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Activité passionnément pratiquée par les jeunes, notamment en cette période de vacances, le football peut focaliser, une journée entière, l’attention d’un jeune qui ne se rend même plus compte de l’écoulement du temps.

Gabonreview.com - Enfants jouant au football sur la plage - © MAXPPP

En parcourant quelques quartiers de Libreville ces deux derniers mois, on est littéralement frappé par le fait que les ruelles des cités, les routes secondaires des quartiers, pour peu qu’elles n’aient un très faible trafic automobile ou un peu d’espace de dégagement, sont transformées en terrains de football. Et pour cause : la période est aux vacances scolaires et  les jeunes sont pour l’essentiel oisifs.

Si certains, plus imaginatifs, ont opté pour le commerce ambulant dit à la «sauvette» et d’autres pour le travail au sein des grandes entreprises qui, ayant compris qu’il s’agit d’une main d’œuvre moins chère, ont bien voulu les embaucher, la grande majorité des vacanciers, notamment les garçons, se sont tournés vers la pratique du football. Les jeunes filles quant à elles restent plutôt figées devant la télévision où le câble offre indubitablement de nombreuses possibilités de zappings et des séries colorées en tous genres.

Le football est donc devenu l’opium du peuple au Gabon, serait-on tenté de dire. A Owendo, comme à Nzeng-Ayong en passant par Nombakélé et autres quartiers de Libreville, les jeunes organisent des championnats informels de football qui leur permettent d’occuper agréablement leur temps libre.

«Nous sommes en vacances, il n’y a plus école et on n’a rien à faire. C’est pour ça qu’on joue tous les jours au ballon», a expliqué un jeune de 10 ans de passage en classe de 4è. Ses congénères et lui n’ont pas besoin d’un grand espace. Ils ont simplement délimité leur aire de jeu par quatre bouts de bois tandis que les buts sont représentés par des morceaux de briques. Surveillées par un arbitre de circonstance de la même tranche d’âge, les règles de cette discipline sportive y sont pourtant scrupuleusement respectées.

Pieds nus ou chaussés des sandales en plastique, ou même avec de vraies bottines de football, ces jeunes peuvent courir toute une journée derrière un ballon de fortune. Pour les parents, cette occupation ne pose aucun problème tant qu’il n’y a pas de dégâts. «Le ballon fait sortir tous mes garçons de la maison. Il y a du coup moins de disputes, et cela amenuise les dépenses quotidiennes. Car, parfois ils ne mangent qu’une fois dans la journée», laisse entendre un parent qui regrette cependant «qu’il n’y ait pas de stades appropriés dans les quartiers ou même de simples espaces de loisirs».

Nombreux de ces  jeunes commencent à s’identifier à des stars internationales et se fixent déjà des ambitions dans ce sport. Pour eux, les championnats informels ou les matchs inter-quartiers qu’ils organisent, sont une manière de commencer à vivre le rêve, à un peu petit niveau, mais surtout de s’entrainer pour améliorer leur talent. Ici, sans grands moyens, ils utilisent le téléphone pour convoquer des réunions, former des équipes et organiser un véritable tournoi qui fini par attirer de la foule. C’est le cas des tournois organisés par ces jeunes sur l’aire de jeu dénommé Wembley dans le sixième arrondissement ou sur celui dénommé Maracana dans le quatrième arrondissement de Libreville.

«On aurait aimé jouer au stade Eto’o, mais ce n’est pas possible», a lancé un jeune de Nzeng-Ayong qui joue sur de la latérite, faisant référence au stade qui a été offert par le chef de l’État à la Fondation Samuel Eto’o pour la formation des jeunes talents.

Sans aucun encadrement, ni équipements adéquats, ces enfants n’ont qu’un seul but. Montrer qu’un jour ou l’autre ils pourront devenir des Samuel Eto’o, des Lionel Messi, des Didier Drogba, des Ronaldinho ou des Christiano Ronaldo. Un rêve qui a tout son sens puisque nombreux d’entre eux connaissent par cœur l’histoire de leurs idoles et des clubs dans lesquels ils évoluent.

En ce sens il n’est pas rare de constater que ces jeunes cotisent pour s’offrir des maillots aux couleurs des équipes internationales qu’ils adulent. Barcelone, Chelsea, Bayern, PSG, Manchester United, Milan AC, Marseille et même dorénavant, Anzi Makhatchkala, le club russe, jusqu’ici inconnu, où évolue le footballeur le mieux payé du monde, Samuel Eto’o.

A ce niveau, même s’il y a de véritables organisations comme le Airtel Jeunes Talents et autres petits programmes de détection initiés çà et là, sans grand lendemain, il est clair que le manque d’infrastructures plombe de développement efficient de ce sport dans le pays. De ce fait, les pouvoirs publics devraient essayer de voir dans quelle mesure ils pourraient offrir à ces stars de demain, animés de courage et de volonté, des infrastructures pouvant aider certains à devenir de grands champions.

 
GR
 

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