Noël Mboumba s’est livré à un mea culpa, le 12 mars, sur les détournements de fonds publics et la mise en place d’un plan de déstabilisation des instituions dont ils sont accusés. Ayant reconnu les faits et parlé de «plusieurs centaines de milliers de milliards de francs CFA» subtilisés, l’ancien ministre du Pétrole soutient avoir exécuté des instructions malveillantes de personnes ayant profité de leur position dominante pour le conduire à poser des actes contraires à la loi. « Suivez mon regard ».

L’ancien ministre du Pétrole, Noël Mboumba, lors de sa déclaration après sa sortie de prison le 12 mars 2020. © Gabonreview

 

Quelques heures après sa sortie de prison, Noël Mboumba a expliqué, le 12 mars à Libreville, les mobiles de sa mise en liberté provisoire. Invoquant le secret de l’instruction, l’ancien ministre du Pétrole a tout de même reconnu les faits de détournements de fonds publics, blanchiment et concussion et dont il est accusé avec ses compères. «S’agissant des faits qui me sont reprochés, je tiens à préciser à l’opinion que j’ai reconnu avoir exécuté des instructions malveillantes de la part des personnes qui ont profité de leur position dominante pour me conduire à poser des actes contraires à la loi», a-t-il lâché, martelant sa fidélité et loyauté à la vision d’Ali Bongo.

S’étant abstenu de donner le montant exact de l’argent détourné, Noël Mboumba a laissé entendre, à la suite d’un journaliste, qu’il se situerait néanmoins dans la «fourchette de plusieurs centaines de milliers de milliards de francs CFA soutirés des caisses de l’État».

Le sociétaire de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev) a été amené à aborder un sujet récurrent ajouté aux griefs pesant sur lui et ses compères : le fameux plan de déstabilisation des institutions mis en place par Brice Laccruche Alihanga et Ike Ngouni avec l’aide de mercenaires français dépêchés au Gabon. Le président d’honneur de l’Ajev dans l’Ogooué-Maritime soutient avoir entendu parler de militaires français arrivés au Gabon dans le cadre d’un renforcement de la sécurité. Affirmant n’avoir participé à aucune réunion stratégique pour l’exécution d’un plan de déstabilisation du pays, il a tout de même reconnu «qu’il y avait un plan, en préparation, de soulèvement des populations (…), un plan de déstabilisation des institutions pour, éventuellement, un coup de force

En venant sur les traitements inhumains dont ils auraient été victimes avec ses compères durant leur période détention, Noël Mboumba a balayé toutes ces allégations. «Je m’inscris en faux ! Je n’ai pas entendu des bruits des personnes qui auraient été torturées pendant que j’étais en prison. Nous avons bénéficié des conditions de détention humaine. La prison a été aménagée de sorte que les détenus que nous étions puissent avoir un traitement humain», a assené l’ancien compagnon de Brice Laccruche.

 Ancien tout puissant ministre du Pétrole, Noël Mboumba a été placé en détention préventive le 13 décembre en même temps que Brice Laccruche Alihanga, l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, Tony Ondo Mba, ancien ministre de l’Energie, Ismaël Ondias, directeur général de la Caistab et René Allogho Akoue ancien directeur général de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). Issus tous de l’Ajev, ils sont accusés d’avoir détourné en bande organisée des centaines des milliers des milliards de francs CFA des caisses de l’État et voulu déstabiliser les institutions de la République.

Si les autres restent encore dans geôles de la prison centrale, Noël Mboumba a bénéficié de la liberté provisoire en raison, selon lui, «des garanties des représentations qu’il a données aux juges», conformément aux dispositions de l’article 143 du Code de procédure pénale.

 
GR
 

9 Commentaires

  1. Ikobey dit :

    Qu’il est doux d’être traître !

  2. Mimbo na didy dit :

    Demain il dira on m’a obligé de faire cette déclaration, je n’ai jamais pensé ce que je disais, c’est Noureddine qui me soufflait les propos que je tenais à la conférence de presse.

  3. Jacouille dit :

    Un père de famille ! quel tristesse !

  4. Mba Obam dit :

    Un pigeon sortie de cage avec la promesse qu il pourra
    continué de voler librement.

