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L’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) a préconisé, le 31 mars, la poursuite des activités des compagnies pétrolières malgré la crise du coronavirus. Pour le puissant syndicat, en effet, un arrêt de la machine de production va paupériser «plus de 5000 familles dans l’Ogooué-Maritime» (G8), le Gabon pouvant perdre jusqu’à 17,6% de son PIB.

Une rue de Port-Gentil. L’Onep souhaite que les activités pétrolières se poursuivent en dépit de la crise du coronavirus. © wikimedia

 

Bien que consciente de la gravité de l’heure du fait de la crise du coronavirus, l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) ne souhaite pas un arrêt des activés au sein des compagnies pétrolières. Selon ce syndicat, 5000 familles seront paupérisées dans l’Ogooué-Maritime (G8), en cas d’arrêt général des opérations de forages, Workovers, et autres projets par les opérateurs pétroliers. (Pour information, les workovers sont des opérations de restauration, maintenance ou amélioration de la production d’un puits).

Ne pas céder à la pression des multinationales

«Les dangers d’une telle paupérisation en pleine menace au coronavirus aggraveraient les facteurs de comorbidité, donc d’augmentation des décès», affirmé l’Onep dans une déclaration, le 31 mars. «Entre deux maux, il faut choisir le moindre mal. Et le moindre mal c’est de continuer à travailler malgré le coronavirus. Car choisir d’arrêter les activités productives c’est opter pour le chaos social», a ajouté le syndicat, appelant le gouvernement à ne pas céder à «la pression des multinationales visant la cessation des activités productives, avec pour conséquence : la fragilisation de l’Etat et le chaos généralisé».

La pandémie du coronavirus (covid-19) et la chute du pétrole à 30 dollars mettent l’Afrique centrale sous forte pression. Selon financialafrik.com, le Gabon peut perdre jusqu’à 17,6% de son PIB, très dépendant des recettes tirées du pétrole. Cette double crise devrait également augmenter le chômage dans une région à peine remise de la dernière chute des cours pétroliers et encore placée sous un programme sévère du Fonds monétaire international (FMI).

Toutes choses justifiant la position de l’Onep, qui invite également les majors pétroliers à se ressaisir et à faire preuve d’une solidarité sincère. «Cette situation exceptionnelle ne doit pas être utilisée à des fins de profits, mais plutôt à la mise en exergue de leur responsabilité sociétale. Cela devra se traduire par le maintien d’un niveau d’activité suffisant (forages, Workovers et projets) pour sauvegarder les emplois et les activités de leurs sous-traitants qui emploient des milliers de travailleurs. Pour le moment, la situation actuelle du prix du baril ne saurait être une justification ferme à ne pas continuer des investissements», a argumenté le syndicat.

Par ailleurs, le puissant syndicat a exhorté le gouvernement et le patronat, chacun pour ce qui le concerne, «à organiser un cadre de dialogue approprié pour rechercher et apporter des réponses urgentes» en vue d’absorber réellement l’impact socioéconomique du coronavirus, tel qu’annoncé par Ali Bongo.

 
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