Le rapport Afrobarometer 2020 paru le 15 septembre relève que 62% des Gabonais soit 6 personnes sur 10 s’estiment «pas très libres» ou «pas du tout libres» de s’exprimer, notamment en ce qui concerne les questions politiques.

En termes de liberté d’expression, le rapport Afrobarometer 2020 indique que plus de 62% de Gabonais ne sont «pas très libres» ou «pas du tout libres». © D.R.

 

Le rapport 2020 d’Afrobarometer a été livré, le 15 septembre. Selon ce rapport, «plus de 6 Gabonais sur 10 (62%) disent être «pas très libres » ou « pas du tout libres » de dire ce qu’ils pensent». Dans la même veine, ils souhaitent bénéficier du droit de dire ce qu’ils pensent, notamment en ce qui concerne le domaine politique. Le rapport précise que malgré une légère baisse (de 7 points de pourcentage) depuis 2017, cette perception de manque de liberté est plus élevée qu’en 2015 (52%).

En effet, les plus instruits (64%), les jeunes (69% de 26 à 35 ans), et les citadins (64%) ont plus tendance à s’estimer privés de liberté d’expression que les moins éduqués (47%), les personnes d’âge mur (50% de 46 à 55 ans), et les habitants des zones rurales (50%). Les plus démunis (65%) et les plus nantis (61%) pensent de la même manière en ce qui concerne la liberté d’expression.

Toutefois, «près de 9 Gabonais sur 10 (88% » déclarent qu’ils doivent «souvent» ou «toujours» faire attention à ce qu’ils disent sur le plan politique». Le Gabon se classe deuxième sur 18 pays africains par rapport à cette prudence requise. Par contre, deux tiers (65%) des Gabonais disent être libres d’adhérer à la formation politique de leur choix. Encore plus (71%) affirment leur liberté de choisir pour qui ils votent.

Pour ce qui est de la proportion de Gabonais en faveur de la liberté des médias, elle est passée de 61% en 2017 à 81% en 2020. Mais en pratique, souligne le rapport, plus de trois quarts (78%) des répondants estiment que la presse au Gabon n’est «pas très libre» ou «pas du tout libre» de publier sans censure du gouvernement. Sur 18 pays interrogés, le Gabon se classe deuxième dans la perception d’un manque de liberté des médias.

Si «la majorité (58%) des Gabonais s’opposent à l’interdiction des nouvelles, informations, ou opinions que le gouvernement désapprouve», la même proportion (57%) affirme que le gouvernement devrait pouvoir interdire des critiques ou injures à l’encontre du président.

Au regard de ces tendances lourdes, Afrobarometer affirme qu’«après près de trois décennies de cheminement démocratique, les Gabonais s’attendent à une plus grande liberté d’expression, la condition nécessaire pour apaiser le climat politique, encourager les jeunes et les populations marginalisées à la participation politique, et consolider la démocratie gabonaise».

 Afrobarometer est un réseau panafricain  non-partisan de recherche par sondage qui produit des données fiables sur les expériences et évaluations des Africains relatives à la démocratie, à la gouvernance, et à la qualité de vie.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Gayo dit :

    Les personnes les moins éduquées, les plus pauvres et ceux en zone rurales ne sont pas conscients du monde dans lequel ils vivent et ses enjeux et défis, ils ne sont pas conscients de la position de leur pays et des risques qu’il encourt, pas conscient des responsabilités de leur gouvernants pour a sécuriser leur avenir et celle de leurs enfants dans un monde en perpétuelle mutation. Cette pauvreté, cet ignorance, cet inculture permet à Ali d’être elu dans l’Ogooué Ivindo, province la plus pauvre donc regroupant un taux élevé de personne sans éducation et sans culture, dans le Haut-Ogooué et l’Ogooué Lolo, arriere pays ou les population moins cultivées n’ont pas conscience de tout ce qu’implique le destin d’un pays et l’avenir des générations futures. Merci a l’ignorance, a l’inculture et a la pauvreté de permettre à Ali d’avoir quelques voix qui lui rendent le travail de la fraude plus facile. Parce que jamais, même avec la Fraude Ali ne pourra gagner dans l’Estuaire, le Moyen-Ogooué et le moyen-Ogooué province ou il y a un taux plus élevé de personnes intellectuellement, politiquement et culturellement éveillée. C’est pourquoi le suffrage universelle directe en Afrique est une aberration quand on sait que la plus grande marge des électeurs ne savent pas ce qu’implique leur vote pour eux-même et pour leur pays. Un contrat qui devrait être frappé de nullité car en réalité la partie la plus importante du peuple ne connaît pas les clauses.

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