alphabétisation élevé. «Malgré un taux d’alphabétisation élevé, plusieurs défis persistent, notamment l’abandon scolaire, les disparités régionales, l’insuffisance dans la formation des enseignants et l’absence d’intégration des langues nationales dans l’enseignement. Une mission exploratoire menée en mars 2025 a permis d’établir un diagnostic partagé», a-t-il relevé.
Les échanges ont aussi porté sur la préservation des cultures ancestrales, la promotion du patriotisme et la lutte contre les violences scolaires. Les autres volets d’Elan sont le renforcement des capacités des enseignant(e)s, personnels d’encadrement pédagogique et décideurs politiques; la conception d’outils pédagogiques et didactiques adaptés à l’enseignement bi-plurilingue pour l’ensemble du cycle primaire ; la sensibilisation et le soutien à la recherche-action.
















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