TATIE

 

De son vrai nom Vianney Leyouma Sounda Pendi, Zyon Stylei est un jeune gabonais passionné de musique. Propulsé au-devant de la scène par « La Botte », il a décidé de valoriser le patrimoine culturel gabonais avec son art. Dans ses morceaux, il met en relief les langues du pays pour mieux valoriser à l’international les différentes facettes de la musique gabonaise. Après le carton de « la Botte », il prépare un nouveau projet, « Bishepi ». Sera-t-il à la hauteur du hit qui continue de battre des records ? L’artiste qui s’est entretenu le 17 septembre avec Gabonreview est serein sur son avenir musical.

Zyon Stylei dans les locaux de Gabonreview. © Gabonreview

 

Gabonreview : Zyon Stylei est-il sous contrat avec une maison de disque ?

Zyon Stulei : J’étais sous contrat avec The Node Music, un label de production de musique urbaine gabonaise. C’est le label dans lequel était J. Rio et Vicky. Ce n’est plus le cas. J’ai commencé là-bas mais la direction artistique ne convenait pas à ma vision. Du coup, j’ai décidé de me retirer et de travailler en indépendant. Et mon premier single en indépendant que j’ai sorti c’est  « La Botte ».

« La Botte » reste un hit mais plusieurs mélomanes estiment que le son a dépassé le visuel. Qu’est-ce qui explique cet écart ?

C’est un clip qui a été fait avec un petit budget. Un budget de 300.000 francs CFA. Donc, à la limite, on se serrait les coudes entre amis. Et, avec ce petit budget, ce n’était vraiment pas possible de faire un clip à la hauteur des attentes de chacun. En même temps, c’est un premier pas solo. Il n’y avait plus le poids financier du label. Cependant, je tiens compte de tout ce qui a été dit autour du clip et j’espère que mon prochain clip sera à la hauteur des attentes.

A quand ce prochain clip ?

Lorsqu’on aura suffisamment des fonds pour pouvoir le réaliser. Mais on espère le faire avant décembre, sinon au plus tard décembre, on aura un nouveau clip et surtout un son à la hauteur de « La Botte ».

Zyon a donc un nouveau projet. De quoi s’agit-il ?

J’ai déjà posé pas mal de singles qui ont bien tourné ici sur le plan local et à l’international. J’ai également un E.P de 9 titres que j’allais sortir. Il s’intitule « Comme une étoile ». Il a juste été mis sur les plateformes Spotify, ITunes et autres. Vu qu’ici les gens n’ont pas trop la culture de ces plateformes, peu de personnes connaissent le projet. Et là justement, j’ai envie de sortir un album mais pour le faire, il faut avoir de gros sponsors et être bien organisé. Je me dis soit un album, soit un E.P. Mais dans tous les cas, ce sera un moyen pour moi de ressortir toutes mes facettes artistiques. Notamment, montrer que Stylei ce n’est pas que le Ikoku. Stylei chante aussi bien en Omyéné, en fang qu’en Nzébi. Donc « Comme une étoile », c’était le titre de l’E.P. Mais pour le projet à venir, le titre c’est « Bishepi ».

« Bishepi » signifie la clé en langue Nzébi. C’est un projet qui me tient à cœur et j’aimerais essayer de vaincre le souci d’acculturation au Gabon parce que le constat est tel que les Gabonais de la nouvelle génération sont beaucoup acculturés. Peu connaissent leurs langues vernaculaires. J’ai été sidéré de voir que les gens ne connaissaient pas le Ikoku. Pour eux, le Ikoku a été créé par Nga Kumb qui a essayé de le moderniser bien avant moi. Ils ne savaient pas que le Ikoku était en même temps un rythme musical et une danse. Et peu de monde connaissent le Ngouata, le Ngouala, surtout les jeunes. Donc c’est un moyen pour moi d’apporter ma pierre à l’édifice dans leur éducation culturelle. En gros, voici mon projet.

Sera-t-il à la hauteur de « La Botte » ?

Zyon Stylei. © Gabonreview

Du point de vue sonore, on est prêt. Je travaille avec de bons beat makers. Celui qui a fait la musique de « La Botte », c’est Giscard 16. On n’en parle pas assez, mais c’est un beat maker très talentueux qui a sorti beaucoup de hits. Pour moi c’est l’un des meilleurs de sa génération. Si quelqu’un à l’extérieur peut tomber sur ses œuvres, ce sera bien. Ça fait pratiquement 5 ans qu’il fait danser le Gabon. C’est lui qui a fait « Enlevez les habits », il a fait beaucoup de mes hits : « Photos », « Picolo », « Timing ». C’est lui qui a également fait la musique de « Maman Audrey » de J. Rio, tout comme « Sommeil », « I love you ». C’est quelqu’un qui participe à booster la musique gabonaise. On le retrouve dans le projet « Bishepi ». On le retrouve dans la quasi-totalité des singles avec un autre beat maker, Steph 2M. Mais le projet n’est pas terminé. Peut-être que je pourrais collaborer avec d’autres beat makers.

La crise sanitaire actuelle a-t-elle impacté votre travail ?

 Le Covid-19 a cassé le rythme de travail de tous les artistes de manière générale. Il y a moins de prestations et étant autodidacte, je ne peux réinvestir dans ma musique que par les cachets que j’ai des prestations parce que je n’ai pas de sponsors, je suis en autoproduction. Je fonctionne avec ma petite team. Quand on a des fonds, on réinvestit. Le fait qu’il n’y ait plus de prestations avec le Covid-19, ça ralentit un certain nombre de choses. Pour le moment on est suspendu aux lèvres des gouvernants pour le déconfinement. Mais, cela n’empêche pas d’aller au studio et de travailler. C’est d’ailleurs ce qu’on fait. Concernant le projet « Bishepi ». On a quasiment la totalité des morceaux. La Botte a occupé tellement d’espace et prend tellement des vues qu’au niveau du Gabon,  elle est considérée comme une vieillerie parce que cela fait un bon moment, quand bien même elle n’a pas encore totalisé un an. Mais, à l’extérieur elle est en phase de découverte.

Pour conclure ?

Ce qu’on fait est aussi ludique. On a tendance à croire que les artistes ne sont là que pour divertir mais c’est une vision trop étroite. Un artiste est là pour vendre le pays. C’est un ambassadeur qui vend la culture du pays et même une certaine moralité du pays. On peut à travers un artiste, essayer de cerner la psychologie de tout un peuple. L’artiste a un rôle d’éducateur parce que beaucoup s’en inspirent. Dans ce cadre, je lutte avec ma musique contre l’acculturation. Je pense que ce qu’on a quelque chose de plus beau à offrir aux générations futures, c’est la culture gabonaise. A travers mes morceaux, j’espère bien léguer quelque chose de positif à ces générations-là. Le projet « Bishepi » est pensé dans cette optique.

 
GR
 

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