HABANA

 

Au lendemain de la rencontre «historique entre deux frères ennemis», en l’occurrence l’ancien président Laurent Gbagbo et l’actuel Alassane Ouattara, dans le cadre de la réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, l’idée d’une rencontre, face à face, entre Ali Bongo  et son challenger à la présidentielle de 2016 et leader de l’opposition gabonaise, Jean Ping, est plus qu’évoquée par les observateurs.

Pourquoi sur le modèle ivoirien, l’on ne pourrait pas envisager une rencontre Ali Bongo – Jean Ping ? © Facebook

 

Anciens rivaux, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara prônent désormais, d’une même voix, la réconciliation en Côte d’Ivoire. Pour sceller cette nouvelle donne devant impérativement impacter le paysage politique et apaiser les tensions dans leur pays, les deux hommes ont mis de côté leur rivalité pour penser à l’intérêt supérieur de la Nation. D’où la rencontre d’hier (27 juillet 2021) au palais présidentiel à Abidjan.

Au regard de cet événement, les réseaux sociaux gabonais se sont mis à rêver. Pourquoi pas une rencontre Ali Bongo – Jean Ping ? A défaut, d’autres ressassent l’idée d’une paix des braves énoncée, il y a quelques mois, par le Secrétaire exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC), Guy Christian Mavioga, membre de la galaxie présidentielle.

Depuis l’élection présidentielle de 2016, le Gabon vit une crise politico-sociale sans précédent, en plus de la crise économique de plus en plus prononcée. Les tensions se sont exacerbées de part et d’autre malgré le Dialogue social, puis politique de 2017 ayant permis un certain nombre de réaménagements dans la Constitution. Les clans se sont formés. Les uns campent sur leur position, tandis que les autres débauchent à tour de bras dans l’opposition, espérant l’affaiblir, la réduire à peau de chagrin. Mais le problème reste entier. La crise demeure.

Les principaux leaders de chaque camp ne se sont plus parlés depuis des lustres. Ali Bongo Ondimba, chef de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence, et Jean Ping, leader de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) ne pourraient-ils pas également se rencontrer pour apaiser les tensions ? «A quand le Bord de mer et les Charbonnages», ironise un internaute dans un groupe WhatsApp, lorsqu’un autre laisse entendre, commentant la photo de Gbagbo et Ouattara, que «cette image, à elle seule, devrait apaiser les cœurs».

«Les ami(e)s, ce qu’il s’est passé en Côte d’Ivoire est une école politique que nous devons tous apprendre», note un autre observateur qui ajoute également que «les acteurs politiques peuvent ne pas s’entendre à un moment de la vie pour des raisons particulières, mais devraient toujours trouver un terrain d’entente pour l’intérêt de la vie politique et surtout l’intérêt supérieur du pays».   

De ce point de vue, d’autres analystes fustigent le fait qu’«au Gabon, la politique de l’opposition est radicale et consiste à refuser toute sorte de dialogue ou de négociation avec le pouvoir en place». Ils se demandent alors si ces «politiciens» pensent à l’avenir politique des jeunes qui les suivent. «Ont-ils pensé aux prisonniers politiques encore en prison à leurs noms ?».

Et un autre de faire remarquer : «Laurent Gbagbo a pris le temps de penser à l’avenir de ses jeunes fidèles. Il sait qu’il gagnerait mieux à oublier le passé pour mieux préparer l’avenir du pays et de ses jeunes élites». En quelque sorte, l’invite, s’inspirant du cas ivoirien, est faite aux camps antagonistes à Libreville, pour trouver un terrain d’entente afin de faire passer, au premier plan, l’intérêt supérieur de la nation, au détriment des querelles, parfois, de personnes.

 
GR
 

13 Commentaires

  1. Rembourakinda dit :

    Mais laissez moi rire. C’est quoi l’intérêt supérieur du Gabon ? Pour moi c’est d’abord le respect du verdict sorti des urnes. Ensuite c’est le retour à la constitution issue de la conférence nationale. La compétence doit être le seul critère, et la fin des passe-droits. La fin des conflits d’intérêt. Nous sommes nombreux à nous mettre en ordre de marché pour relever le défi, chacun dans son domaine. Tout ne réside pas uniquement dans la politique, le gabonais est un piètre entrepreneur. Bongo-Ping ne va rien changer.

