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Climat délétère à Pogab, filiale gabonaise de l’entreprise française de contreplaqué Plysorol, où le personnel a manifesté la semaine dernière pour dénoncer la mise au chômage technique de quelque 300 employés.

Déroulage à Pogab, en période d'activité - © Plysorol

Deux ans plus tôt, les employés de Pogab se lamentaient déjà des conditions de travail que leur imposait cette entreprise. Depuis lors, rien ne semble avoir changé pour eux, du moins, pas dans le sens qu’ils auraient souhaité. «Ces dirigeants ne pensent qu’à leurs intérêts. Ils ont repris le groupe pour faire main basse sur les centaines de milliers d’hectares de forêt qu’il y a au Gabon. Il faut que nos autorités interviennent pour nous sauver», s’est lamenté un agent.

Soulignons que le chômage partiel ou technique permet de faire face à des difficultés économiques passagères ou à des circonstances exceptionnelles. La mesure doit être collective et concerner tout le personnel de l’établissement, du service ou de l’atelier visé par la mesure. A ce sujet, les salariés déplorent le processus utilisé par les dirigeants, évoquant même un licenciement masqué en chômage technique.

«Depuis deux mois, nous sommes en cessation d’activité, puisque notre stock de grumes s’est épuisé (…) C’est la raison pour laquelle on nous propose aujourd’hui un chômage technique à 30 % de notre salaire», a expliqué Guy Charles Nze, délégué du personnel. «Comment peut-on vivre avec le salaire qu’ils nous proposent ?», s’est-il interrogé.

«Avant même le retrait de permis d’exploitation, nous avions fait des stocks de grumes qui pouvaient nous permettre de tenir jusqu’à la fin de l’année. Nous avons demandé au gouvernement la permission d’acheminer ces stocks ici, mais jusqu’à présent, c’est le mutisme», a fustigé Guy Florent Kassa, contrôleur de gestion à Pogab, qui impute une part de responsabilité à l’adlinistration gabonaise.

Essentiellement local, le personnel de Pogab s’en remet donc au gouvernement sur qui il compte pour voir sa situation s’améliorer dans les plus brefs délais, a indiqué une source proche du dossier. L’industriel libano-ghanéen Ghassan Bitar avait repris, en octobre 2010, l’ancien numéro un européen du contreplaqué, Plysorol, mal en point économiquement.

En septembre, le groupe John Bitar a perdu les permis d’exploitation des 600 000 hectares de forêts de Plysorol au Gabon pour n’avoir pas respecté la loi en matière de gestion durable des forêts. Une décision qui n’est pas sans rapport avec l’enquête ouverte en octobre en France sur les circonstances dans lesquelles les droits d’exploitation des forêts de Plysorol étaient passés d’une société à l’autre de monsieur Bitar.

 
GR
 

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