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France 2 a diffusé le 21 octobre, un reportage intitulé ‘’Les dégâts de Perenco au Gabon’’ mettant en lumière les cas de pollution pour lesquels la société pétrolière a été mise en examen par le tribunal de Port-Gentil. Un élément qui, à en croire la société civile, va renforcer la procédure judiciaire en cours.

Bernard Christian Rékoula (droite) lors de l’émission de France 2, diffusé le 21 octobre 2021. © Capture d’écran I Gabonreview

 

Diffusée le 21 octobre, une émission de France 2 a mis en lumière les cas de pollution dont Perenco au Gabon. Intitulé ‘’Les dégâts de Perenco au Gabon’’, l’élément de la télévision généraliste française de service public a été rendu possible grâce à la participation de certains militants écologiques, à l’instar Bernard Christian Rékoula, un réalisateur et activiste. Depuis deux ans, il sillonne Omboué, une petite ville située au bord de la lagune Fernan Vaz, dans la province de l’Ogooué-Maritime, où il mène des missions coup de poing. Son but : documenter les pollutions.

«En général, lorsqu’on arrive sur des sites comme ça qui sont en pleine pollution, on essaie de faire vite. Là vous voyez quelqu’un qui avec son téléphone, prends des images. Parce que si on ne prend pas ces images, on aura aucune preuve de la pollution», révèle-t-il dans le reportage. «En fait, c’est un site qu’on avait déjà répertorié, qui avait été dépollué par Perenco. Et donc, on effectue une mission de routine pour voir à peu près le niveau d’avancement de la dépollution (…) Là ils sont en train de cacher du brut sous du sable de mer amené par barge et autres. Tout ça c’est du sable et en dessous il y a du brut. Ils sont en train de le camoufler», a ajouté Bernard Christian Rékoula.

Des dépollutions sommaires

Le documentaire ‘’éléments d’enquêtes’’ montre également comment, face aux responsables des sites soupçonnés d’être pollués qui en empêchent l’accès, l’activiste parvient à filmer ce qui s’y passe : l’utilisation d’un drone. Dans le cas du reportage, le drone a permis de montrer une vingtaine d’ouvriers, autour d’une grande étendue liquide. Armés de pelle, les pieds dans cette matière noire, deux d’entre eux chargent des brouettes, tandis que d’autres les évacuent. «Ce que Perenco fait souvent, lorsqu’il y a ce type de pollution, est une dépollution sommaire. Mais la grande partie reste à un mètre de profondeur. Ce qui fait que lorsqu’il pleut ou qu’il y a de la chaleur, la substance remonte soit sous forme liquide soit sous forme de galettes», a affirmé Bernard Christian Rékoula, convaincu que les dépollutions de Perenco ne seraient pas à la hauteur.

Pour s’en convaincre, l’équipe de France 2 s’est rendue sur le site de ‘’Sibi One’’, le seul où Perenco a reconnu une pollution ponctuelle et accidentelle. Alors que la société française a martelé que le site est propre, la réalité est tout autre. «Vous pouvez voir des barrages anti-pollution, car la pollution est constante. Ça ne marche pas comme on peut le penser. Ça va plus ou moins freiner les grosses particules d’hydrocarbure à la surface de l’eau», a expliqué Bernard Christian Rékoula. Sur l’eau en effet, on peut apercevoir des décolorations arc-en-ciel causées par les huiles et mazout. «Ce n’est pas une pollution majeure mais elle est là 24/24h, de janvier à décembre», a regretté l’activiste. Pour lui, cette «pollution à répétition» découlant de la vétusté (plus de 50 ans) des infrastructures de Perenco aurait déjà affaibli les écosystèmes de la mangrove, un refuge pour les poissons et oiseaux.

Faire condamner Perenco

«Perenco a l’obligation de s’arrimer aux normes internationales. Je n’ai pas besoin d’être ingénieur, expert pour savoir que ces installations ne sont pas aux normes, ce n’est pas possible. Et les ¾ des sites auxquels nous avons accès sont dans cet état. Nous en avons visité une dizaine, mais Perenco a une cinquantaine de puits dans toute la région», a renchéri  Bernard Christian Rékoula sur le site de ‘’Sibi One’’. Face à l’attitude irresponsable de l’opérateur pétrolier, la société civile avait porté plainte à Perenco auprès du tribunal de première instance de Port-Gentil, en janvier dernier, pour violation généralisée des différentes législations relatives aux hydrocarbures et à l’environnement. La compagnie pétrolière franco-britannique a été inculpée et mise en examen le 16 juillet dernier.

Initiateur de la plainte, le président du Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) pense que le reportage de France 2 va renforcer la procédure judiciaire en cours à Port Gentil. «Au moment où le Gabon s’apprête à participer à la COP 26, il est essentiel que Perenco soit mis au banc de la communauté internationale et que sa responsabilité soit reconnue. Le ROLBG, en tant partie civile, soutient toutes les actions de médiatisation destinées au public français et international dont le but est de vulgariser au niveau global, les crimes multiformes commis par cette entreprise prédatrice au Gabon. Nous poursuivrons Perenco jusqu’à sa condamnation au Gabon où à l’étranger. Le droit à l’information au moment où le Gabon vient de réintégrer l’ITIE ne doit souffrir d’aucune restriction totalitaire», a écrit Georges Mpaga sur Facebook, le 21 octobre.

 
GR
 

3 Commentaires

  1. Nicolas Amvame dit :

    Je pense que ce documentaire ne montre qu’une infime partie des pollution. C deja ca de mis en lumiere. Et la securite sur leurs sites gabonais n’est pas meilleure qu’au Cameroun ou il y a eu plusieurs deces selon le documentaire. Plusieurs plateformes ont des escaliers rouillees ou casses. Pour se remettre aux normes, PERENCO se doit d’inverstir plusieurs dizaines de milliards de FCFA… Elle ne le fera pas sans une certaine pression.

  2. Diarra dit :

    Le plus étonnant, c’est le SILENCE d’Ali Bongo ou tout simplement des Bongo. Cela prouve à suffisance qu’ils s’en foutent éperdument des désastres écologiques occasionnés par ces multinationales. Surtout qu’ils rn sont aussi actionnaires.

    • Teddy dit :

      Ajoutez aussi l’indifférence des autorités françaises qui évoquent pourtant souvent l’importance de l’écologie ces dernières années.

      Au passage, Ali Bongo est bien mort depuis octobre 2018. Les français font durer l’annonce de son décès pour imposer encore aux gabonais un nouveau valet. Ce qui est vraiment inadmissible tout simplement.

      Ne cherchez plus à comprendre si Ali Bongo est vivant. Il est décédé à Riyad en octobre 2018.Le pouvoir français de la cinquième république ne veut pas de celui qui a gagné la présidentielle de 2016,parce qu’il n’est pas de ceux qui se plient aux exigences de Paris. Donc Paris est encore en train de préparer pour le Gabon (et pour le Cameroun aussi où Paul Biya est aussi décédé) son nouvel esclave.

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