  2. ACTU dit :

    Comparaison n’est ni raison ni hasardeux. Car on ne compare que si qui l’est sur la forme et le fond.
    Quelques similarités. Nous reconnaissons que :
    – Ali Bongo et Ouattara furent imposes par la France de Sarkozy et Bourgi au Gabon et en Côte d’ivoire.
    -qu’ils ont été choisi pour servir les intérêts de la France et des clans mafieux français et étrangers.
    Mais la différence est immense
    Ping ne ressemble en rien au leader politique ivoirien ni idéologiquement ni sur les attentes du Panafricanisme.
    -l’un (Gbagbo) estime que son Pays doit se libérer de la France tandis que l’autre :
    -Ping estime que rien ne peut se faire au Gabon sans la France.
    Le peuple Gabonais ayant les mêmes aspirations que le peuple Ivoirien voire Africain. Celui qui attend tout de la France et de l’Union Européenne n’est pas en position de défendre nos intérêts à long terme.
    Ceci ne signifie en rien que le pouvoir de Ali Bongo défend ou défendrait mieux nos intérêts.
    Il y a tout simplement un manque de vrais idéologues et opposants politique dans notre pays.
    On ne peut pas après avoir jugé un pouvoir démocratique un jour (en 2009 lors de l’élection anticipée) et le jour suivant dire de ce pouvoir qu’il est usurpateur lorsqu’on perd soit même des élections face à ce même pouvoir. Il y a la une réelle incohérence.
    Le peuple Gabonais a déjà souffert depuis 1967 (la date d’avènement du pouvoir Bongo PDG) jusqu’ ‘à ce jour.
    D’ailleurs la rencontre de L.GBAGBO et OUATTARA n’est en rien un signal de réconciliation des populations.
    Ceci ne sert que les intérêts de la France qui veut continuer l’exploitation de ses colonies dans le calme.
    Dans les deux situation le seul gagnant comme toujours c’est la France. Car avec son échec patent en RCA et au Mali elle veut amener ses obliges en Côte d’Ivoire et peut être au Gabon a apaiser les tensions pour les besoins du Business.
    Cet article ressemble à un ballon d’essai des services français pour voir la réaction des politiciens.
    Autant que je me souvienne la société civile gabonaise a souvent appeler au vrai dialogue inclusif, a une plus grande transparence …Mais, le pouvoir en place est reste sourd depuis 2009.
    Alors la question est la suivante ; est-ce que la réconciliation des Gabonais entre eux a besoin de venir ou de s’inspirer de l’extérieur pour qu’il soit effectif ?

  3. Jean .jacques dit :

    N’importe quoi Bagbo était ex pdt votre vieillard chinois est qui?

  4. Roger dit :

    La réconciliation nationale est l’hameçon tendue à l’opposition et la résistance gabonaise depuis l’arrivée des Bongo au pouvoir avec l’appui de la France. Cette réconciliation c’est juste pour continuer à maintenir le même régime bongoiste au Gabon. Et ne nous dites pas que les français n’y sont pour rien. Ils sont bien à la manoeuvre. CQFD.

  5. Hugo dit :

    Jean Ping ne peut pas faire ça. Et il SAIT (je pèse ce MOT) qu’Ali !Bongo est bien MORT. S’il ose jouer ce jeu devant un sosie,ce sera avec l’influence de la francafrique.

    Il faut qu’on vous le répète encore et toujours: ALI BONGO et PAUL BIYA sont tous deux bien MORTS.La comédie actuelle est nourrie par la France. Ouvrez vos yeux bande d’aveugles!

    • teddy dit :

      Merci « Hugo »! Il faut rappeler à ce peuple aveugles gabonais ceci : au Mali, rien n’allait avec IBK, alors il y a eu coup d’Etat condamné par la France. Au Tchad, Idriss Déby est « mort » (à prendre avec beaucoup de réserves, puisque personne n’a vu son corps), son « fils » adoptif a pris le pouvoir sans que la France ne s’indigne, bien au contraire, elle est d’accord avec ce coup d’Etat au Tchad où il y a bien une constitution. Alors, qui se fout de qui ?

  6. Irène ONDO dit :

    @Désiré-Clitandre Dzonteu, tu as reçu combien pour pondre cette stupidité d’article ?

  7. MBOUNGOU PresthGhis dit :

    J’aime lire le contenu de tout ce que vous publiez.

  8. ARMAND CLAUDE NGUIMBI dit :

    l’intérêt supérieur de la nation se n’est pas suivre ce que veut Ali mais plutôt le respect du verdict des Urnes. En résumé l’intérêt supérieur de la nation c’est le principe du respect de la volonté du peuple gabonais lors des élections. aucun politicien ou docteur en droit au Gabon ne peut me dire le contraire.

  9. Goita dit :

    Privat Ngomo dit » le plan B de Mr Ping etait basé sur les assurances que la france lui a donné qu’il sera président au moment venu » Comment comprendre qu’aujourdhui on puisse parler de souveraineté si c’est la france qui decide de qui sera président ou pas? Gbagbo a été élu democratiquement mais ca n’a pas empeche la france de bombarder son palais et installer ouattara qui massacré les ivoiriens.. Bedié s’est opposé au 3eme mandat de ouatara les gens sont morts a Daoukro mais il est quand meme passé
    Ali Bongo aujourdhui n’a plus le choix, il est entre le marteau et l’enclume. Si nous voulons vraiment que le Gabon avance, il est temps d’avoir un debat verité et reconciliation entre tous les fils et filles de ce pays et faire un bloc commun pour chasser la francafrique du Gabon. Le peuple a chassé Blaise Compaoré du pouvoir, le Burkina a t’il decollé? NON parce qu’il n’était que le probleme endogene

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