La rentrée politique du président d’Ensemble pour la République, Dieudonné Minlama Mintogo, s’est déroulée le week-end écoulé à la Chambre de commerce de Libreville. Au cours de celle-ci, l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 a rompu le silence pour s’adresser au CTRI, au président de la Transition, sans manquer de donner son avis sur le dialogue national et la renaissance du PDG, «la bête».

Dieudonné Minlama, le 16 Mars 2024, à Libreville. © GabonReview

 

A Libreville, le président d’Ensemble pour la République, Dieudonné Minlama Mintogo, a effectué le 16 mars 2024 sa rentrée politique, en présence de ses militants et des membres du Morena. Plusieurs points figuraient au cœur de la déclaration de l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016. Notamment, la mission du Comité de transition pour la restauration des institutions (CTRI) et de son président, le général Brice Clotaire Oligui Nguema ; la transition en elle-même qu’il considère en danger, et le Parti démocratique gabonais (PDG) qui sort peu à peu de la léthargie pos-putsch du 30 août 2023.

Une vue des membres du Morena. © GabonReview

Selon Dieudonné Minlama, la mission que le CTRI s’est donnée constitue, à ses yeux, la plus importante et la plus précieuse des missions ayant été menées par les Gabonais depuis l’accession du Gabon à l’indépendance. «L’issue de cette mission , si elle est positive , fera de notre pays un exemple, un modèle de réussite dans la restauration des institutions, dans le renforcement de la démocratie et, surtout dans le déblocage des situations des démocraties non abouties par des alternances impossibles dont souffrent plusieurs pays africains de l’espace francophone», a-t-il déclaré, avant de poursuivre : «si cette mission venait, malheureusement, à échouer, le traumatisme de cet échec impactera négativement, et pour longtemps, les populations gabonaises, plusieurs générations des jeunesses africaines et la transition gabonaise sera citée en exemple des tragédies politiques en Afrique».

La transition en danger

Minlama Mintogo estime que la transition gabonaise est en danger, le risque de voir celle-ci prendre le dessus sur sa mission est réel. Ce risque s’agrandit tous les jours et, la route de la mission se rétrécit de plus en plus, estime-t-il. Face à cette situation, il a décidé d’interpeller le CTRI et le président de la Transition. Le CTRI et son président, apprend-on, sont l’objet de pressions de tous genres. «Je sais combien les tentations sont fortes et multiples. Nous vivons tous les jours en direct, le réveil des forces obscures, le réveil et l’activisme de tous les perfides trompeurs. Sinon comment interpréter ces appels à candidatures prématurés adressés au président de la Transition ? Comment interpréter ce foisonnement d’associations qui nous rappelle les temps forts du ‘’bongoisme‘’ triomphant ? Comment interpréter ce ‘’kounabélisme’’ ambiant ? Comment interpréter ce culte de la personnalité qui s’installe progressivement ?», a-t-il interrogé, un brin dénonciateur.

En ce moment crucial de l’histoire du pays, Dieudonné Minlama appelle le CRTI à la vigilance et à la fermeté. Il exhorte la direction du CTRI à garder le cap et à respecter les engagements pris vis-à-vis du peuple gabonais. «Les Gabonais et les Gabonaises ont placé toute leur confiance en vous. Restez dignes de cette confiance pour les générations actuelles et pour les générations futures. Je vous exhorte à, toujours, placer l’intérêt supérieur du pays au-dessus de toute autre considération. Je vous supplie de conduire votre mission avec honneur et fidélité pour un Gabon uni, fort, fier et démocratique. Le Gabon tout entier vous en serait éternellement reconnaissant», a souligné président d’Ensemble pour la République.

Une seule option pour Oligui Nguema : réussir

S’adressant au président de la Transition, après l’acte du 30 août dernier, Minlama Mintogo indique que pour les générations actuelles, Brice Clotaire Oligui Nguema incarne l’espérance d’un Gabon enfin libre et démocratique, un Gabon juste envers tous ses enfants, un Gabon grand dans le concert des Nations. «La transition que vous dirigez est une période historique qui marquera, à jamais, l’histoire de notre nation. Votre responsabilité est grande. Elle est historique. Pour les générations actuelles et futures, vous n’avez pas droit à l’échec. Une seule option s’offre à vous : réussir !», s’exclame l’ancien fondateur et président de l’Observatoire national de la démocratie au Gabon, tout en l’invitant «solennellement» de ne pas céder à la tentation ; de repousser tous les appels à candidature ; de s’éloigner des perfides trompeurs et de se concentrer exclusivement à sa mission consistant à restaurer les institutions et la dignité des Gabonais. «La mission est noble contrairement à la tentation qui est vile et éphémère», a-t-il martelé.

L’homme politique a pris l’exemple de deux pays africains ayant connu des résultats différents pour illustrer ses propos : la Côte d’Ivoire avec le général Robert Guei et le Mali avec le Colonel Amadou Toumani Touré (ATT). Au terme de cette mission, Brice Clotaire Oligui Nguema devra remettre une copie propre au peuple gabonais et à Dieu.

Dialogue national : Revoir la copie actuelle

Une des principales activités de la transition actuelle est le dialogue national démarrant dans deux semaines. Il s’agit d’assises nationales et, de nombreuses critiques sur les préparatifs et l’organisation de cet événement sont formulées par les forces vives de la Nation. «J’invite le gouvernement et le CTRI à prendre en considération les différentes discriminations et à revoir très rapidement la copie actuelle», a proposé le natif de Bitam. D’après lui, la mise en place d’une Commission ad ’hoc plus élargie et plus représentative des différentes parties prenantes chargée de préparer le dialogue lui parait sage et primordiale. Il recommande par ailleurs que le dialogue soit essentiellement axé sur les aspects politique et démocratique étant à l’origine de la crise actuelle.

Enfin, Minlama Mintogo appuie la proposition des ‘’Sages du Gabon’’ consistant à repousser la date de l’ouverture du dialogue pour permettre à l’organisation d’opérer les réaménagements et les ajustements nécessaires pour que ces assises soient une réussite.

De la renaissance du PDG

Dans cette déclaration de rentrée politique, Dieudonné Minlama n’a pas manqué de s’attarder sur le retour en scène de l’ancien parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG) déchu : «Tel un phénix, le PDG renait de ses cendres, il se reconstitue, il se réorganise, le PDG est bien là. Le PDG est vivant». «La panique gagne les populations. Après plus de 56 ans de destruction et de pillage, la bête s’apprête-elle finalement à reprendre le contrôle du village et à poursuivre son œuvre destructrice ?», a-t-il interrogé, tout en décidant, dès aujourd’hui, de poursuivre sa lutte politique, à l’intérieur du premier parti de l’opposition gabonaise, le Mouvement de redressement national (Morena) et en appelant tous les démocrates gabonais à se joindre à lui pour préparer ensemble le Gabon d’après transition.

«Je reste convaincu que, sans la tour de pise, sans le trésor public, sans toute l’administration gabonaise à sa disposition, avec la mobilisation de tous les démocrates gabonais et tout le peuple avec nous, nous allons réduire le PDG à sa plus simple expression lors des élections générales de 2025», a martelé Dieudonné Minlama.

 
GR
 

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