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Si le Syndicat des pharmaciens avait alerté l’opinion, il y a peu, sur une probable augmentation du prix du médicament liée à l’entrée en vigueur du Programme gabonais d’évaluation de la conformité (Progec), le directeur général de cet organisme a assuré ce 16 septembre que le médicament ne saurait faire l’objet d’une quelconque augmentation du prix via le Progec.

Abdu Razzaq Guy Kambogo (à gauche) édifiant la presse le 16 septembre. © Gabonreview

 

L’entrée en vigueur du Progec ne se traduira pas par une augmentation du prix du médicament a affirmé au cours d’une conférence de presse, le 16 septembre, Abdu Razzaq Guy Kambogo, directeur général de l’Agence gabonaise de normalisation (Aganor). Cette prise de position fait suite à la récente sortie du Syndicat des pharmaciens du Gabon. Il alertait l’opinion sur une éventuelle augmentation du prix du médicament, du fait de l’entrée en vigueur de l’arrêté 1080-20/MTCPMEI/MEF fixant les conditions d’application de l’Évaluation de la Conformité aux normes des produits et l’entrée en vigueur des contrôles.

Cet arrêté marque l’entrée en vigueur du Programme gabonais d’évaluation de la conformité (Progec) dans sa deuxième phase et est matérialisé par l’imposition d’un certificat de conformité délivré par Aganor. Indiquant que le Progec est entré en vigueur pour la première fois en 2015, Abdu Razzaq Guy Kambogo a souligné que ce programme n’existe pas qu’au Gabon. Outil principal servant aux Etats dans le cadre des échanges et, consécutivement à la suppression progressive des barrières au niveau des échanges commerciaux, son champ d’action a été élargi au Gabon comme dans les autres pays où il est implémenté.

«Le Progec ne concerne pas que les produits, mais aussi le seuil. Le seuil, c’est la limite monétaire à partir de laquelle les marchandises que nous importons de l’extérieur vers le Gabon», a-t-il signifié. La limite initiale, a-t-il dit, était de 300 euros pour le certificat de conformité avant embarquement des marchandises. Aujourd’hui, dans le cadre de l’arrêté 1080, ce seuil est ramené à 100 euros. Son objectif principal, a-t-il fait savoir, est la protection du consommateur mais aussi de l’environnement. L’idée, faire face à l’informel dont le principal corolaire est l’affaiblissement des industries formellement établies.

Edwige Okouyi Ndakissa (à droite), s’exprimant à son tour le 16 septembre. © Gabonreview

Le médicament est exonéré des droits de Douanes

Dans ce cadre d’élargissement, a signalé Abdu Razzaq Guy Kambogo, «il y a eu malencontreusement une mauvaise lecture de l’arrêté qui a fait que certains opérateurs, notamment ceux du secteur pharmaceutique, fassent une sortie et affirment qu’il va avoir une augmentation du prix du médicament du fait de l’exigence du certificat de conformité induit par l’élargissement du champ d’application du Progec». Selon lui, cette augmentation n’est pas envisageable d’autant plus que le médicament fait partie certes d’un ensemble appelé produits de santé,  mais ne fait pas partie du champ d’application du Progec.

L’arrêté 1080, a-t-il précisé, stipule en ses articles 2 et 3 quels sont les produits assujettis au Progec. Notamment, les produits alimentaires, les produits qui font l’objet d’exemption, les produits qui sont déjà contrôlés, certifiés par des organismes tiers mondialement reconnus. «Le médicament sur ce coup, est automatiquement exclu. Et un élément supplémentaire, c’est que le médicament est exonéré des droits de Douanes. Et le texte précise que le Progec s’intéresse aux produits soumis par le code des Douanes», a expliqué Abdu Razzaq Guy Kambogo en présence du Dr Edwige Okouyi Ndakissa, directeur de l’Agence du médicament.

Le médicament, a insisté le directeur général de l’Aganor, est bien contrôlé par l’Agence du médicament avant son entrée au Gabon et fait déjà l’objet des contrôles stricts et des évaluations. Aucun médicament enregistré, a-t-il affirmé, ne peut être vendu en pharmacie s’il n’a pas fait l’objet d’une autorisation de mise sur le marché. Laquelle autorisation obéit à un processus strict partant des laboratoires de fabrication jusqu’à son embarquement pour être vendu au Gabon. «L’arrêté l’a prévu. Il était inutile de citer spécifiquement le médicament» a-t-il commenté, éloignant le spectre d’une augmentation du prix du médicament.

Cependant, a déclaré Edwige Okouyi Ndakissa, docteur en pharmacie et spécialiste en qualité du médicament, les médicaments ne sont pas concernés par le Progec. Cependant, le produit pharmaceutique ayant deux volets, les autres produits à l’instar de brosses à dents, crème, dentifrice, etc. le sont. Qu’à cela ne tienne, l’Agence du médicament a demandé à l’Aganor un temps supplémentaire pour l’application de l’arrêté. Selon Abdu Razzaq Guy Kambogo, le délai supplémentaire accordé a été fixé au 1er janvier 2021.

 
GR
 

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