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En lisant entre les lignes et en contextualisant, le tout dernier discours d’Ali Bongo devant le parlement réuni en congrès comporte des mises en garde sibyllines. Ayant orchestré l’opération de restauration de la voie publique dans le Grand-Libreville, lancée par le gouvernement trois jours après la démission au forceps de son maire, Ossouka Raponda devrait se sentir visée. L’enchainement des faits laisse penser à l’un de ces «agendas cachés» indexés par le Chef de l’Etat.

Ossouka Raponda voudrait-elle superviser le gouvernement en même temps que la municipalité ? Déroule-t-elle un agenda caché ? © D.R.

 

En s’exprimant, vendredi 25 juin 2021, devant le Parlement réuni en congrès, le président de la République Ali Bongo Ondimba, dont on ne semblait pas comprendre la sortie, a parlé, en conclusion de son allocution, «de petits intérêts particuliers» et «des  agendas cachés», susceptibles «de désagréger notre unité, notre solidarité  et notre vivre ensemble». Était-ce là le sens profond de son discours ? Si tel en est le cas, il s’adressait donc à un auditoire averti, qui a su lire entre les lignes d’un camp politique en proie à des querelles de tranchées et des intrigues.

Cette adresse aurait eu une tout autre résonnance, si elle avait été développée devant le gouvernement, dont les actes, ces derniers temps, sont véritablement de nature à saper «le vivre ensemble». Le chef de l’Etat n’a, au final, pas voulu dénoncer les siens, comme le fit Omar Bongo, son défunt père, lorsqu’il s’en prit aux «roitelets» qui, «avaient fait du Gabon ce qu’ils en avaient fait», n’en déplût à Dieu.

Ali Bongo s’exprimait, pendant que se menait l’opération de «restauration de la voie publique» déclenchée le 20 juin 2021 par le Premier ministre, Rose-Christiane Ossouka Raponda, et son gouvernement. Une opération qui laisse sans voix beaucoup de Gabonaises et de Gabonais de Libreville et des environs, vu l’effet de surprise que cela a constitué pour ces petites économies. Des économies qui meublent les marmites, envoient les enfants à l’école, soignent les petits Gabonais, mais parties en fumée, sans autre forme de procès.

La démarche du président de la République avait-elle valeur de venir défendre son Premier Ministre devant le Parlement ? Puisqu’il a déclaré aux députés et sénateurs rassemblés : «Le populisme est une voie large et facile d’accès. Toutefois il conduit toujours à une impasse. Il est, tout comme la démagogie, l’antidote de la démocratie. Aussi, voudrais-je vous rappeler, si besoin est, que dans ce temple de la loi, seul l’intérêt supérieur de la nation doit primer.» Encore faut-il savoir quel contenu il a voulu donner au concept «nation». Et quelqu’un dira : «La nation (ou l’Etat), c’est nous».

Pour Ali Bongo, c’était réaffirmer la logique imprimée en début de discours, lorsqu’il fait cette analyse des difficultés traversées ces dernières années : «dans la tempête et la tourmente, que ce soit  au niveau de l’Exécutif, du Législatif ou du Judiciaire, nos institutions n’ont jamais vacillé. Elles ont démontré, aux yeux de tous, leur solidité, mais également leur capacité d’adaptation et de résilience

C’est donc cette force des institutions que le Chef d’Etat voulait rappeler «aux élus du peuple», pour que personne ne se risque dans «de petits intérêts particuliers» et «des  agendas cachés». Et si agendas il y a, d’aucuns estiment cependant que le chef du gouvernement est en train d’en dérouler un. En témoigne, cette éviction en règle du maire de Libreville, Eugène Mba, visiblement pas dans ses bonnes grâces, dit-on à l’hôtel de ville, après avoir obtenu la tête de son prédécesseur Léandre Nzué. Une affaire qui a été réglée, pendant que le ministre d’Etat à l’Intérieur était dans l’incapacité de réagir.

Sitôt après, venait l’opération de restauration de la voie publique, accotements et terres pleins centraux dans le Grand-Libreville. Une action que la PM n’avait guère menée du temps où elle était mairesse. Elle revient ainsi dans ses anciennes installations, comme si elle avait été en retard d’un geste, en utilisant cette fois les moyens de l’Etat central, de l’Etat fort. Ceci fait dire à un fonctionnaire de la mairie : «Qu’elle prenne un arrêté pour gérer à la fois l’hôtel de ville et la Primature et qu’on n’en parle plus !»…

En rejetant le populisme et la démagogie, Ali Bongo voudrait qu’on regarde juste le résultat, tout comme celui obtenu au début de son premier mandat, avec l’opération «Libérez les trottoirs» de novembre 2011. Des rues dégagées de constructions hétéroclites, puis réinvesties peu à peu… faute de mieux pour ces populations, faute de marchés dignes de ce nom, pour ces commerçantes et commerçants désireux d’acheter et de vendre.

Et pourtant, dit le président de la République : «gouverner, c’est prévoir». Qu’est-ce qui avait été prévu à tous les endroits où il y a eu des démolitions à Libreville et qu’est-ce qui y a été construit, s’interroge cette dame, qui dit avoir perdu, non seulement de la marchandise, mais également des économies, parties en fumée, quand l’armée a mis le feu à son échoppe. Usant de sa capacité d’observation, elle égraine quelques vestiges restés sans suite : la Baie des Rois, la cité de la Démocratie, etc.

