Parafiscalité au Gabon : l’État reprend la main sur 40 prélèvements hors contrôle
Face à une parafiscalité jugée anarchique et pénalisante pour l’économie, le gouvernement gabonais engage une réforme d’envergure. Objectif : restaurer l’autorité de l’État, rationaliser les prélèvements et soulager opérateurs économiques et ménages.

Instantané de la rencontre à la vice-présidence du gouvernement, le 10 avril 2026. © GabonReview (Capture d’écran)
Sur instruction du président de la République, le gouvernement gabonais engage une vaste réforme pour mettre fin aux dérives liées à la parafiscalité. Réunis autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les membres de l’exécutif ont examiné les mécanismes de renforcement du contrôle et de coordination interinstitutionnelle dans ce secteur jugé stratégique pour les finances publiques.
Au cœur des préoccupations : une parafiscalité devenue difficilement maîtrisable, source de mécontentement aussi bien pour les populations que pour les opérateurs économiques. «Ce dispositif, hérité de pratiques anciennes, ne répond plus aux exigences de la Vè République», a souligné Hermann Immongault sur Gabon télévision.
Le vice-président du gouvernement a pointé du doigt un cadre institutionnel fragmenté et une architecture administrative complexe, à l’origine de chevauchements de compétences et de prélèvements multiples. «Nous recensons près de 38 prélèvements, dont moins de la moitié sont inscrits dans la loi de finances», a-t-il précisé, évoquant un système qui donne l’impression d’un manque d’organisation de l’État.
Même constat du côté du secrétaire général du gouvernement, Abdu Razzaq Guy Kambogo. Selon lui, la parafiscalité, bien que légale dans son principe, souffre d’un manque d’encadrement. «Jusqu’à 11 administrations peuvent intervenir sur une même matière, ce qui crée une pression excessive sur les opérateurs économiques», a-t-il indiqué. Aujourd’hui, les prélèvements parafiscaux empruntent plusieurs circuits. Une partie transite par le Trésor public, représentant environ 25 % des montants collectés. Le reste est réparti entre des structures autonomes, voire échappe totalement aux mécanismes de contrôle existants.
Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement entend procéder à une refonte en profondeur du système. La réunion a ainsi débouché sur la création d’un comité technique placé sous l’autorité du secrétaire général du gouvernement. Sa mission : proposer une nouvelle architecture institutionnelle, renforcer les mécanismes de contrôle et clarifier la répartition des compétences. Objectif affiché : assainir la parafiscalité, sécuriser les recettes de l’État et alléger la pression sur les acteurs économiques et les ménages.












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