TATIE

 

L’ancien directeur de publication du quotidien l’Union, Albert Yangari, vient de mettre sur le marché un dictionnaire consacré aux noms Ungom, une ethnie du Gabon plus connue sous la dénomination d’«Akélé».

Albert Yangari, anthropologue et ancien directeur de la publication du quotidien national l’Union est l’auteur du dictionnaire des noms des personnes chez les Ungom. © D.R.

 

La littérature gabonaise vient de s’enrichir d’un nouveau dictionnaire consacré aux noms de la communauté Ungom au Gabon. Composé de 3 695 articles et fruit d’une collaboration entre l’anthropologue Albert Yangari et Paul Achille Mavoungou, maître de conférences à l’Université Omar Bongo, cette initiative se présente comme une contribution à la sauvegarde de la langue et de la culture Ungom, plus connue sous la dénomination d’ «Akélé».

La couverture du dictionnaire des noms des personnes chez les Ungom. © harmattan

Ce dictionnaire de 592 pages édité par l’Harmattan, dans la section études africaines, depuis le 6 juin, serait un véritable trésor qui permet d’explorer la mémoire ethnolinguistique du Gabon et ses richesses. «Ce dictionnaire de plus de 3 695 articles est le fruit d’une longue collaboration entre un anthropologue, fervent défenseur de sa langue maternelle, le mbahouin, un linguiste/lexicographe et de nombreux informateurs amoureux des différents dialectes de la langue ungom», témoigne son auteur, Albert Yangari.

Selon le Dr Johan du Plessis du bureau du Wat, ce dictionnaire traite du système de dénomination anthroponymique extrêmement complexe de l’Ungom. Il est complexe non seulement à cause de la variation dialectique de lʼUngom, mais aussi à cause des variations dans les noms. Ceci est amplement illustré par chaque article du dictionnaire.

«Les études onomastiques nous entraînent dans le passé, elles évoquent les origines des gens. Cela est illustré par la grande variété d’endroits où l’on retrouve des populations ungom au Gabon. L’onomastique suscite donc toujours la curiosité des gens, qu’il s’agisse des érudits ou des personnes ordinaires. Ainsi, il est tout à fait naturel que ce dictionnaire montre non seulement les résultats de la recherche des chercheurs qui ont entrepris une tâche formidable, mais qu’il serve également de livre de référence pour les personnes qui veulent en savoir plus sur les noms», souligne Johan du Plessis, dans sa préface.

«Voilà en effet un dictionnaire qui parle du fait «Ungom», c’est-à-dire d’une ethnie gabonaise qui ne peut être pensée ni sous les catégories de la géographie ni sous celles d’une affiliation. Il ne s’agit pas simplement de se souvenir de quelques grands noms que l’on considérait jusqu’ici comme ethniquement marqués, mais de donner à voir véritablement ce qui nous appartient et nous rassemble, nous qui aimons et habitons ce pays. Albert Yangari donne ainsi à voir ce qui se passe chez les Ungom comme le laboratoire vivant où s’esquissent les figures à venir de l’identité. Ne voit-t-il pas là un peuple qui, pour exister, a su s’allier avec d’autres, s’intégrer, prendre d’eux et en même temps continuer à être», s’avance le Pr Bonaventure Mve Ondo en postface.

Dans le cadre de la promotion de ce dictionnaire, son auteur fera un live, le 5 juillet 2020 à 16h, sur la page Facebook du Kiosque Okoumé pour accorder aux internautes une séance de questions réponses.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Merlyn Alfeiri dit :

    Merci Messieurs pour ce dictionnaire que vous mettez à notre disposition, il nous nous permettra de refaire un retour aux sources UNGOM, c’est un sentiment de fierté en tant que UNGOM, AKELE. Léböthö lé n’neinne(merci beaucoup).

  2. lavue dit :

    Dans un pays où les politiciens de pacotille ont perverti les valeurs, c’est bien de voir qu’il y a encore des personnes de grandes valeurs, conscientes de la place de la culture dans l’épanouissement et l’élévation des hommes et de la société. La culture est ressource qui ne peut s’acquérir avec le magot et les bien matérielles, mais avec l’investissement personnel. Une des raisons de la déroute des Emergents et des pseudo-gabonais ne provient-elle pas du déficit culturel de ces hauts dirigeants. Je crois que oui. En tout cas bravo à M. YANGARI.

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