Si la PM agit sur les très hautes instructions, entraînant du même coup tout le directoire du parti, il fallait bien que les élus du peuple fussent appelés à intégrer les rangs et à se mettre aux ordres, pour rester unis à une politique dont ils ne cernent pas les allants et les aboutissants. A tout le moins, Ali Bongo vient de démontrer à qui pouvait en douter, qu’il reste à la manœuvre, qu’il prend la responsabilité de tout ce qui se fait et qu’il n’y avait aucune inquiétude à se faire quand à sa capacité de gouverner.

Pour tout dire, aucun membre du gouvernement, ni de son cabinet, ne peut lui faire des bébés dans le dos, pas même le Premier ministre. Il est fort. Et toc !

 
GR
 

9 Commentaires

  1. Serge Makaya dit :

    Ma fille Ossouka Raponda, vas dire à Sylvia Valentin et Nourredine Valentin que Serge Makaya reste convaincu qu’Ali Bongo est bien mort à Riyad en octobre 2018. Ali Bongo que vous prétendez vivant et qui avait tué une femme par accident de voiture doit forcément ce rappeler de la personne qui était en face de lui quand il disait ceci: elle a salie ma voiture avec son sang ». Et quand il le disait, il me fixait même dans les yeux. Donc, s’il est bien vivant, qu’il vienne m’arrêter. Je suis au Gabon. J’attends sa milice. Mais je sais qu’elle ne viendra pas, parce que Ali Bongo est mort.

    Arrêtez votre cinéma en affirmant qu’il est vivant. Ali Bongo est bien mort depuis octobre 2018.

  2. Mbina dit :

    Je ne reconnais plus la ligne éditoriale de Gabonreview. Cet article qui fait l éloge de une personne qui ne gouverne plus depuis des années est tout simplement folklorique. PDG oye auriez vous pu terminer votre article car vous faites désormais dans l éloge du pouvoir qui a démoli et abîmé sérieusement l image du pays . Ayez le courage de demander à Ali de démissionner car on ne sait pas ce qu il fait encore là bloquant l avenir de tout un pays

  3. Patrick NGUEMA MBA dit :

    Ossouka travaille avec neuf ministres, dont Berre, Ndembet ép. Damas, Roboty ép. Mbou, Ossoungou et Noël Matha. Elle ignore tous les autres. En tant que chef d’équipe, elle ne peut pas réussir. Intellectuellement, elle paraît limitée. C’est une économiste qui ne parle jamais d’économie. Pour le Gabon, il faut qu’elle parte. Elle n’a pas l’autorité d’une Missambo, d’une Ngoma ou d’une Mekam’ne.

    • Edna Kassa Mapsi dit :

      Ce que vous dîtes est vrai. Demandez-lui la dernière fois qu’elle a reçu Nkéa Ndzigue, Menga m’Essone ou Billie-by-Nzé ? A-t-elle vu le ministre Nlend ces dernières semaines ? Ossouka les ignore, ne les prend même pas au téléphone. Ils se plaignent tous au quartier Bangoss et à Massanga Bar.

  4. Hervé MOUSSADJI dit :

    Elle roule pour qui ? Pour Mborantchoue ou pour la Young Team ? Ali a bien vu. Qu’il la renvoie ! Elle joue contre lui. Elle fait partie des gens qui ne savais pas que Ya Ali allait revenur.

  5. Elie dit :

    Oui c’est sûr c’est un revenant! LOL

  6. Lavue dit :

    OK. on va considérer que ALI BONGO est bien mort. Et qu’est-ce que ça change à la situation actuelle. Pourquoi perdre son temps à savoir si ALI BONGO est mort ou pas. Ca n’a aucun sens. Que ce soit ALI le malade ou son fantôme sosie, c’est même chose puisqu’il le représente.
    Il faut aller à l’essentiel, à savoir la gestion calamiteuse du pays hier par des apprentis sorciers (ses amis du mapanne: les ACCROMBESSI, NGAMBIA, MAPANGOU, LACCRUCHE etc.) et aujourd’hui par son cercle familial restreint avec sa « sublime », inexpérimentée et affairiste épouse SYLVIA ainsi que les complicités des hauts cadres du PDG.
    Il faut relever tout ce qui ne marche pas et qui finira par conduire le pays vers l’échec déjà très perceptible alors qu’on nous annonçait en 2009 l’Emergence du Gabon pour 2025. On en est très loin et c’est pas avec des vendeurs d’illusions comme ALI qu’on y parviendra, regardez tous les projets mort-nés, le réseau routier qui aurait permis de valoriser l’agriculture et le tourisme, la situation de l’école gabonais, j’en passe. Le costume est trop grand pour lui, on a beau triché, se mentir, la réalité vous rattrape toujours. Quand le niveau réel est faible, on ne peut le cacher longtemps. On peut tout mettre à la disposition de ce gars, il ne pourra jamais réussir. C’est le propre des enfants à papa Africains.
    Il compte sur le patronyme pour se faire une place dans la société. Alors informons les lecteurs sur les dysfonctionnements du régime, de la société et cessons de perdre notre énergie à insister sur le fait que ALI soit mort ou pas. En tous cas ça ne change rien aux difficultés que nous connaissons avec ce régime.
    Merci

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