Selon une étude du musée royal de l’Afrique centrale et l’Université de Leeds au Royaume-Uni, publiée le 5 mars dans la revue scientifique «Nature», et étendue sur une période de 30 ans et sur 300 000 arbres, le rythme d’absorption de dioxyde de carbone (CO2) par les forêts tropicales en Amazonie en et Afrique diminue respectivement depuis 1990 et 2020.

Le rythme d’absorption de dioxyde de carbone (CO2) par les forêts tropicales en Amazonie en et Afrique, diminue respectivement depuis 1990 et 2020. © D.R.

 

Importants puits de carbone jusqu’à présent, les forêts tropicales émettront bientôt davantage de CO2 qu’elles n’en capturent. C’est le principal enseignement d’une étude publiée dans la revue Nature par les chercheurs du Musée royal de l’Afrique centrale et de l’Université de Leeds. Depuis trente ans, ces derniers ont étudié la croissance et la mortalité de 300 000 arbres, répartis sur 565 forêts tropicales intactes en Afrique et en Amazonie.

«Alors qu’elles sont considérées comme d’importants puits de carbone, les forêts tropicales vont bientôt émettre davantage de CO2 qu’elles n’en capturent. Et donc devenir, au contraire, une source de carbone», affirment des chercheurs dans cette étude.

Selon l’extrapolation de leurs résultats, ces chercheurs prédisent d’ici 2030, la diminution du puits de carbone en Afrique de 14% par rapport à 2010-15, et que le puits amazonien atteindra zéro en 2035. «Si cela se produit, cela entraînera plus de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, et donc plus de réchauffement climatique. En combinant des données d’Afrique et d’Amazonie, nous avons pu expliquer pourquoi ces forêts changent. Les taux de CO2, la température, la sécheresse et la dynamique interne des forêts sont des facteurs importants».

En effet, pour les chercheurs, les forêts tropicales humides intactes sont connues comme étant des puits de carbone importants. Elles freinent le réchauffement climatique en capturant du CO2 de l’atmosphère et en le stockant dans leurs arbres. De manière générale, les modèles climatiques comptent sur le fait que ce processus, appelé «séquestration de carbone», continuera pendant des décennies. Pour ces chercheurs, il urge de réduire l’émission encore plus rapide du carbone.

De l’avis du ministre gabonais des Eaux, des Forêts, de la Mer, de L’Environnement, chargé du Plan Climat, des Objectifs de développement durable et du Plan d’Affectation des Terres, Lee White, «cette étude met en évidence l’importance des forêts du bassin du Congo, qui, bien qu’elles ne couvrent qu’un tiers de la superficie de l’Amazonie, absorbent désormais presque autant de CO2 par an. Le puits de carbone d’Afrique s’avère plus résistant au changement climatique, peut-être parce que dans le passé, les forêts africaines ont été durement impactées face aux stress occasionnés par les changements climatiques. Il est essentiel que la communauté internationale se mobilise afin de mettre en œuvre et renforcer l’Accord de Paris en marge de la prochaine COP26 qui se tiendra à Glasgow au Royaume-Uni».

 
GT
 

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