Face à
l’acharnement du gouvernement à faire appliquer des mesures «impopulaires» de prévention, de lutte et de riposte contre la propagation du Covid-19, l’Union nationale (UN) a condamné, le 30 décembre, une posture qui s’apparenterait à une «volonté de confisquer l’espace public et civique tout en favorisant l’enrichissement illicite des acteurs en charge de la gestion de la crise sanitaire ».

Au premier plan, la vice-présidente de l’UN, Odette Jeanine Taty Koumba. © Gabonreview

 

Après une première sortie, à l’issue de la décision de la Cour constitutionnelle relative à l’arrêté N° 0559/PM du 25 novembre 2021, et suite à la saisine y consécutive du Copil citoyen, le parti de l’opposition présidé par Paulette Missambo s’est prononcé, le 30 décembre, sur ce que l’on pourrait qualifier d’acte 2 de la stratégie de mise en œuvre des «mesures restrictives imposées aux personnes non vaccinées».

Exprimant tout son soutien au Copil Citoyen, l’UN a déclaré se réserver le droit de se tenir aux côtés de ce mouvement citoyen, pour toutes les actions qu’il entreprendra dans le cadre de la défense des droits fondamentaux et libertés publiques ou individuelles.

« Si le caractère obligatoire de la vaccination ne saurait être accepté, lUnion nationale recommande néanmoins au gouvernement de poursuivre ou intensifier les campagnes de sensibilisation, de prévention et d’explications sur la vaccination, afin d’obtenir l’adhésion des populations face à une pathologie qui les menace directement », a indiqué la vice-présidente de l’UN, Odette Jeanine Taty Koumba, condamnant l’autoritarisme d’un gouvernement mu, selon elle, par la seule volonté de confisquer l’espace public et civique tout en favorisant l’enrichissement illicite des acteurs en charge de la gestion de la crise sanitaire.

Pour l’UN, si dans un premier temps les Gabonais ont accepté, bien qu’à contre-cœur, les premières mesures mises en place, ils se rendent bien compte qu’aujourd’hui le Covid-19 est devenu une source de revenus pour tous ceux qui ont en charge la gestion de cette pandémie et leurs proches, dont l’enrichissement effréné éclipse désormais l’objectif initial des mesures sanitaires. Le parti n’en veut pour preuve que le paradoxe du gouvernement pour qui cette pandémie a un caractère exceptionnel, alors que dans le même temps, sa prise en charge par l’Etat n’est pas à la hauteur de la gravité qu’il veut lui donner.

«Pour les tenants du pouvoir, la gestion de la Covid 19 a été transformée en une vaste mangeoire où chaque acteur, à l’endroit où il se trouve, se gave au détriment des populations, otages de cette situation. Et pendant que les services médicaux sont dépourvus de l’essentiel pour une prise en charge optimale des malades, les tenants du pouvoir se distribuent les marchés de gré à gré à coups de milliards, tels que celui de l’alimentation des malades de la Covid 19, confié à un restaurant bien connu de la place », a affirmé la vice-présidente et porte-parole 2 de l’UN.

Clarification sur la gestion de la crise sanitaire

La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement est en tout cas très largement critiquée par les partis d’opposition et les acteurs de la société civile. Pour ces derniers, cette pandémie qui fait moins mal à l’Afrique en général et au Gabon en particulier, est pour les dirigeants une opportunité en or de s’enrichir illicitement à travers le «Covid-Business».

Face à l’opacité financière qui entoure la gestion de la crise sanitaire ; au refus du président de l’Assemblée nationale de rendre public le rapport de l’enquête parlementaire demandé par le précédent Premier ministre, et à la difficulté du Fonds monétaire international à obtenir un rapport exhaustif de la gestion du prêt d’urgence de 28,7 milliards de francs CFA accordé au Gabon et décaissé en 2020, l’UN exige la publication des marchés attribués dans le cadre de la lutte contre le Covid 19.

Elle exige la liste des entreprises bénéficiaires de ces marchés, ainsi que les noms des propriétaires de ces entreprises ; la publication du rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur la gestion des fonds Covid 19. Le parti souhaite également connaître le coût réel des mesures prises par le gouvernement tout au début de la pandémie, à savoir, la prise en charge par l’État des factures d’eau et d’électricité, la gratuité des transports à Libreville, la mise en place d’une banque alimentaire.

« Le Gabon a perçu beaucoup de dons de pays amis. En plus de ces dons, sous prétexte de faire face à la crise, notre pays s’est lourdement endetté. Les retombées de ces dettes que nos enfants auront à rembourser ne se sont pas traduites dans la prise en charge des malades. Parce que le remboursement des dettes incombera aux générations futures, les Gabonais ont le droit de savoir comment l’argent public est dépensé. Ils ont le droit de se faire une idée du fardeau que le régime actuel lèguera à leurs enfants et petits-enfants et qui est susceptible d’hypothéquer leur avenir », a clamé Odette Jeanine Taty Koumba.

«Les Gabonais souhaitent retrouver une vie normale. Si la nécessité de continuer à observer les gestes barrières et le port du masque n’est plus à démontrer, ils n’entendent plus appliquer des mesures qui restreignent leurs droits et libertés ou les contraignent à une vaccination dont l’efficacité n’est pas prouvée. La plupart des scientifiques prédisent qu’il faut apprendre à vivre avec la Covid-19, ce qui signifie que le virus n’est pas prêt de disparaître», a conclu, la porte-parole 2 de l’UN. Elle a appelé le gouvernement à prendre des mesures qui garantissent les droits et libertés et assurent la protection aux citoyens. « Au-delà de sa gouvernance si décriée, le climat actuel est révélateur d’un profond malaise».

 
GR
 

1 Commentaire

  1. Lavue dit :

    Sans être un sympathisant de l’UN, car je ne crois pas que les fondateurs de ce parti soient très différents des cancres qu’on retrouve de plus en plus nombreux au sein du PDG. l’UN ici joue malgré tout son rôle de parti opposant, c’est ce qu’on attend d’un parti qui a l’ambition d’accéder un jour au pouvoir. Il faut dénoncer, mettre au grand jour les lacunes, les manquements, les détournements des deniers publics, les attaques aux libertés élémentaires en un mot l’incapacité à gouverner d’un système vieux et à bout de souffle et qui depuis 3 ans est décapité. Qui dirige vraiment ce pays? Tout le monde sait, et ce n’est pas un secret, qu’ALI BONGO n’est même pas à 30% de ses capacités, il inspire plus de la pitié qu’autre chose.
    L’opposition n’a pas besoin d’attaquer directement ce Monsieur malade, il suffit simplement de prendre clairement position contre les dérives des gens qui ont hérité du pouvoir d’ALI. A force de le faire, les populations finiront par comprendre et se mobiliseront pour une alternative. Celle-ci est ne nécessité absolue, car le PDG ne peut plus se réinventer, c’est aujourd’hui une grosse SECTE où chacun profite comme il peut pour s’en mettre pleins les poches. Le PDG doit mourir, il a fait plus que son temps.
    Que la société civile et les autres partis d’opposition restent lucides et mènent le bon combat, le reste suivra.

    Qui vivra verra!

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