  5. Lavue dit :

    Aux jeunes Gabonais je dis voilà ce qu’est la politique du PDG depuis 50 ans. Faut bien réfléchir avant d’intégrer le PDG et ses cercles maçonniques. En lisant ou en écoutant les propos de M. MBOUMBA , il ne fait aucun doute que sa libération provisoire a été marchandée. Voilà un ministre sensé être un homme de haute carrure, mais qui exécutait bêtement les instructions malveillantes des personnes au pouvoir. Il exécutait ces instructions sous des menaces verbales, écrites ou encore d’une arme?, bien sûre que non. S’il y a réellement eu détournements massifs, c’est que ce Monsieur était bien complice. Quand on est complice d’un voleur on l’est également. Malgré le passé bien connu de M. Laccruche, les tenants de pouvoir l’ont bien installé comme Directeur de Cabinet. Ce Monsieur a compris ce qui se pratique depuis longtemps dans le système BONGO-PDG et a voulu en faire plus que ses maîtres. C’est son seul tort certainement. Ma conviction profonde est que la sortie de prison de M. MBOUMBA a été marchandé contre ses propos afin de renforcer la position des tenant du pouvoir, c’est visible, c’est gros. Il faut noyer Laccruche à tout prix, alors que les détournements massifs au Gabon ne datent pas de M. Laccruche et se poursuivent certainement. Sans vouloir le défendre, je dénonce plutôt la manière manipulatrice avec laquelle on veut biaiser la vérité . Les tenants du pouvoir prennent les Gabonais pour des idiots. C’est pas avec des déclarations qu’on rétabli la vérité sur des problèmes aussi graves. Qu’on laisse la justice s’exercer normalement au lieu de maintenir si longtemps les gens en prison sans les juger, puisque la preuve des faits reprochés existent. Qu’on puisse savoir combien a été clairement détourné, où se trouve ce magot et tout faire pour qu’il soit restitué à l’état Gabonais (l’état pour la forme, on sait qui est l’état). Ensuite appliquer des condamnations exemplaires aux coupables. Voilà ce qu’attendent les Gabonais, au lieu de chercher à les infantiliser avec ce qui ressemble clairement à une mise en scène orchestrée par le pouvoir.
    Le peuple n’est pas plus bête que les tenants du pouvoir. La crédibilité se gagne par des actes transparents et convaincants, dans le cas d’espèce y a un sérieux doute sur les propos de M. MBOUMBA et seule une justice transparente peut apporter la lumière. L’opinion ne saurait se conter de ce type d’action.

    Éveille-toi Gabon !!

  6. On arrive dit :

    Pour information, Bongo vient de se souvenir de votre rôle de « prête-nom », sachez que votre place et votre sécurité est en prison

  7. moundounga dit :

    Bjr. On ne dépasse jamais le maitre, c’est un conseil gratuit.

  8. Paul Bismuth dit :

    Je ne ressens que colère, tristesse et dégoût en le voyant. Lui et sa team de kleptomanes n’ont absolument pas pitié des gabonais dans cette misère qui les frappe. Je déteste ce président qu’on célèbre avec pompe comme un pharaon. Je déteste tous ceux qui représentant l’État servent Ali Bongo intuitu personae et oublient leur devoir vis à vis de l’État et de Nous. Je déteste cet État qui se confond avec Ali Bongo. Ce pays me désole.

  9. Paul Bismuth dit :

    Kleptomane, couard, félon, ingrat, menteur, il avait tout pour faire carrière au sein de l’appareil de l’État dans cette république bananière. Quoi ? Des centaines de milliards détournés, des gabonais miséreux et il dormait du sommeil du juste ?! Même à « sans-famille » il dormait tel un chérubin, visiblement (c’est sans doute tant mieux pour les droits humains). Il tient une conférence de presse, reconnaît certaines charges retenues contre lui et réaffirme son attachement au « distingué camarade président de la République son excellence Ali Bongo ». Mais il n’a aucun mot d’excuse à l’endroit de la plèbe gabonaise qui est en fait la vraie victime de sa turpitude. Ce monsieur est incroyable ; ils sont tous incroyables.

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