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Cinq ministres dont leur patronne, des sénateurs, des députés, et le maire de Libreville passent tous les jours sur le boulevard Triomphal Omar Bongo où un lac se forme depuis un moment à chaque pluie. Ils semblent tous indifférents à la dégradation de l’infrastructure routière, comme si l’entretien des égouts et caniveaux nécessitait une technologie trop compliquée ou pas encore inventée. L’émergence à la gabonaise fonctionne.

Scène ordinaire d’un pays en voie de sous-développement. © Gabonreview

 

Savoir-faire antique amenée à sa forme actuelle depuis le 12è siècle par les Romains, l’égout et le caniveau semblent être, pour les autorités gabonaises, une technologie du 5è millénaire. Il leur faut, visiblement, 2000 ans encore et plusieurs centaines de réincarnations pour en maîtriser l’entretien, aussi bien en surface qu’en profondeur. Sinon, comment expliquer la multitude d’espaces publics inondées à Libreville, à chaque pluie un peu forte pour défaut de canalisation ?

Boulevard Triomphal Omar Bongo, sortie du supermarché Mbolo, côté Africa N°1 : le spectacle de la honte. © Gabonreview

Depuis un moment notamment, sur le boulevard Triomphal Omar Bongo, à la sortie du supermarché Mbolo côté pharmacie Sainte-Marie ou Africa n°1, un horrible lac se forme à chaque pluie un tantinet importante. Tout dernièrement à cet endroit, un taxi dont le conducteur a sans doute sous-estimé la profondeur du lac artificiel, s’est noyé. L’automobile est restée dans l’eau une journée durant. L’apocalypse pour son propriétaire.

Passage quotidien de 5 ministres, de centaines de sénateurs et députés, et du maire de Libreville

Il y a que le boulevard Triomphal Omar Bongo est le plus grand et plus bel ouvrage routier jamais construit sous le «règne» du prédécesseur et père de l’actuel président de la République. Il y a que sur ce fleuron des voiries urbaines gabonaises passent, tous les jours, le Premier ministre, le ministre de l’Économie et de la Relance, le ministre des Eaux, des Forêts, de la Mer et de l’Environnement, le ministre du Pétrole, du Gaz et des Mines, le ministre de l’Emploi, de la Fonction Publique, du Travail et de la Formation professionnelle, Porte-parole du gouvernement, les sénateurs, les députés, et bien entendu le maire de Libreville. Tous indifférents, du haut de leur berlines et 4X4 rutilants.

Comment donc comprendre qu’en plein 21è siècle, l’égout et le caniveau soient aussi difficiles d’entretien qu’une technologie du 5è millénaire ? Et, le lac du boulevard Triomphal Omar Bongo côté Africa N°1 n’est pas un cas isolé. A chaque précipitation de nombreux endroits et espaces publics de Libreville se retrouvent inondés : le bord de mer sur la sortie du quartier Louis côté Cotton club ou Ex-Maringa, la zone industrielle, Batavéa, etc.

Des efforts ont été notés ayant permis de faire disparaitre le lac de l’avenue du Colonel Parant au centre-ville coté Bicig ou encore le lac éphémère sur le front de mer aux abords de la présidence de la République. Même si le fameux ‘’boulevard du triomphe des Bongo’’ est en chantier, nombreux sont les piétons et automobilistes qui pensent qu’il est urgent de récurer les égouts et caniveaux pour que disparaisse l’horrible inondation devant Africa N°1. Déjà, l’abandon de cette structure et son invasion par l’herbe sauvage livrent aux passants une image d’apocalypse. Faut pas en rajouter, quoi !

 

 
GR
 

2 Commentaires

  1. matho dit :

    C’est ça qu’on appelle un « coup de gueule »!

  2. Serge Makaya dit :

    Il faut rebaptiser toutes nos rues, villes ou édifices portant les noms de ces voyous de la république. Ça porte MALHEUR au pays, puisqu’ils sont eux-mêmes des gens de malheurs.

    Comment voulez vous qu’il puisse sortir quelque chose de bon chez des gens MAUVAIS ? Des gens MAUVAIS produisent du MAUVAIS uniquement. Ne vous attendez de rien de bon provenant de ces démons.

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