Moyen-Ogooué : à Ntyatanga, le Galoa s’apprend pour préserver la mémoire et les traditions
Au village Ntyatanga, dans le Moyen-Ogooué, un atelier d’apprentissage du Galoa a récemment réuni des enfants autour de cette langue ancestrale. À travers une pédagogie participative, les initiateurs veulent renforcer sa transmission et faire de la jeunesse un acteur de la sauvegarde du patrimoine culturel.

Les enfants du village Ntyatanga lors de l’atelier sur l’apprentissage de la langue Galoa, le 26 août 2026. © D.R.
Faire vivre une langue, c’est aussi préserver l’histoire et l’identité d’une communauté. C’est dans cette optique qu’un atelier consacré au Galoa a été organisé à Ntyatanga à l’intention des plus jeunes. L’objectif était de leur permettre de s’initier à la pratique orale et écrite de cette langue dans un cadre convivial, loin de la pression scolaire. «On se trompe, on corrige, on progresse ensemble», telle est la philosophie retenue pour favoriser la confiance et encourager les enfants à prendre la parole sans crainte de l’erreur.
Plusieurs notions ont été abordées au cours de cette rencontre, notamment la manière de se présenter, la construction des phrases, l’utilisation des pronoms personnels, l’enrichissement du vocabulaire, les nombres ainsi que les différentes parties du corps humain. Pour faciliter l’apprentissage, les formateurs ont privilégié les jeux de rôle, les débats, les lectures, les exercices de prononciation, les corrections de textes et les mises en situation. Une méthode interactive destinée à placer les enfants au cœur du processus et à leur donner progressivement l’envie de parler, comprendre et écrire le Galoa.
Animé par Francis Akita, Victor Vériany, dit Vévé, et Arthur Lamie Akendengue, l’atelier repose sur une conviction : la préservation d’une langue traditionnelle passe nécessairement par sa transmission aux nouvelles générations. Le Galoa ne constitue pas uniquement un outil de communication. Il porte également des récits, des valeurs, des pratiques, des savoir-faire et une partie de la mémoire collective. Sa disparition progressive pourrait ainsi entraîner avec elle une perte de connaissances et de références culturelles transmises depuis plusieurs générations.
Au-delà de cette rencontre, l’enjeu est désormais celui de la continuité. Comment faire du Galoa une langue régulièrement pratiquée par les enfants et au sein des familles ? La multiplication des ateliers, l’organisation de rencontres intergénérationnelles, la production de supports pédagogiques ou encore la collecte des récits et expressions traditionnels pourraient contribuer à renforcer cette transmission. À Ntyatanga, l’initiative rappelle ainsi qu’une langue ne peut véritablement survivre que lorsqu’elle est parlée, enseignée et valorisée par ceux qui sont appelés à en assurer la relève.
















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