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La capitale gabonaise a perdu 70 hectares (ha) de mangrove entre 2017 et 2020, équivalant à 136 terrains de football. Cette destruction est consécutive aux activités humaines principalement liées aux projets immobiliers.

Libreville a perdu 70 hectares de mangrove entre 2017 et 2020. © pmdstatic.net

 

Revendiquant un certain leadership dans la préservation des écosystèmes, le Gabon n’est pourtant pas exempt de tout défaut en la matière. Du fait des activités humaines principalement liées aux projets immobiliers, la capitale gabonaise a perdu près de 70 hectares (ha) de mangrove entre 2017-2020. Soit l’équivalent de 136 terrains de foot ! Les ONG ont relevé cette destruction au niveau de trois arrondissements de Libreville : dans le premier arrondissement avec 37,23 ha, le cinquième avec 21 ha et sixième avec 8,67 ha.

La mangrove est un écosystème de marais ncluant un groupement de végétaux spécifiques principalement ligneux, ne se développant que dans la zone de balancement des marées, appelée estran, des côtes basses des régions tropicales. Ces zones ont un rôle essentiel, aussi bien physique qu’écologique, dans la conservation des littoraux tropicaux. La mangrove possède également une valeur refuge significative et abrite une grande biodiversité animale. Certains poissons viennent s’y reproduire, d’autres y assurent leur croissance.

«Créer une zone protégée pour préserver le littoral»

La destruction de ces écosystèmes est néfaste car ils assurent la protection du littoral contre l’érosion et les inondations, la production d’espèces à valeur économique (espèces pêchées) et la protection de la biodiversité marine au potentiel touristique important. «Ce qui est en danger à travers la destruction des mangroves dans la zone d’Idolo (au nord de Libreville, NDLR), c’est notre environnement», a regretté le président de l’ONG Actions citoyennes pour le développement local (ACDL) dans un article paru sur Afrik21 le 30 avril.

«Ces mangroves servent de veille d’eau à ces intempéries marines et par rapport au changement climatique, elles jouent un rôle de biofiltre», a souligné Paul Kopedina Itanguino. Au Gabon, les constructions anarchiques le long du littoral sont pointées du doigt comme étant la principale menace de l’écosystème de mangroves. C’est le cas notamment dans l’estuaire du fleuve Komo qui entoure Libreville. «Des spéculateurs immobiliers pensent que pour avoir des loyers suffisamment élevés il faut avoir des lotissements sur le littoral», déplore le secrétaire exécutif de l’ONG Brainforest. «Malheureusement, ces projets immobiliers ont un impact considérable sur les écosystèmes marins», a alerté Marc Ona.

Si en 2020 le gouvernement a pris certaines mesures pour conserver la mangrove, la destruction de celle-ci persiste. Face à cette triste réalité, les défenseurs de l’environnement ont demandé aux autorités de «créer une zone protégée pour préserver le littoral et en faire un sanctuaire pour la faune et la flore».

 
GR
 

2 Commentaires

  1. diogene dit :

    Sans plan d’urbanisation la ville s’étend et la mangrove dépérit.

    Le ramassage des ordures faisant défaut, les riverains déversent leurs déchets dans les cours d’eaux etc…

    La mangrove est polluée !

  2. le nouveau dit :

    A coté de Nyonié la mangrove a été saccagée sur des dizaines d’hectares par des projets immobiliers immondes et inaboutis
    Quand jugera t’on les criminels ?

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