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Annoncée et reportée plusieurs fois, l’inauguration de la mosquée dédiée aux musulmans de la confrérie des Mourides du Gabon a finalement eu lieu le vendredi 30 novembre 2012. Située dans le quartier Montagne Sainte, ce lieu de prière est érigé en hommage au fondateur de ce courant islamique, Cheick Amadou Bamba.

L'une des salles de prière de la mosquée Cheikh Amadou Bamaba de Libreville - © D.R.

L’inauguration de ce lieu de culte s’est déroulée dans la capitale gabonaise en présence de plusieurs autorités gabonaises et sénégalaises. Serigne Mame Mor Mbacké, petit-fils de Cheik Ahmadou Bamba et responsable de la grande communauté mouride faisait partie de ceux qui ont fait le déplacement de Libreville. C’est d’ailleurs ce dernier qui a procédé à la coupure du ruban symbolique aux côtés du ministre sénégalais de l’Énergie et des Mines, Aly Ngouille Ndiaye, du président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Gabon, Iman Ismaël Oceni Ossa, de Seynabou Gaye Touré, ministre délégué chargé des Sénégalais de l’extérieur, ainsi que d’Ali Akbar Onanga, secrétaire général adjoint de la présidence de la République gabonaise.

Inauguration de la mosquée Cheikh Ahmadou Bamba  à Libreville le 30 novembre 2012 - © D.R.L’événement a été célébré comme un grand hommage à Cheick Ahmadou Bamba, mais au-delà, il fut question du raffermissement des relations entre le Gabon et le Sénégal. Aux yeux des protagonistes, la déportation de Cheikh Ahmadou Bamba au Gabon ne fut pas un simple hasard. Car, pour l’iman Ismaël Oceni, «Cela a permis à deux pays africains éloignés par la distance et le climat de se rapprocher davantage». A sa suite, le ministre sénégalais de l’Énergie et des Mines a déclaré que «la construction de cette mosquée montre que l’Islam a toute sa place au Gabon. Cette mosquée appartient à tous les musulmans. Si elle se trouve dans son emplacement actuel, c’est qu’un travail de dialogue a été fait et réussi entre l’administration gabonaise et la colonie sénégalaise implantée au Gabon».

Inauguration de la mosquée Cheikh Ahmadou Bamba  à Libreville le 30 novembre 2012 - © D.R.Bâtie sur une superficie de plus de 1 000 m2 et comportant deux salles de prières ainsi qu’une résidence pour l’imam qui y est affecté, cette mosquée est érigée sur un lieu qui compte beaucoup pour la communauté mouride vivant au Gabon. Anciennement occupée par des missionnaires catholiques (d’où le nom de Montagne Sainte), cette zone abritait aussi une garnison où Cheikh Ahmadou Bamba fut interné durant son séjour à Libreville. Construite grâce aux dons des Mourides du Gabon, la mosquée aurait coûté plus de 800 millions de francs.

Soulignons que le Mouridisme a été fondé par Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927) au Sénégal dans un contexte perturbé par la colonisation. Pour réformer la société, il prôna l’orthodoxie envers les enseignements du Coran et de la tradition du prophète Mahomet, l’attachement aux préceptes du soufisme et la valorisation de la science et du travail. Ouvertement anticolonialiste, il fut arrêté par les autorités coloniales qui l’enfermèrent dans la prison de Saint-Louis, siège du gouverneur de l’Afrique occidentale française (AOF) puis envoyé en exil, en 1895, au Gabon. Cheikh Ahmadou Bamba reviendra à Dakar en 1902, après 7 ans et 9 mois d’exil à Mayombe, au cœur de la forêt équatoriale gabonaise.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Nelson Mandji dit :

    Ça c’est l’histoire du Gabon. Le fondateur de cette version de l’Islam n’aurait sans doute jamais existé sans l’existence de ce pays de l’Afrique des forêts profondes, où la la France colonisatrice envoyait tous ses colonisés indésirables, y compris Samori Touré dont le tombeau est aujourd’hui perdu sur une petite île de l’Ogooué à Ndjolé. 

    Heureusement qu’au delà de nos cartes de séjour aux cautions exorbitantes, les autres peuples d’Afrique n’ont pas oublié. Samori Touré n’étant pas un chef religieux, rien ne lui sera dédié au Gabon. On l’a oublié. Pourtant la France n’a pas oublié le capitaine gabonais Ntchoréré à qui un hommage est rendu chaque année, pas chez nous mais dans l’Hexagone. 

    Notre pays devrait un peu reconnaitre sa vocation panafricaine et ne pas oublier. Il faut, au regard de notre histoire, que le coût de la carte de séjour s’abaisse. Sinon, nous ne sommes que des renégats cupides qui s’enrichissent sur le dos de nos frères africains.

     Longue vie à cette mosquée que le Gabon des musulmans alimentaires aurait dû construire.

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