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Plusieurs fois ministre sous Omar Bongo, créateur de «Moutsokini» (le plus grand groupe socioculturel de l’histoire du PDG), surnommé ‘Bandit Bouyiki’ par la presse satirique locale du fait de certaines frasques, Jean Rémy Pendy Bouyiki est décédé ce lundi. Il ne pourra plus soutenir Ali Bongo en 2023, ainsi qu’il l’annonçait en mars dernier après une longue traversée du désert. L’exemple de la déchéance des anciens collaborateurs d’Omar Bongo.

© D.R.

 

Ancien ministre et même ministre d’État (à l’Habitat), ancien hiérarque Parti démocratique gabonais (PDG), conseiller et Haut représentant du président Omar Bongo jusqu’au décès de celui-ci, Jean Rémy Pendy Bouyiki a tiré sa révérence ce lundi 16 mai 2022, en fin d’après-midi au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL) des suites d’une maladie. Selon des membres de sa famille, il était interné dans le plus grand hôpital du Gabon depuis trois jours.

Marginalisé

Ministre littéralement indéracinable durant près d’une décennie et demie sous Omar Bongo, il aura notamment occupé les portefeuilles de la Santé, de la Communication, des PME-PMI, du Commerce…

Le 30 mars dernier, il a annoncé sont soutien à Ali Bongo, si ce dernier venait à officialiser sa candidature à la présidentielle de 2023. Il n’avait cependant pas soutenu Ali Bongo en 2016, après l’avoir fait en 2009. Il y a qu’après l’arrivée d’Ali Bongo au pouvoir, il s’était retrouvé marginalisé par ceux qui étaient dans le cortège de tête des vainqueurs. On se souvient néanmoins que le 13 août 2009, à Noé Palace dans le Nord de Libreville, Pendy Bouyiki avait publiquement annoncé la création du Parti démocratique pour l’action et les libertés (PADEAL), déclarant alors qu’il ne se reconnaissait plus dans le PDG dont le comportement des leaders avait changé. Mais sa formation politique n’avait alors enregistré que quelques militants, au demeurant tous de Mbigou dans la province de la Ngounié (Sud) dont il était natif.

«Bandit Bouyiki»

Après sa démarcation du parti au pouvoir, Pendy Bouyiki n’aura marqué l’opinion publique que par quelques frasques et par une traversée du désert pécuniaire. A titre d’exemple, alors qu’il avait vendu à Seydou Kane, célèbre homme d’affaires proche du président Ali Bongo, sa villa du quartier Hauts-de-Guégué à Libreville pour 150 millions de francs CFA, il avait continué à en toucher les loyers plus d’une année après l’acte de vente dûment notarié par Me Anguilet. L’affaire fut portée devant le tribunal où l’ancien ministre d’État avait déjà des procédures pendantes, notamment un litige financier qui l’opposait à la «Pharmacie Le Président» dirigée alors par M. Akerey Rassaguiza, pour 40 millions de francs empruntés au pharmacien durant les dernières années d’Omar Bongo. La presse satirique locale qui l’avait surnommé «Bandit Bouyiki» lorsque, à travers un rocambolesque guet-apens, il barra la route de Paul Mba Abessole en tournée dans la Ngounié, au début des années 90, remis alors le sobriquet au goût du jour.

En avril 2011, sans le sou, il s’était mué en chauffeur de «clando» (véhicule affecté au transport clandestin) sur l’axe PK12-PK18, mettant à profit son véhicule 4X4 Pajero. Las d’être tourné en dérision et de se voir rappeler ses frasques et son arrogance du temps où il était au gouvernement, il s’était résolu à se retirer de ce trafic.

«Idée lumineuse»

Lors de sa toute dernière sortie, le 30 mars 2022, il a déclaré que sa longue période d’inactivité politique lui avait donné le temps de murir une «idée lumineuse» qu’il pourra proposer à Ali Bongo «pour insuffler un rebond au pays». On ne connaîtra donc plus jamais la teneur de cette idée.

Il faut dire qu’à la fin des années 90 et début des années 90, Pendy Bouyiki était un membre éminent des «Rénovateurs», courant politique créé au sein du PDG dont le chef de file était Ali Bongo Ondimba. Les deux hommes se connaissaient donc bien.

Jean Remy Pendy Bouyiki est par ailleurs connu comme le créateur du célèbre groupe socio-culturel «Moutsokini», constitué de plus d’un demi-millier de danseuses affiliées au PDG. Docteur en Sociologie, il avait enseigné à l’Université Omar Bongo. Il meurt à 66 ans.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Dante dit :

    Lorsque Omar disait qu’il pouvait faire d’un chien un ministre et d’un ministre un chien, il n’avait pas forcément tort. Trop fricoter avec le PDG n’apporte que des malédictions. Avec tous les milliards qu’a brassé ce type et arriver à faire le clando, relève de la science-fiction, vraiment triste…

  2. Serge Makaya dit :

    Je lui ai remis en main propre une mallette remplie d’argent (billets tout neuf). Il m’a remercie pour avoir apporté la mallette, sans me donner le moindre billet, ne fusse que pour le carburant. Pitié. A Ntare Nzame.

  3. Steeve BOULINGUI dit :

    De ministre a clando!!! Comment peut-on tomber aussi bas??? 😮

  4. yaali dit :

    cela arrive malheureusement dans le cas ou ces gens croient qu ils vont retsre avie dans une vie de privilege. Rip

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