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Revendiquant le paiement de la Prime de servitude diplomatique (PSD), non versée depuis sept semestres, le Syndicat des agents des Affaires étrangères (SAAE) a demandé, au terme d’une assemblée générale le 22 novembre, le départ du secrétaire général de leur ministère et du ministre des Affaires étrangères. Si celui-ci n’est arrivé à la tête du département que depuis mars dernier, le syndicat lui reproche une certaine arrogance. Ce qu’il en est réellement, selon les explications de part et d’autre.

La tête du ministre des Affaires étrangères, Michael Moussa Adamo, est mise à prix par le Syndicat des agents des Affaires étrangères (SAAE). © Gabonreview

 

Entre décision de faire une marche en direction la présidence de la République et demande du départ de Michael Moussa Adamo, le ministre des Affaires étrangères, ainsi que du secrétaire général dudit ministère, le Syndicat des agents des Affaires étrangères (SAAE) s’est réuni en en Assemblée générale extraordinaire le 22 novembre. Revendiquant principalement le paiement de la Prime de servitudes diplomatiques (PSD), le SAAE dit avoir déposé en septembre dernier, un dossier au Conseil d’Etat. Lequel, assure André Assou Allo le président du syndicat, «suit son cours normal». Le syndicat qui dit également avoir eu, durant cette période une séance de travail avec la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) quant aux revendications, dénonce «des manœuvres sordides de la tutelle».

A en croire le SAAE, le ministre Moussa Adamo et ses collaborateurs veulent «étouffer les revendications légitimes des agents». Les agents affiliés audit syndicat en veulent pour preuve, l’instauration par la tutelle, des listes de présence au poste. En période de grève générale illimitée, ils jugent la démarche «illicite» et contraire aux textes en vigueur en République gabonaise. Principalement, les dispositions de la loi n°1/2005 du 4 février 2005 portant Statut général de la Fonction publique. Notamment, en ses articles 54, 56, 57 et 58. D’où, la demande de la tête du ministre des Affaires étrangères et du secrétaire général dudit ministère.

Peine perdue ?

Contacté par GabonReview, un haut cadre du ministère trouve maladroite, la démarche du SAAE. La grève daterait de plusieurs années, mais depuis le 8 mars 2022, ces agents réclament 7 semestres d’arriérés de PSD. Autrement dit des arriérés datant d’environ trois ans et demi.

Cette prime, selon le haut fonctionnaire ayant opté pour l’anonymat, était alimentée par les recettes visas alors payées par des pays comme le Cameroun et autres de la sous-région. Les visas ayant été supprimés du fait de l’institution de la libre circulation des biens et personnes dans la CEMAC, cette prime, indique-t-il, a donc du mal à être payée. Par ailleurs, «plus de la moitié de ces agents ne viennent pas au travail. Ils viennent seulement tous les 3 mois manifester pour une prime», regrette le haut cadre, ‘vétéran’ du ministère. A l’en croire, ces agents sont pour la plupart des personnels de la main d’œuvre non permanente. A ce qu’il se raconte ça et là dans les couloirs du ministère, des réunions ont été convoquées pour trouver les moyens de pérenniser la prime revendiquée, compte tenu du nouveau contexte, mais le SAAE n’a pas adhéré à la démarche.

Pour un autre vétéran du ministère, cette grève est politique d’autant plus que ceux qui demandent la tête du ministre, auraient boycotté le comité mis en place pour gérer la problématique. «La PSD était payée par des recettes visas qui n’existent plus. Elle est revendiquée par des personnes qui ne viennent pas au boulot si ce n’est tous les 3 mois pour la réclamer», a insisté le haut cadre qui est tenté de croire que dans ce contexte, le syndicat n’aura pas gain de cause. Visiblement bien informé, un autre cadre, ancien diplomate revenu à la centrale (le ministère des affaires étrangères), rappelle que le SAEE revendique 7 semestres d’arriérés de primes, or le ministre actuel n’est là que depuis bientôt 2 semestres.

Le ministre des Affaires étrangères a mis en place un comité présidé par la ministre déléguée Yolande Nyonda. Objectif : étudier les voies et moyens pour trouver des sources de financement, réformer et pérenniser la PSD. «Et le Syndicat le sais très bien», souligne la même source. Dans les faits, la PSD n’était octroyée qu’aux seuls fonctionnaires de la centrale et pas à ceux de l’extérieur. Par ailleurs et malheureusement, les recettes Visas, dans les pays où ils sont encore perçus, ne sont pas versés aux paieries. Toute chose qui crée un déficit quant aux financement devant couvrir la prime réclamée.  «Qui veut et pourquoi veut-on empêcher les réformes que mène l’actuel ministre des Affaires étrangères ? Qui veut empêcher ces réformes ?», se demande un ancien journaliste passé par la diplomatie, aujourd’hui à la retraite mais toujours en contact avec la centrale.

«On a du mal à comprendre pourquoi ils demandent d’ailleurs sa tête vue que quand il est arrivé, il a même essayé de bosser avec eux. Ils ont refusé. Ils ont perdu un allié et le ministre compte bien faire un nettoyage pour assainir ce ministère», laisse-t-il entendre en notant que la PSD telle qu’elle existait, ne profitait pas aux personnes qui la méritent.

 
GR
 

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